Lefaso digital 2026 : La foire virtuelle referme ses portes, un colloque international annoncé pour 2028
La deuxième édition de Le Faso Digital a officiellement refermé sa phase officielle ce samedi 24 octobre 2026 à Ouagadougou. Organisée du 17 au 24 octobre par Lefaso.net, cette édition a enregistré 201 candidatures validées au concours national d’innovation digitale. À l’heure du bilan, les organisateurs se félicitent de la mobilisation des acteurs du numérique et annoncent une pause en 2027 pour préparer un colloque international sur les 30 ans de la presse en ligne en Afrique de l’Ouest, prévu en 2028, à l’occasion du 25ᵉ anniversaire de Lefaso.net.
Huit jours durant, innovateurs, entrepreneurs, entreprises, institutions, experts et citoyens ont échangé autour des enjeux de l’inclusion, de la souveraineté et de l’innovation numériques. Conférences, panels, masterclasses, rencontres professionnelles et présentations de solutions ont rythmé cette deuxième édition, placée sous le thème « Inclusion, souveraineté et innovation : vers un Burkina digital pour tous ».
Dressé au terme de huit jours d’activités, le bilan du président du comité d’organisation, le Dr Cyriaque Paré, est empreint de satisfaction et de reconnaissance. Pour lui, cette deuxième édition confirme le potentiel d’innovation du Burkina Faso et l’intérêt croissant des acteurs pour les solutions numériques développées localement.
« Aujourd’hui, au moment de refermer la phase officielle de cette édition, je voudrais exprimer trois sentiments : la satisfaction du chemin parcouru, la reconnaissance envers celles et ceux qui nous ont accompagnés et la conviction que le travail ne fait que commencer. Cette deuxième édition a été riche en activités et en enseignements. Pendant huit jours, du 17 au 24 octobre, Le Faso Digital a permis de mettre en lumière des solutions numériques, de partager des connaissances et de favoriser les rencontres entre innovateurs, entreprises, institutions et citoyens. En 2025, nous avions enregistré 34 solutions candidates. Cette année, 208 solutions ont été enregistrées, dont 201 candidatures validées. C’est plus de six fois le nombre de candidatures de la première édition ! Ces innovations touchent des secteurs essentiels : le commerce, l’éducation, la santé, l’agriculture, la finance, la gouvernance, l’environnement et les infrastructures numériques. Elles témoignent d’une réalité : le Burkina Faso regorge de talents capables d’imaginer et de développer des solutions adaptées à nos besoins », a souligné le promoteur de Le Faso Digital.
Le président du comité d’organisation s’est dit satisfait de cette 2e édition
Cette progression traduit, selon lui, le dynamisme de l’écosystème numérique burkinabè. Il a félicité les lauréats, sans oublier les autres candidats, qu’il a encouragés à poursuivre le développement de leurs projets. Le président du comité d’organisation a également mis en avant la diversité des thématiques abordées au cours de la foire. L’intelligence artificielle, la souveraineté numérique, la cybersécurité, la régulation, les services financiers numériques, les langues nationales et la transformation digitale des entreprises ont notamment fait l’objet de conférences et de panels. Selon lui, ces échanges ont mobilisé plusieurs milliers de participants sur les plateformes Lefasodigital.net et Lefaso.net.
Au-delà du nombre de candidatures, Dr Cyriaque Paré a estimé que le développement du numérique au Burkina Faso passe par une meilleure adoption des solutions locales. Pour lui, les innovateurs ont besoin d’un environnement favorable à la maturation de leurs projets, à leur financement et à leur mise en relation avec des utilisateurs potentiels. Il a également rappelé que la réussite d’une innovation ne repose pas uniquement sur sa conception technique. Elle dépend aussi de sa capacité à rencontrer son public et à trouver des débouchés économiques.
« Le premier enseignement, c’est que notre pays dispose d’un potentiel d’innovation considérable, mais encore insuffisamment visible. Nous devons mieux faire connaître nos talents et favoriser l’adoption de leurs solutions par les entreprises, les institutions et les citoyens. Le deuxième, c’est que l’inclusion numérique doit rester au cœur de nos préoccupations. Le numérique ne doit pas être réservé à une minorité. Il doit être accessible aux femmes, aux jeunes, aux populations rurales et aux personnes vivant avec un handicap. Le troisième enseignement, c’est que l’innovation a besoin de débouchés. Une bonne idée ne suffit pas. Il faut des utilisateurs, des clients, des partenaires et des possibilités de financement. C’est tout le sens de nos initiatives de rapprochement entre les startups, les entreprises et les structures d’accompagnement », a-t-il expliqué.
