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Comprendre la fuite des Hutus Rwandais vers le Burundi: Le cas de la province de Butare, district Mugombwa.

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 :Bujumbura, mai 3 2006 (Burundi Réalités) - La région des Grands Lacs africains est loin d’avoir exorcisé les démons des crimes contre l’humanité et du génocide. Mis à part le cas du génocide rwandais où un Tribunal pénal International a été mis en place à Arusha en Tanzanie, le génocide des Hutu du Burundi en 1972, les massacres des Tutsi burundais consécutifs à l’assassinat du président Ndadaye, les crimes de guerre en République Démocratique du Congo consécutifs à l’invasion du pays par les troupes rwandaises, ougandaises et burundaises, les massacres du camp de réfugiés de Kibeho au Rwanda etc. n’ont pas encore connu de suite judiciaire conséquente. Les régimes en place et la communauté internationale sont encore incapables de réunir les conditions nécessaires à cet effet. Ce qui ajoute à ce drame, c’est que ces régimes manquent de volonté politique pour créer ces conditions. Pire, certains d’entre eux continuent d’alimenter le cycle de la haine et de la violence, ainsi qu’en témoigne le cas du Rwanda. Un regard sur ce qui se passe dans ce pays, particulièrement dans la province de Butare, district de Mugombwa, montre que le régime du F.P.R. se rend coupable d’un génocide à petit feu contre les Hutu, ce qui n’augure nullement d’une volonté de justice et de réconciliation.

Les demandeurs d’asile Rwandais : un indicateur insoupçonné.

Mi-février 2006, les demandeurs d’asile rwandais au Burundais se chiffraient à 15000 personnes. Parmi les raisons de cet exode, certains ont évoqué la famine qui frappait leur zone d’origine, mais eux-mêmes rétorquaient en disant : « Si les rescapés du génocide et les fonctionnaires mangent, eux qui ne cultivent pas, à plus forte raison nous qui sommes à la base de la production agricole. » Et ils prenaient tout simplement à témoin leur état général de santé qui n’était pas famélique, ainsi que la rareté de cas de malnutrition infantile. Certes, il y a déjà eu des famines au Rwanda. Les plus démunis avaient à chaque fois fui vers les pays voisins sans pour autant devoir s’y constituer réfugiés ni s’abaisser à vivre dans des conditions aussi humiliantes que celles des sites d’accueil au Burundi. La ration alimentaire du HCR ne les met de toute façon pas à l’abri de la faim qu’ils étaient censés fuir loin de leurs foyers. Par contre de surcroît, ils doivent vivre dans la crasse, le manque d’un logement décent, la crainte permanente d’un rapatriement forcé etc., poursuivaient-ils, laissant entendre qu’ils craignaient moins la faim qu’autre chose. Ils attribuaient le mouvement d’exode à une mauvaise gouvernance faite d’injustice sociale sur fond de discrimination ethnique, d’intimidations et de persécutions de tout genre.

Les séances de Gacaca

Le Rwanda est désormais subdivisé en quatre provinces et chaque province est dirigée par un Gouverneur. Regroupées, les anciennes communes sont devenues des entités plus étendues, des districts à la tête desquels siège un Maire. Celui-ci est élu à travers un suffrage atypique car les électeurs s’alignent derrière le candidat de leur choix. Ce candidat ne doit pas se retourner pour éviter de voir ceux qui ont voté en sa faveur ou non. Cette procédure d’élection n’est pas démocratique car le vote est en principe libre et secret, ce qui manifestement n’est pas le cas ici.

La question ethnique est devenue un tabou et ne fait pas l’objet d’échanges ou de discussion. Aucune d’opposition visible n’opère au Rwanda et tous les opposants se sont expatriés. Ceci crée une situation d’étouffement et


Article publié le mercredi 3 mai 2006
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