Un permis de voler ? Restituer l’argent public suffit-il à rendre justice ?
(Editorial de Soumana Idrissa Maïga, Quotidien L’Enquêteur du Jeudi 10 Septembre 2026)
Une République ne peut brandir le glaive contre les modestes et sortir la calculatrice devant les puissants. La loi doit protéger la société, pas organiser une hiérarchie des indulgences. Le dispositif de la COLDEFF prévoit une transaction susceptible d’éteindre l’action publique. Cette possibilité est légale. Mais la légalité d’une procédure ne dispense jamais d’en interroger l’équité.
Récupérer l’argent public est indispensable. Encore faut-il se demander si l’on peut réclamer une sévérité implacable envers la petite délinquance et accepter qu’un règlement financier suffise pour des faits autrement plus lourds. La différence des infractions impose des réponses adaptées ; elle ne saurait justifier une justice indexée sur la capacité de payer.
Le danger est là. Si le détournement se soldait par la seule restitution des sommes découvertes, sans conséquence réellement dissuasive, le Trésor risquerait de devenir une banque involontaire : on se sert, on attend, on rembourse lorsqu’on est rattrapé. Un prêt sans intérêt, en quelque sorte. Ce serait une prime au calcul, pas une politique de probité.
Restituer n’est pas tout réparer. Qui rend les occasions perdues, les équipements retardés, les services publics privés de moyens ? L’argent peut revenir dans les caisses ; le préjudice collectif ne disparaît pas avec le reçu.
Soyons rigoureux : un rapport d’inspection n’est pas un jugement. Une somme réclamée n’établit pas, à elle seule, un détournement. La présomption d’innocence doit protéger chacun, sans considération de fortune ou de fonction.
C’est précisément pourquoi les autorités doivent rendre lisibles les critères des transactions, leurs conditions financières, les contrôles exercés et leurs résultats effectifs, dans le respect des droits des personnes. Une promesse de remboursement n’est pas un encaissement. Et un encaissement ne constitue pas, à lui seul, un bilan de justice.
Il ne s’agit pas de réclamer la prison pour tous. Il s’agit d’exiger une réponse proportionnée, transparente et dissuasive pour chacun. La Refondation doit se soumettre à cette exigence, jusque dans les dossiers les plus sensibles.
La confiance publique ne se recouvre pas comme une créance. Une République se discrédite lorsque ses citoyens peuvent croire que la liberté s’achète et que seuls les pauvres doivent payer de leur personne.
Une République ne peut brandir le glaive contre les modestes et sortir la calculatrice devant les puissants. La loi doit protéger la société, pas organiser une hiérarchie des indulgences. Le dispositif de la COLDEFF prévoit une transaction susceptible d’éteindre l’action publique. Cette possibilité est légale. Mais la légalité d’une procédure ne dispense jamais d’en interroger l’équité.
Récupérer l’argent public est indispensable. Encore faut-il se demander si l’on peut réclamer une sévérité implacable envers la petite délinquance et accepter qu’un règlement financier suffise pour des faits autrement plus lourds. La différence des infractions impose des réponses adaptées ; elle ne saurait justifier une justice indexée sur la capacité de payer.
Le danger est là. Si le détournement se soldait par la seule restitution des sommes découvertes, sans conséquence réellement dissuasive, le Trésor risquerait de devenir une banque involontaire : on se sert, on attend, on rembourse lorsqu’on est rattrapé. Un prêt sans intérêt, en quelque sorte. Ce serait une prime au calcul, pas une politique de probité.
Restituer n’est pas tout réparer. Qui rend les occasions perdues, les équipements retardés, les services publics privés de moyens ? L’argent peut revenir dans les caisses ; le préjudice collectif ne disparaît pas avec le reçu.
Soyons rigoureux : un rapport d’inspection n’est pas un jugement. Une somme réclamée n’établit pas, à elle seule, un détournement. La présomption d’innocence doit protéger chacun, sans considération de fortune ou de fonction.
C’est précisément pourquoi les autorités doivent rendre lisibles les critères des transactions, leurs conditions financières, les contrôles exercés et leurs résultats effectifs, dans le respect des droits des personnes. Une promesse de remboursement n’est pas un encaissement. Et un encaissement ne constitue pas, à lui seul, un bilan de justice.
Il ne s’agit pas de réclamer la prison pour tous. Il s’agit d’exiger une réponse proportionnée, transparente et dissuasive pour chacun. La Refondation doit se soumettre à cette exigence, jusque dans les dossiers les plus sensibles.
La confiance publique ne se recouvre pas comme une créance. Une République se discrédite lorsque ses citoyens peuvent croire que la liberté s’achète et que seuls les pauvres doivent payer de leur personne.
À lire aussi
Actualités par pays
NIGER - accès rapides
- La fête du Bianou au Niger. Document vidéo inédit
- La fête Guerewol des Peuls Wodaabe. Document vidéo inédit
- La fête Guerewol des Peuls Wodaabe. Document vidéo inédit
Les articles les plus lus
Ong & Associations
WS-MYSITE
✨ Présence web
Créez votre site clé en main
Démarrer →