Une pause en 2027 pour préparer un colloque international en 2028
L’une des principales annonces de cette cérémonie concerne la prochaine étape de Le Faso Digital. Les organisateurs ont décidé de marquer une pause dans l’organisation de la foire en 2027 afin de préparer un colloque international consacré au bilan de 30 années de presse en ligne en Afrique de l’Ouest. Prévu en octobre 2028, ce rendez-vous s’inscrira dans le cadre de la célébration du 25ᵉ anniversaire de Lefaso.net.
Les échanges porteront notamment sur les origines de la presse en ligne ouest-africaine, sa contribution à l’information et au débat public, ainsi que les défis liés aux modèles économiques, à la crédibilité de l’information, aux mutations des usages, aux plateformes numériques et à l’intelligence artificielle.
Représentant la ministre en charge de la transition digitale, le directeur général de la transition digitale, Sié Maxime Da, a salué l’initiative de Lefaso.net et la mobilisation des acteurs publics et privés autour de la transformation numérique. Il a rappelé que le thème de cette édition met en évidence trois exigences que sont l’inclusion, la souveraineté et l’innovation. Selon lui, le numérique ne doit pas être réduit à une simple évolution technologique, mais doit contribuer au développement économique, à la modernisation des services publics et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
« Pendant huit jours, du 17 au 24 octobre 2026, cette initiative a réuni des acteurs publics et privés, des innovateurs, des entrepreneurs, des chercheurs, des développeurs et des citoyens autour d’une ambition commune : faire du numérique un véritable levier de transformation de notre pays. Le thème retenu cette année, “Inclusion, souveraineté et innovation : vers un Burkina digital pour tous”, traduit parfaitement les défis auxquels notre pays est confronté. Il nous rappelle que la transformation digitale ne doit pas être considérée comme une simple évolution technologique. Elle constitue un enjeu de développement économique, de modernisation de nos services, de renforcement de notre souveraineté et d’amélioration des conditions de vie de nos populations », a-t-il déclaré au nom de la ministre.
Le représentant de la ministre a salué la progression du concours national d’innovation digitale et encouragé les porteurs de projets à poursuivre leurs efforts, qu’ils aient ou non remporté un prix.
Le projet FasoParking a reçu le premier prix UBA
« Le véritable succès d’une innovation ne se mesure pas uniquement à un prix remporté, mais à sa capacité à répondre durablement aux besoins des populations. Je vous invite donc à poursuivre vos efforts, à consolider vos projets et à rechercher des collaborations qui permettront à vos solutions de se développer », a-t-il lancé à l’endroit des candidats.
Il a ensuite insisté sur l’importance de l’inclusion numérique. Pour lui, les efforts doivent se poursuivre en matière de connectivité, d’accès aux équipements, de développement des compétences et de mise à disposition de services adaptés aux réalités des différentes catégories de la population. La souveraineté numérique constitue, à ses yeux, une autre priorité. Elle suppose que le Burkina Faso renforce sa capacité à maîtriser les technologies utilisées, à protéger ses données, à sécuriser ses infrastructures et à développer ses propres compétences. Il a enfin appelé à dépasser la simple présentation des innovations pour favoriser leur utilisation effective par les citoyens, les entreprises et les institutions.
« Nous avons besoin de technologies qui répondent à des problèmes concrets, de solutions qui facilitent les démarches administratives, améliorent l’accès aux soins, accompagnent les producteurs agricoles, soutiennent les entreprises et ouvrent de nouvelles perspectives à notre jeunesse. Notre ambition doit être de passer progressivement de la valorisation des innovations à leur adoption effective par les utilisateurs, les entreprises et les institutions », a-t-il soutenu.
Le représentant de la ministre a également salué la participation du Rwanda, pays invité d’honneur, estimant que le partage d’expériences entre pays africains constitue un moyen de renforcer les compétences et de favoriser l’émergence de solutions adaptées aux réalités du continent.
Le chargé de mission du ministre en charge de la communication, Jean-Noël Bonkoungou, a pour sa part mis l’accent sur les transformations induites par le numérique dans les domaines de l’information, de la culture, des arts et du tourisme. Il a, lui aussi, salué l’initiative de Lefaso.net, qui contribue, selon lui, à rapprocher les acteurs du numérique, les institutions, les entreprises et les citoyens.
