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Mali : 34 civils tués, plus de 2 400 écoles fermé es
Au moins 34 civils ont été tués dans sept localités des régions de Ségou, Mopti et Tombouctou entre juin 2023 et décembre 2025. Dans un rapport publié le 29 septembre 2026, Amnesty International accuse les Forces armées maliennes (FAMa) et le groupe russe Wagner de crimes de guerre. Ces violences s’inscrivent dans une crise sécuritaire qui frappe aussi l’école : 2 444 établissements restent fermés à la rentrée 2026-2027.
Des civils exécutés lors d’opérations conjointes
Intitulé « Nul n’est épargné », le rapport d’Amnesty repose notamment sur 119 entretiens avec des réfugiés maliens en Mauritanie. L’organisation affirme qu’aucune des 34 victimes documentées ne participait directement aux combats lorsqu’elle a été tuée.
Des civils auraient été abattus pendant leur fuite ou après leur arrestation. D’autres auraient été égorgés ou brûlés.
Amnesty documente également deux frappes de drones des FAMa dans la région de Tombouctou. Elles ont touché le marché d’Ejdeir en mars 2025 et une maison familiale à Tangata en novembre. Au moins 23 personnes auraient été tuées, dont cinq enfants. L’ONG dit n’avoir trouvé aucune preuve de présence de combattants ou d’objectif militaire sur les deux sites.
Tortures dans des bases militaires
Quinze survivants interrogés décrivent des suspensions, des simulacres de noyade, des coups et des électrocutions. Des témoins rapportent aussi cinq morts dans les bases militaires de Léré et Nampala.
Selon Amnesty, ces sévices ont principalement été commis par des membres de Wagner en présence de militaires maliens. Certains soldats auraient servi d’interprètes ou participé aux menaces et aux interrogatoires.
La majorité des victimes recensées appartiennent aux communautés pastorales peules, arabes et touarègues. Amnesty estime que certains civils ont été soupçonnés de liens avec des groupes armés en raison de leur origine, de leur activité pastorale ou de leur présence dans certaines zones.
Plus de 733 000 enfants privés d’école
La dégradation sécuritaire se lit aussi dans les salles de classe. Pour la rentrée du 1er octobre, 2 444 écoles sur les 11 860 recensées au Mali sont fermées, soit plus d’une sur cinq. Environ 733 200 enfants sont directement affectés, selon les données du Cluster Éducation du Mali publiées en juin.
Les établissements ferment sous la menace des groupes jihadistes, après des pillages ou des destructions, faute d’enseignants prêts à rejoindre certaines zones ou parce qu’ils hébergent des familles déplacées.
La tendance s’aggrave. Environ 1 300 écoles étaient fermées en 2020, et 1 800 en 2024. L’UNICEF indiquait déjà que plus de 2 000 établissements étaient inopérants en 2024 à cause de l’insécurité, affectant plus de 600 000 élèves.
Le contraste est marqué cette année : le général Assimi Goïta a proclamé 2026-2027 « Année de l’éducation et de la culture », alors que le nombre d’écoles fermées atteint un niveau particulièrement élevé.
De Wagner à Africa Corps, la responsabilité demeure
Près d’un millier de membres de Wagner ont été déployés au Mali entre fin 2021 et juin 2025, avant le remplacement du groupe par Africa Corps. Ce changement de dispositif russe ne fait pas disparaître la question des responsabilités pour les faits antérieurs.
Amnesty avait transmis ses conclusions aux autorités maliennes le 3 août 2026. L’organisation affirme n’avoir reçu aucune réponse au moment de publier son rapport. Elle rappelle également que les groupes armés, notamment le JNIM et le FLA, sont eux aussi accusés de graves violations.
Le Mali a notifié son retrait du Statut de Rome en juin 2026. Celui-ci ne prendra effet que le 23 juin 2027 et ne supprime pas la compétence de la Cour pénale internationale pour les crimes relevant de sa juridiction commis auparavant.
Entre les accusations de crimes de guerre et la fermeture de plus de 2 400 écoles, la crise sécuritaire continue de peser directement sur les civils. Au-delà des bilans militaires avancés par les autorités, une partie croissante de la population reste confrontée aux violences, aux déplacements et à la fermeture des services essentiels.
