Niger - Pénurie d’essence : qui paiera la facture politique ?
(Editorial de Soumana Idrissa Maïga, Quotidien L’Enquêteur du Lundi 19 Octobre 2026)
À la pompe, les citoyens paient déjà. En heures perdues, en déplacements contrariés, en journées de travail compromises. Reste une autre addition, moins visible, potentiellement plus lourde : celle que la persistance de la pénurie pourrait présenter au pouvoir.
Car une crise d’approvisionnement peut devenir une crise de crédibilité. Lorsque les files demeurent, les explications techniques finissent par rencontrer une question politique : qui devait prévoir, décider, financer et agir ?
La SONIDEP doit rendre compte des stocks, des livraisons et de leur répartition. Mais elle ne constitue pas, à elle seule, toute la chaîne pétrolière. La production de la SORAZ, les importations, les transports et les paiements doivent être examinés. Désigner un responsable commode ne dispense pas d’établir les responsabilités réelles.
Les ministères concernés doivent répondre. Quels obstacles relèvent du Pétrole ? Quels arbitrages financiers restent nécessaires ? Comment organise-t-on la priorité au marché national ? Derrière chaque blocage documenté doivent apparaître une décision attendue, un responsable identifié et une échéance vérifiable.
Puis vient la responsabilité du Premier ministre. Depuis l’installation, le 12 octobre 2026, du comité qu’il préside, Zeine dispose d’un cadre de coordination. Il lui appartient d’en démontrer l’efficacité. Le délai de trois mois prévu pour l’apurement des dettes ne saurait devenir un permis de prolonger l’attente aux stations.
Un comité engage, il ne dédouane personne
Au sommet, le général Tiani ne peut être politiquement indifférent au résultat. Le maintien des prix à la pompe protège le pouvoir d’achat ; encore faut-il que le produit soit disponible. Les citoyens peuvent comprendre des contraintes. Leur compréhension s’érode lorsque les perspectives restent incertaines.
Voilà le risque : que l’insatisfaction envers un service gagne progressivement le jugement porté sur ceux qui gouvernent. Même une adhésion politique sincère n’immunise pas contre la déception quotidienne.
La réponse exige donc davantage qu’une sanction spectaculaire : des faits publiés, des engagements réalistes, des livraisons régulières et des comptes rendus accessibles. Les sanctions éventuelles doivent suivre les responsabilités établies. La transparence permet de distinguer les contraintes subies des défaillances imputables.
Le prix du litre peut rester inchangé. Celui de la défiance, lui, peut grimper.
À la pompe, les citoyens paient déjà. En heures perdues, en déplacements contrariés, en journées de travail compromises. Reste une autre addition, moins visible, potentiellement plus lourde : celle que la persistance de la pénurie pourrait présenter au pouvoir.
Car une crise d’approvisionnement peut devenir une crise de crédibilité. Lorsque les files demeurent, les explications techniques finissent par rencontrer une question politique : qui devait prévoir, décider, financer et agir ?
La SONIDEP doit rendre compte des stocks, des livraisons et de leur répartition. Mais elle ne constitue pas, à elle seule, toute la chaîne pétrolière. La production de la SORAZ, les importations, les transports et les paiements doivent être examinés. Désigner un responsable commode ne dispense pas d’établir les responsabilités réelles.
Les ministères concernés doivent répondre. Quels obstacles relèvent du Pétrole ? Quels arbitrages financiers restent nécessaires ? Comment organise-t-on la priorité au marché national ? Derrière chaque blocage documenté doivent apparaître une décision attendue, un responsable identifié et une échéance vérifiable.
Puis vient la responsabilité du Premier ministre. Depuis l’installation, le 12 octobre 2026, du comité qu’il préside, Zeine dispose d’un cadre de coordination. Il lui appartient d’en démontrer l’efficacité. Le délai de trois mois prévu pour l’apurement des dettes ne saurait devenir un permis de prolonger l’attente aux stations.
Un comité engage, il ne dédouane personne
Au sommet, le général Tiani ne peut être politiquement indifférent au résultat. Le maintien des prix à la pompe protège le pouvoir d’achat ; encore faut-il que le produit soit disponible. Les citoyens peuvent comprendre des contraintes. Leur compréhension s’érode lorsque les perspectives restent incertaines.
Voilà le risque : que l’insatisfaction envers un service gagne progressivement le jugement porté sur ceux qui gouvernent. Même une adhésion politique sincère n’immunise pas contre la déception quotidienne.
La réponse exige donc davantage qu’une sanction spectaculaire : des faits publiés, des engagements réalistes, des livraisons régulières et des comptes rendus accessibles. Les sanctions éventuelles doivent suivre les responsabilités établies. La transparence permet de distinguer les contraintes subies des défaillances imputables.
Le prix du litre peut rester inchangé. Celui de la défiance, lui, peut grimper.
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