Abordant la question de l’information, Jean-Noël Bonkoungou a rappelé que la rapidité de circulation des contenus sur Internet doit s’accompagner d’une exigence accrue de fiabilité. Face à la désinformation et aux contenus trompeurs, il a appelé à promouvoir un journalisme professionnel, rigoureux et responsable.
« Le numérique a profondément transformé le paysage de l’information. Elle circule plus vite, les citoyens disposent de nouvelles possibilités d’expression et les médias touchent des publics bien au-delà de nos frontières. Mais cette rapidité ne doit pas se faire au détriment de la fiabilité. Face à la désinformation et aux contenus trompeurs, nous devons continuer à promouvoir un journalisme professionnel, rigoureux et responsable. L’intelligence artificielle, dont les applications se multiplient dans les métiers de l’information, impose de nouvelles exigences de vérification, de transparence et d’éthique. Le progrès technologique doit renforcer la confiance des citoyens et non la fragiliser », a-t-il déclaré.
Une convention a été signée entre la chambre des TIC du Rwanda et la FED numérique
Pour le représentant du ministère, les médias ont un rôle essentiel à jouer dans l’information des populations et leur accompagnement face aux nouveaux usages numériques.
Issifou Sorgho plaide pour un numérique accessible aux personnes handicapées Parrain de cette deuxième édition, Issifou Sorgho a invité les concepteurs de plateformes, les développeurs d’applications, les entreprises et les institutions à intégrer l’accessibilité dès la conception de leurs produits. Il a estimé que les personnes concernées doivent être associées aux tests afin de détecter les obstacles et de proposer des améliorations adaptées à leurs besoins.
« Il y a du chemin encore pour l’accessibilité numérique. Si vous voulez que votre solution soit reconnue comme accessible et puisse profiter à tous, j’invite les uns et les autres à venir vers nous. Nous ne demandons à personne de payer pour tester sa solution. Il faut éviter d’aller en ligne et d’activer l’intelligence artificielle pour qu’elle dise que votre solution est accessible. La plupart du temps, cela ne suffit pas. Si vous n’avez pas une personne qui utilise un lecteur d’écran derrière un ordinateur ou un téléphone pour tester votre solution de A à Z, vous ne pouvez pas prétendre que votre solution est accessible », a-t-il prévenu.
Il a ainsi encouragé les innovateurs à se rapprocher des personnes handicapées afin de tester leurs solutions et de bénéficier de leurs observations. Cette démarche permettrait, selon lui, d’éviter que des utilisateurs soient contraints de solliciter une assistance pour accomplir des opérations qui devraient être accessibles à tous.
Le parrain a également salué les organisateurs, les partenaires et la délégation rwandaise. Il a exprimé le souhait que les échanges engagés dans le cadre de Le Faso Digital contribuent à renforcer les initiatives en faveur d’un numérique inclusif.
Les lauréats récompensés pour leurs solutions
La cérémonie de clôture a également permis de distinguer plusieurs initiatives dans le cadre du concours national d’innovation digitale. Le projet MU POL a remporté le premier prix de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), d’une valeur d’un million de FCFA. Jinkasan s’est adjugé le premier prix de l’Agence nationale de promotion de la finance inclusive (ANPFI), doté de 500 000 FCFA. Alerte Contravention a reçu le premier prix de Moov Africa Burkina Faso, également d’une valeur de 500 000 FCFA. Quant au prix du public, il est revenu à EduBF, qui a reçu 100 000 FCFA.
Cette dernière plateforme a été présentée par Brice Sawadogo, étudiant en troisième année de réseaux informatiques et communication à l’École supérieure des techniques avancées (ESTA).
Selon son promoteur, EduBF vise à faciliter l’accès des élèves et des étudiants aux ressources pédagogiques, notamment les cours, les anciennes épreuves d’examen, les travaux dirigés et les exercices.
« Notre projet s’appelle EduBF. C’est une plateforme qui permet aux étudiants et aux élèves d’accéder gratuitement à des ressources éducatives, c’est-à-dire des cours, des anciennes épreuves d’examen, mais aussi des TD et des exercices », a-t-il expliqué. Pour Brice Sawadogo, l’obtention du prix du public constitue un encouragement à poursuivre le développement de la solution. L’équipe entend améliorer la plateforme avant de travailler sur de nouvelles innovations destinées à faciliter le quotidien des populations.
Hanifa Koussoubé Crédit photo : Bonaventure Paré Lefaso.net
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