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- Amnesty International, « Mali : L'armée malienne et le groupe Wagner accusés de crimes de guerre », Amnesty Suisse, 29 septembre 2026
- RFI, « Mali : plus de 2 400 écoles fermées pour la rentrée scolaire », 1er octobre 2026
- UNICEF Mali, Rapport annuel 2024, volet Éducation
- Cour pénale internationale, Présidence de l’Assemblée des États parties, déclaration concernant les retraits du Burkina Faso, du Mali et du Niger du Statut de Rome, 1er juillet 2026
Des civils exécutés lors d’opérations conjointes
Intitulé « Nul n’est épargné », le rapport d’Amnesty repose notamment sur 119 entretiens avec des réfugiés maliens en Mauritanie. L’organisation affirme qu’aucune des 34 victimes documentées ne participait directement aux combats lorsqu’elle a été tuée.
Des civils auraient été abattus pendant leur fuite ou après leur arrestation. D’autres auraient été égorgés ou brûlés.
Amnesty documente également deux frappes de drones des FAMa dans la région de Tombouctou. Elles ont touché le marché d’Ejdeir en mars 2025 et une maison familiale à Tangata en novembre. Au moins 23 personnes auraient été tuées, dont cinq enfants. L’ONG dit n’avoir trouvé aucune preuve de présence de combattants ou d’objectif militaire sur les deux sites.
Tortures dans des bases militaires
Quinze survivants interrogés décrivent des suspensions, des simulacres de noyade, des coups et des électrocutions. Des témoins rapportent aussi cinq morts dans les bases militaires de Léré et Nampala.
Selon Amnesty, ces sévices ont principalement été commis par des membres de Wagner en présence de militaires maliens. Certains soldats auraient servi d’interprètes ou participé aux menaces et aux interrogatoires.
La majorité des victimes recensées appartiennent aux communautés pastorales peules, arabes et touarègues. Amnesty estime que certains civils ont été soupçonnés de liens avec des groupes armés en raison de leur origine, de leur activité pastorale ou de leur présence dans certaines zones.
Plus de 733 000 enfants privés d’école
La dégradation sécuritaire se lit aussi dans les salles de classe. Pour la rentrée du 1er octobre, 2 444 écoles sur les 11 860 recensées au Mali sont fermées, soit plus d’une sur cinq. Environ 733 200 enfants sont directement affectés, selon les données du Cluster Éducation du Mali publiées en juin.
Les établissements ferment sous la menace des groupes jihadistes, après des pillages ou des destructions, faute d’enseignants prêts à rejoindre certaines zones ou parce qu’ils hébergent des familles déplacées.
La tendance s’aggrave. Environ 1 300 écoles étaient fermées en 2020, et 1 800 en 2024. L’UNICEF indiquait déjà que plus de 2 000 établissements étaient inopérants en 2024 à cause de l’insécurité, affectant plus de 600 000 élèves.
Le contraste est marqué cette année : le général Assimi Goïta a proclamé 2026-2027 « Année de l’éducation et de la culture », alors que le nombre d’écoles fermées atteint un niveau particulièrement élevé.
De Wagner à Africa Corps, la responsabilité demeure
Près d’un millier de membres de Wagner ont été déployés au Mali entre fin 2021 et juin 2025, avant le remplacement du groupe par Africa Corps. Ce changement de dispositif russe ne fait pas disparaître la question des responsabilités pour les faits antérieurs.
Amnesty avait transmis ses conclusions aux autorités maliennes le 3 août 2026. L’organisation affirme n’avoir reçu aucune réponse au moment de publier son rapport. Elle rappelle également que les groupes armés, notamment le JNIM et le FLA, sont eux aussi accusés de graves violations.
Le Mali a notifié son retrait du Statut de Rome en juin 2026. Celui-ci ne prendra effet que le 23 juin 2027 et ne supprime pas la compétence de la Cour pénale internationale pour les crimes relevant de sa juridiction commis auparavant.
Entre les accusations de crimes de guerre et la fermeture de plus de 2 400 écoles, la crise sécuritaire continue de peser directement sur les civils. Au-delà des bilans militaires avancés par les autorités, une partie croissante de la population reste confrontée aux violences, aux déplacements et à la fermeture des services essentiels.
F. Kouadio
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Sources :
- Amnesty International, « Mali : L'armée malienne et le groupe Wagner accusés de crimes de guerre », Amnesty Suisse, 29 septembre 2026
- RFI, « Mali : plus de 2 400 écoles fermées pour la rentrée scolaire », 1er octobre 2026
- UNICEF Mali, Rapport annuel 2024, volet Éducation
- Cour pénale internationale, Présidence de l’Assemblée des États parties, déclaration concernant les retraits du Burkina Faso, du Mali et du Niger du Statut de Rome, 1er juillet 2026
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