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Changement à la tête du Conseil Constitutionnel : Les dessous de la nomination de Paul Yao N’dré

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. Les 3 schémas électoraux que vise Gbagbo
lundi 10 août 2009
par JMK AHOUSSOU

 







du même auteur


Les dessous de la nomination de Paul Yao N’dré

SOFRES MERCI OOOHHH !!!!

Amichia François (Délégué communal PDCI) :

La vérité cachée sur le sondage SOFRES

Bédié rentre de France aujourd’hui à 17H30







Le week-end de la commémoration du 49è anniversaire de l’indépendance de notre pays s’est enrichi d’un fait politique majeur, le limogeage du magistrat Yanon Yapo, précédemment Président du Conseil Constitutionnel, et son remplacement par le Pr. Paul Yao N’dré, député FPI, ancien Président de la Commission des Affaires générales et institutionnelles de l’Assemblée Nationale, ancien ministre de l’Intérieur et Président FPI du Conseil général de Divo. Même si la raison officielle invoquée est que le magistrat Yanon Yapo voit son mandat à la tête de cette institution judiciaire arriver à expiration, n’empêche que personne n’est dupe face à la situation. De même que la nomination du Pr. Paul Yao N’dré, Constitutionnaliste de renom pourtant, ne permet pas de dissiper tous les doutes qui entourent sa désignation à la tête de cette institution judiciaire stratégique pour notre pays. D’abord de par le contexte de cette nomination. En effet, le limogeage qui ne dit pas son nom, du magistrat Yanon Yapo, et la « promotion » surprise du Pr. Yao N’dré, interviennent tous les deux à plus de quatre mois, de la Présidentielle du dimanche 29 novembre 2009, date retenue pour la tenue du 1er tour du scrutin présidentiel. Qu’est-ce qui peut et motive même le limogeage du Président d’une institution aussi sensible à ce moment précis ? Le magistrat Yanon Yapo est-il le premier Président d’Institution en Côte d’Ivoire dont le manda arrive à expiration pour qu’il soit censé partir illico presto ? Les doutes se renforcent ensuite de par la qualité des deux hommes qui se relaient à la tête du Conseil Constitutionnel. Si le magistrat Yanon Yapo a marqué la conscience collective nationale avec le « procès des événements du 18 février 1992 » qui a avait vu la condamnation du même Laurent Gbagbo, alors Secrétaire général du Front Populaire Ivoirien (FPI), en s’opposant au simulacre de procès qui avait suivi la marche avortée du FPI du Plateau suivi de casses, le Pr. Paul Yao N’dré laisse dans la mémoire des Ivoiriens l’image du militant FPI bon teint, pur sucre, pur lait et thuriféraire parmi les thuriféraires du Chef de l’Etat. C’est-à-dire l’image du bon et intraitable député FPI toujours opposé au PDCI-RDA, l’image du très difficile Président de la Commission des Affaires générales et institutionnelles de l’Assemblée Nationale dont le départ pour son « éphémère » poste de ministre de l’Intérieur avait été salué dans l’hémicycle. De même que son remplacement par le très affable Emile Guiriélou, pourtant lui-même député FPI de Bangolo, avait été aussi très apprécié vu les qualités humaines de l’homme. Et ce sont ces différentes images « difficiles » du Pr. Paul Yao N’dré qui augmentent le malaise devant sa nomination. Pour dire vrai, l’arrivée du Président du Conseil général de Divo à la tête du Conseil Constitutionnel est diversement interprétée par nombre d’observateurs politiques ivoiriens et étrangers.

PAUL YAO N’DRE EN 2009 POUR GBAGBO COMME TIA KONE EN 2000 POUR GUEI ?

Pour certains observateurs, la désignation du Pr. Paul Yao N’dré à la tête du Conseil Constitutionnel ivoirien est la preuve palpable, pour ne pas dire patente, que le Chef de l’Etat va enfin accepter d’aller aux élections le dimanche 29 novembre prochain. Pour d’ autres, cette nomination est aussi la preuve de la résurgence de la Constitution dans le processus électoral ivoirien, alors qu’on la croyait quelque peu en veilleuse depuis quelque temps. Certains observateurs plus pessimistes prédisent même le retour du primat de cette Constitution de 2000 sur la Présidentielle de 2009. « Mais, à quel(s) niveau(x) », est-on tenté de se demander quand on sait que plusieurs articles de cette Constitution, surtout en son article 35 relatif aux critères d’éligibilité à la Présidence de la République, comportent des éléments confligènes ? Pour nombre d’observateurs et analystes politiques interrogés, cette nomination du constitutionnaliste Paul Yao N’dré à la tête du Conseil Constitutionnel répond à trois grands schémas électoraux. Premier schéma, le Chef de l’Etat accepte d’aller enfin aux élections générales en commençant par la Présidentielle, mais ne veut pas se plier au verdict des urnes, s’il lui est défavorable. Dans ce cas, il va demander une manipulation des résultats de la part du Conseil Constitutionnel. Cette thèse, la plus reprise d’ailleurs, veut que le magistrat Yanon Yapo ait été mis à l’écart à cause de son « indépendance d’esprit » reconnue de tous. « Ce n’est pas aujourd’hui qu’on sait que Yanon Yapo n’est pas le genre d’homme à se laisser faire, ni conter », raconte-t-on de lui. Deuxième schéma, le Chef de l’Etat accepte d’aller aux élections, mais à condition que la Constitution soit remise au c?ur du débat. « Gbagbo n’a pas bravé Marcoussis, Accra, Pretoria, les résolutions onusiennes, pour venir lâcher la Constitution maintenant », précise-t-on aussi. Dans ce cas, c’est au Conseil Constitutionnel de procéder au travail de tri et de mise à l’écart des candidats ne respectant pas les critères d’éligibilité à la Présidence de la République. Dans ce cas de figure précis, ce sera au Conseil Constitutionnel du Pr. Paul Yao N’dré de faire le sale boulot de nettoyage pour la Présidentielle de 2009, comme la Chambre Constitutionnelle de la Cour Suprême l’a fait en 2000 avec un certain magistrat Tia Koné pour les adversaires d’un certain Robert Gueï, alors Chef de la junte au pouvoir. En l’espèce, l’article 35 de la Constitution met à nu le critère d’âge de Bédié, âgé de plus de 75 ans depuis le 06 mai 2009, et le « Ne s’être jamais prévalu d’une autre nationalité » de Ouattara. Troisième schéma, un des plus prisés aussi, le Président Laurent Gbagbo ne veut pas d’élections en vérité, il envoie le Conseil Constitutionnel en « éclaireur » pour tenter d’écarter les candidats les plus « lourds » comme en 2000, cela crée le flou et renvoie le scrutin en 2010, la date tant prisée par le Chef de l’Etat et ses proches. En d’autres termes, et cela ne fait l’ombre d’aucun doute dans la tête des observateurs, le Président du Conseil général de Divo est en mission commandée de haut niveau à la tête du Conseil Constitutionnel. « Pour une mission pareille, il faut un homme de sérail, un homme qui a de la poigne et les nerfs, et un thuriféraire. Trois choses qui semblent aller parfaitement à l’homme », reconnaît un analyste. Mais, le Pr. Paul Yao N’dré a-t-il le physique du métier en 2009 pour le compte de Gbagbo, comme Tia Koné en 2000 pour Gueï ? L’avenir nous situera...


Article publié le jeudi 8 octobre 2009
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