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Prise de fonction du CCI à Bouaké. Voici les difficultés sur le terrain.

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 :jeudi 3 septembre 2009
par Francis N’goran Correspondant à Bouaké

Cette prise de fonction du CCI qui signe le retour de la légalité et l’établissement de l’autorité de l’Etat dans les zones anciennement assiégées, a augmenté le capital de crédit en ce qui concerne la tenue de l’élection présidentielle du 29 novembre prochain. Surtout que le ministre de la Défense, Amani N’Guessan Michel annonçait à cette occasion, que le règlement des questions militaires conditionne l’organisation du scrutin présidentiel. Avec la prise de fonction du Centre de Commandement Intégré dans l’antre des Forces nouvelles, les inquiétudes se sont estompées. Mais cet espoir suscité fait place aujourd’hui à la désillusion des éléments déployés eux-mêmes et à celle de la population de la capitale du Centre. En effet, une visite dans la brigade de gendarmerie et le commissariat de police nous a permis de voir les conditions de travail misérables des agents de défense et de sécurité qui affichent cependant une réelle volonté de contribuer à la sortie de crise. A la brigade mixte de gendarmerie située à quelques encablures du bureau de la zone 3 du commandant Shérif Ousmane, les plaintes affluent depuis la prise de fonction du CCI en ces lieux. Mais le matériel nécessaire pour enregistrer les différents procès-verbaux est inexistant. Il n’y a pas d’ordinateur, ni de registre encore moins de fiche de convocation, nous a-t-il été donné de constater avec tristesse. Il n’en faut pas plus pour se convaincre de la désolation des plaignants qui espéraient trouver à leurs différends, une solution marquée du sceau de la légalité. D’ailleurs des contentieux antérieurs ayant fait l’objet de règlement amiable par les Forces nouvelles, sont aujourd’hui sur la table de la brigade mixte du Centre de Commandement Intégré. C’est dire que la population de Bouaké a accueilli favorablement le retour des gendarmes et policiers. Mais à l’impossible, nul n’est tenu, dit l’adage. Et pour ne pas tordre le coup à la loi, les forces de l’ordre redéployées s’emploient elles aussi au règlement amiable des conflits dont elles sont saisies. La prudence observée par la brigade mixte de gendarmerie trouve tout son fondement dans le dysfonctionnement de tout l’appareil répressif. Les tribunaux ouverts depuis belle lurette ne sont confinés que dans un rôle purement administratif. A savoir la délivrance de certificats de nationalité, de registres de commerce. Pis, les structures pénitentiaires réhabilitées n’ont pas encore de régisseur ni d’agent. Un redéploiement plus politique que militaire


Alors que la garde à vue dans les unités de police et de gendarmerie s’inscrit dans un délai légal de 48 heures. Cette brèche dans la chaîne de l’appareil répressif met considérablement en mal le fonctionnement du Centre de Commandement Intégré à telle enseigne que certains éléments soutiennent que leur redéploiement est plus politique que militaire. L’autre section redéployée du CCI est bien le commissariat mixte de police logé au quartier Sokoura de Bouaké dans un duplex, qui a fait sa mue pour accueillir les soldats de la paix. « Patrouille embarquez ! » lance un policier à notre arrivée pour donner l’ordre aux éléments de prendre place à bord de leur véhicule de patrouille. Laquelle a débuté depuis le lundi 24 août, date de leur prise de fonction officielle. De jour comme de nuit, les policiers du CCI sillonnent la ville de Bouaké, simplement pour marquer leur présence dans la capitale du centre. Leur itinéraire est bien souvent les voies éclairées. A la question de savoir si ces patrouilles permettent de démasquer les bandits, un policier visiblement las de ces balades a répondu qu’elles présentent un aspect plus dissuasif que répressif et que cela durera le temps du désarmement complet des ex-rebelles. En dehors des patrouilles, leurs conditions de travail ne diffèrent guère de celles de la brigade de gendarmerie. Le manque d’ordinateurs, de fiches de convocation et de bien d’autres outils de travail est criant. La salle de garde très étroite manque d’aération. Le caniveau couvert qui s’étend au seuil de ce commissariat cache bien de déchets nauséabonds. « Nous risquons d’attraper la sinusite et la fièvre typhoïde en ce lieu », lance un policier, qui a du mal à supporter l’odeur exécrable des déchets ménagers qui obstruent le caniveau. Contrairement aux gendarmes qui se refusent à garder des prévenus dans leurs locaux par souci de légalité, dans la cellule du commissariat mixte de police croupissent des prévenus. Selon notre interlocuteur qui a requis l’anonymat, cela répond au besoin de prévenir des troubles graves à l’ordre public à travers les vengeances privées d’autant plus que les tribunaux et les prisons ne sont pas ouverts pour accueillir les prévenus et les détenus.
Article publié le jeudi 3 septembre 2009
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