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Mali : plusieurs frappes militaires ont touché des civils
Mali : Africa Corps réclame du carburant sous press ion jihadiste
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Bréhima Ely Dicko : « Sans appropriation populaire, tout accord restera lettre morte »
Mali : Africa Corps réclame du carburant sous press ion jihadiste
Dans une lettre datée du 17 août 2026, Africa Corps a demandé à l’état-major malien d’augmenter fortement sa dotation mensuelle en carburant, selon Africa Intelligence. Cette requête intervient alors que les axes d’approvisionnement du Mali restent sous la pression du JNIM et que les forces maliennes et russes viennent de subir de lourdes pertes à Dioura et de nouvelles attaques à Sévaré.
Près de 484 000 litres réclamés chaque mois
Selon les chiffres rapportés par Africa Intelligence, Africa Corps réclame chaque mois 429 298 litres de gazole et 54 227 litres d’essence, soit près de 484 000 litres de carburant. La lettre adressée au chef d’état-major général des armées maliennes, le général Élisée Jean Dao, justifie cette hausse par « l’augmentation du nombre de personnels et de matériels ».
Le dispositif russe au Mali est loin d’être marginal. Le Monde estimait en juin les effectifs d’Africa Corps entre 2 000 et 2 500 hommes. La structure, placée sous la tutelle du ministère russe de la Défense, a progressivement remplacé Wagner à partir de 2025.
Cette demande tombe au mauvais moment pour Bamako. Depuis septembre 2025, le JNIM, affilié à Al-Qaïda, cible les importations de carburant et les camions-citernes venant notamment des pays côtiers. Le groupe a ensuite annoncé au printemps 2026 un « blocus total » de Bamako. Celui-ci n’est pas hermétique, mais il contraint l’armée à sécuriser régulièrement de grands convois pour ravitailler la capitale.
Dioura, un revers majeur pour les FAMa
Le 10 septembre, le JNIM a attaqué le camp de Dioura, dans la région de Mopti. Deux sources citées par Reuters évaluent les pertes de l’armée malienne entre 120 et 130 soldats tués. Plus de 100 militaires auraient également été capturés, selon l’une d’elles.
Les autorités maliennes n’ont pas publié de bilan précis. L’armée a reconnu la mort de certains de ses soldats tout en affirmant avoir infligé « d’importantes pertes » aux assaillants.
Le JNIM a ensuite diffusé des images de son butin. Le Monde y a identifié plus de 200 fusils d’assaut Kalachnikov, une cinquantaine de mitrailleuses lourdes, une dizaine de lance-roquettes, plusieurs mortiers ainsi que des véhicules et des stocks de munitions. Ces chiffres proviennent toutefois de l’analyse d’images de propagande diffusées par le groupe jihadiste.
Africa Corps n’a pas échappé aux pertes. L’AFP a fait état d’au moins cinq combattants russes tués lors de l’attaque.
Des drones turcs et des hélicoptères russes visés à Sévaré
Quatre jours après Dioura, le JNIM a frappé l’aéroport militaire de Sévaré, autre point stratégique du dispositif sécuritaire dans le centre du Mali.
La base accueille notamment des drones armés turcs Bayraktar TB2 et Akıncı, construits par l’entreprise turque Baykar et utilisés par l’armée malienne. Des hélicoptères de conception russe y sont également stationnés. Le Monde rapporte que des drones kamikazes ont visé précisément cette zone le 14 septembre.
L’armée malienne avait encore réceptionné deux drones Akıncı sur cette base le 30 juillet 2026, après une précédente livraison en janvier.
Reuters rapporte que Sévaré a ensuite subi six nuits consécutives de tirs. Un habitant ayant visité l’hôpital local dit y avoir vu environ 40 militaires maliens et combattants russes blessés. Le JNIM affirme avoir touché des systèmes de défense aérienne et plusieurs installations, mais l’étendue exacte des dégâts n’a pas été confirmée indépendamment.
Africa Corps dispose aussi au Mali d’avions de combat russes Soukhoï Su-24. Human Rights Watch a documenté l'utilisation d'un de ces appareils lors d'une frappe menée le 15 juin à Kyrnia, dans la région de Mopti, qui a tué huit civils selon l'organisation.
Bamako dépend de convois sous escorte
Pendant que le contingent russe réclame davantage de carburant, Bamako doit déjà mobiliser d’importants moyens militaires pour sécuriser ses propres approvisionnements.
Le 14 septembre, plus de 900 camions-citernes sont entrés dans la capitale sous escorte des FAMa, selon le gouvernement malien. Un dispositif devenu récurrent depuis le début de l’embargo du JNIM sur les importations de carburant.
