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Un agent double Centrafricain à Paris

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 :Infiltration et surveillance des opposants centrafricains en France : l'espion de Bozizé Aristide Briand Reboas définitivement démasqué !
Jamais agent secret n'a été aussi imprudent. Aristide Briand Reboas, directeur du Bureau National de la Documentation (BND), continue de défrayer la chronique. Son empoignade du lundi 30 mars dernier avec l'employée du guichet SNCF à la gare Montparnasse n'était qu'un prélude.

Selon nos informations, le nouveau patron des renseignements du président centrafricain est arrivé en France avec six de ses collaborateurs, qui sont repartis entre Lyon, Bordeaux et la Seine-et-Marne. Un autre de ces espions, le directeur de la SRI, ex SERD, est quant à lui à Champs-sur-Mars. Le but de la mission ? L'infiltration et la surveillance des centrafricains les plus en vue en France et les opposants politiques ex séjour au pays de Sarkozy, notamment Martin Ziguélé.

Avant d'élire domicile en France, Aristide Briand Reboas s'est rendu en Israël et en Espagne. En France, il est dans la ville de Tours où il a femme et enfants, et se rend presque tous les jours en TGV à Paris pour faire le point avec ses hommes.

Par ailleurs, dans un « bulletin spécial de renseignement » à la « très haute attention de son Excellence monsieur le Président de la République » dont on peut lire en objet « Analyse sur la situation sécuritaire du pays pendant les deux dernières semaines », que L'Indépendant a pu obtenir copie, Aristide Briand Reboas, informe François Bozizé en ces termes « Honneur informer votre Excellence, suite à des informations de sources concordantes, faisant preuve d'une coalition de la rébellion dont la plus part sont des rebelles Tchadiens et Soudanais qui sont butés dans leur progression vers le Tchad et qui ont fait repli sur le territoire Centrafricain, comme base arrière en concert avec les rebelles centrafricains en complicité avec des pions à l'Etat – Major Centrafricain dans le but de destituer dans l'immédiat le régime de Bangui avant celui du Tchad ».

Il poursuit sa note en donnant des précisions sur l'arsenal des supposés assaillants. « Plusieurs informations font état de multiples présences des bandes armées super équipées des AK47 (crosses pliantes et en bois neuves), PANGS, Roquettes, Obus, RPG7, AS52 etc. avec des tenues neuves et arborant le béret rouge, circulent dans le Nord et le Nord Est de la RCA », peut-on lire dans ce « bulletin spécial de renseignement ». Quant à ses préconisations, l'homme au titre pompeux de directeur général du Bureau National de la Documentation, fait des devinettes suivantes :
-A Bangui :

-Pour déceler les infiltrations massives, un contrôle mixte et simultané des éléments de défense et de sécurité doit être organisé dans les 3e, 5e et 8e arrondissements. Patrouilles constantes.

-Dans les arrières pays

1-Bossemebele :
•Relever l'ancienne équipe défaillante
•Renforcer la nouvelle équipe par les éléments formés à Burkina – Faso et Lybie 1
•Bouchon avec postes avancés à YERIMO, YALOKE avec patrouilles de relais Bossembele – Yaloké et Yaloké – Bossembele, poste avancé à Ndjo (axe Bossembele – Bossangoa)

2-A BONGONZI
•Renforcer l'équipe
•Organiser des patrouilles
•Même chose pour les autres Préfectures
•Implantation d'une base des FACA à Bozoum
•Possibilité d'une reconnaissance aérienne dans les zones citées

3-Possibilité d'une coalition d'action avec le Tchad, pour anéantir ces malfrats qui se déplacent sur monture des chevaux et des chameaux.

4-Localités stratégiques susceptibles d'être attaquées :
•Bossembele : dans le but de couper Bangui et se ravitailler en armement.

•Bouar et Berberati, pour faciliter les ravitaillements aériens et couper Bangui et Cameroun.

•Bossangoa Bozoum Damara : pour contrôler Tchad et RCA et contraindre votre Excellence au cas où le coup venait à être déjoué, à la démission.

En outre, dans une autre correspondance intitulée « Expression des besoins », Aristide Briand Reboas, demande pas moins de 5 ordinateurs de bureau avec accessoires 10 ordinateurs portables, 2 photocopieurs dont un en couleur, 3 scanneurs, des fournitures de Bureau ainsi qu'un appui financier pour entretiens des sources (selon votre convenance), pour la Direction des affaires financières, la Direction des recherches, analyses et synthèse, Tables d'écoute, Appareils de filtrage des FAX et MAIL, Dictaphones avec cassettes, Gadgets, 50 appareils téléphonique avec caméra intégrée, 05 caméscopes numériques, 05 appareils détecteurs des métaux et scanneurs des bagages, Véhicules et 4X4 VX diesel pour usage du DGBND, 20 vélos tout terrain et enfin, 100 pistolets automatiques avec chargeurs de réserve avec étuis simple et des holters, 50 talkies walkies avec chargeurs et batteries de recharges, 20 téléphones satellitaires, 50 para balles de 7,62 mm, 50 para balles de 9 mm, 50 imperméables, 100 paires de chaussures brodequets, 20 motos Cross DT 127, Anti agresseurs pour la Direction des opérations.

Comme vous l'aurez compris, « le bulletin très spécial de renseignement », n'était en réalité que l'arbre qui cachait la forêt. Autrement, ce bulletin a été confection dans le but de ultime de faire décaisser par François Bozizé, des moyens pour l'action. En somme, une arnaque de malfrats primaires. Feindre de s'inquiéter d'une situation, la présentée sous une plume noire et en profiter pour s'en mettre plein les poches. Voilà comment fonctionne le système mis en place à la Présidence de la République pour détourner les maigres deniers de l'Etat.

Tout se passe comme si la République centrafricaine ne dispose pas de cadres compétents pour s'occuper des renseignements. Car le fameux « bulletin spécial de renseignement » de Reboas, ressemble à s'y méprendre à une fiche de macara (beignet). Le renseignement, selon les spécialistes, c'est l'analyse d'une situation donnée en tenant compte du degré de la crédibilité des sources. Or, notre DGBND, n'indique pas à son patron si ses sources « concordantes » sont crédibles, moyen-crédibles ou peu crédibles. Tout ce qui lui importe, c'est de pomper l'argent des contribuables par des manœuvres pernicieuses. C'est peu de dire que le pays est livré à une mafia locale très vorace.

Néanmoins, il y a des années que nous mettons en garde, à L'Indépendant, contre la cupidité de certains proches du Président de la République et leurs pratiques goinfresques qui déshonorent un la RCA. A bon entendeur…

Adrien Poussou


Article publié le jeudi 2 avril 2009
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