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LA LONGUE HISTOIRE DE LA BD CENTRAFRICAINE

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 :Dans les années 60, à l'aube de l'indépendance, ont parues les premières BD en noir et blanc ayant pour titre, Les aventures de Tamako.

Bien plus tard, en 1983, avec le soutien de l'Archidiocèse de Bangui et édité par le centre Jean XXIII fut lancé une revue entièrement BD de 16 pages Tatara[1], dessinée par Come Mbringa sur des scénarios de Eloi Ngalou et Olivier Bakouta-Batakpa, tous les trois enseignants de collège. Le personnage principal Tekoué[2] est un intellectuel ivrogne, paresseux et malhonnête mais sympathique. Il est le témoin de la société centrafricaine : il en incarne tous les vices. C'est l'anti-modèle, celui qu'il faut éviter d'imiter. C'est pourquoi la conclusion de chaque histoire l'oblige à tirer les leçons de ses mésaventures, ce qui laisse toujours un espoir de changement.

Comme l'explique Olivier Bakouta-Batakpa « Avec Tatara, nous voulons montrer aux centrafricains ce qu'ils sont, leur faire voir leur réalité quotidienne. Notre souci est donc d'aborder les fléaux sociaux avec objectivité afin d'inviter le lecteur à tirer lui-même les leçons de chaque mésaventure de Tekoué. [3]»

Le sujet des premiers numéros illustre parfaitement cette volonté moralisatrice[4] puisque sont abordés des thèmes comme l'alcoolisme (Tatara numéro 1), l'exode rural (numéro 2), la corruption (numéro 3), l'oisiveté (numéro 7) ou le népotisme (numéro 8). Parallèlement aux critiques sociales, Tatara publiait des séries réservées à la santé publique en traitant de la tuberculose, le diabète, la diarrhée, toujours par le biais de la BD.

Vendu à 200 Fcfa[5], Tatara connut un grand succès pendant une décennie au point même de susciter une réédition en 1996 à Dakar par l'ENDA-Siggi d'une des histoires intitulée Les neveux d'abord. Phénomène rarissime en Afrique qui s'explique par la qualité narrative des bandes dessinées. Tatara sera interdite au bout de 12 numéros par les autorités du pays qui se sentaient visées par certaines critiques[6].

Ce journal fut relayé en 1985 par Balao jeunesse (Bonjour jeunesse), trimestriel lancé par les éditions Edifamadi[7], avec le soutien du Centre Culturel français de Bangui et publiant outre de la BD, des jeux et des dossiers thématiques. Il avait comme personnages principaux Kossi, Max et Solo, l'inspecteur Mandelot, créés par Clothaire Mbao Ben Seba (scénariste et rédacteur en chef), Josué Daïkou[8] (dessinateur) et Roger Kouli (Directeur de publication). Entièrement gratuit grâce à des subventions, libre de contenu au début, Balao fut très vite utilisé par des bailleurs de fonds étrangers ou des institutions comme moyen de transmission de valeurs éducatives et de sensibilisation à des messages de santé publique. Le fonds routier, organisme dépendant du Ministère centrafricain des transports, en particulier, y eut recours très régulièrement : deux numéros de 1994 sur le code de la route et l'alcool au volant (intitulé De la bière à la bière) et de 1998 sur les véhicules privés servant de transports en commun (intitulé Gbaloukouma ). Un dernier numéro, dessiné par Didier Kassaï et paru en 2006 près de dix ans après l'avant-dernier, est également financé par le ministère des Travaux publics et s'intitule « Jaune, rouge, vert, stop : spécial rentrée scolaire ». Il informe sur les dangers de la circulation routière. La popularité de ce journal, à l'époque de sa parution régulière, fut énorme pour un pays d'Afrique et les tirages très importants : entre 8 et 10 000 exemplaires par numéro. Ce succès explique le lancement d'autres journaux comme Dounia, le journal des jeunes, écrit par des jeunes de Notre dame d'Afrique et publié avec le concours de l'Archevêché de Bangui mais également de Mbayo qui ressemblait à s'y méprendre à Balao : même dessinateur, même scénariste, même présentation, même mise en page et même souci de didactisme. Le numéro 0, par exemple, sensibilisait les citoyens à la nécessité de voter aux élections en suivant les aventures de Gbasso, Tutu et Aïda.

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Article publié le vendredi 8 juin 2007
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