La disponibilité s’est améliorée dans les stations-service de Bamako ces dernières semaines, mais l’approvisionnement reste irrégulier dans plusieurs régions du pays. Le carburant est ainsi devenu à la fois une ressource économique essentielle et un enjeu militaire.
La demande d’Africa Corps met en lumière une contradiction pour les autorités maliennes : alors que Bamako doit protéger à grands frais les routes permettant de ravitailler la population et l’économie, son partenaire russe réclame lui aussi des volumes croissants pour maintenir ses opérations.
Les moyens engagés sont importants. Les résultats, eux, restent contestés par les événements récents : malgré plusieurs milliers de combattants russes et des livraisons régulières de matériel militaire, Dioura a subi l’un des revers les plus meurtriers de l’armée malienne de ces dernières années et Sévaré demeure à portée des attaques du JNIM.
La question qui se pose désormais à Bamako est celle de l’efficacité de ce dispositif au regard des moyens humains, militaires et logistiques qu’il mobilise.
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- Pierre-Elie de Rohan Chabot, « La lettre d’Africa Corps à Assimi Goïta pour réclamer davantage de moyens », Africa Intelligence, 24 septembre 2026
- Portia Crowe, « Al Qaeda-linked militants kill more than 100 Malian soldiers in attack this month, sources say », Reuters, 21 septembre 2026
- Benjamin Roger, « Dans le centre du Mali, les djihadistes du GSIM relancent des offensives d’envergure », Le Monde, 18 septembre 2026
- Human Rights Watch, « Mali : Les frappes aériennes menées par “Africa Corps”, sous le contrôle de la Russie, tuent des civils », 31 juillet 2026
Près de 484 000 litres réclamés chaque mois
Selon les chiffres rapportés par Africa Intelligence, Africa Corps réclame chaque mois 429 298 litres de gazole et 54 227 litres d’essence, soit près de 484 000 litres de carburant. La lettre adressée au chef d’état-major général des armées maliennes, le général Élisée Jean Dao, justifie cette hausse par « l’augmentation du nombre de personnels et de matériels ».
Le dispositif russe au Mali est loin d’être marginal. Le Monde estimait en juin les effectifs d’Africa Corps entre 2 000 et 2 500 hommes. La structure, placée sous la tutelle du ministère russe de la Défense, a progressivement remplacé Wagner à partir de 2025.
Cette demande tombe au mauvais moment pour Bamako. Depuis septembre 2025, le JNIM, affilié à Al-Qaïda, cible les importations de carburant et les camions-citernes venant notamment des pays côtiers. Le groupe a ensuite annoncé au printemps 2026 un « blocus total » de Bamako. Celui-ci n’est pas hermétique, mais il contraint l’armée à sécuriser régulièrement de grands convois pour ravitailler la capitale.
Dioura, un revers majeur pour les FAMa
Le 10 septembre, le JNIM a attaqué le camp de Dioura, dans la région de Mopti. Deux sources citées par Reuters évaluent les pertes de l’armée malienne entre 120 et 130 soldats tués. Plus de 100 militaires auraient également été capturés, selon l’une d’elles.
Les autorités maliennes n’ont pas publié de bilan précis. L’armée a reconnu la mort de certains de ses soldats tout en affirmant avoir infligé « d’importantes pertes » aux assaillants.
Le JNIM a ensuite diffusé des images de son butin. Le Monde y a identifié plus de 200 fusils d’assaut Kalachnikov, une cinquantaine de mitrailleuses lourdes, une dizaine de lance-roquettes, plusieurs mortiers ainsi que des véhicules et des stocks de munitions. Ces chiffres proviennent toutefois de l’analyse d’images de propagande diffusées par le groupe jihadiste.
Africa Corps n’a pas échappé aux pertes. L’AFP a fait état d’au moins cinq combattants russes tués lors de l’attaque.
Des drones turcs et des hélicoptères russes visés à Sévaré
Quatre jours après Dioura, le JNIM a frappé l’aéroport militaire de Sévaré, autre point stratégique du dispositif sécuritaire dans le centre du Mali.
La base accueille notamment des drones armés turcs Bayraktar TB2 et Akıncı, construits par l’entreprise turque Baykar et utilisés par l’armée malienne. Des hélicoptères de conception russe y sont également stationnés. Le Monde rapporte que des drones kamikazes ont visé précisément cette zone le 14 septembre.
L’armée malienne avait encore réceptionné deux drones Akıncı sur cette base le 30 juillet 2026, après une précédente livraison en janvier.
Reuters rapporte que Sévaré a ensuite subi six nuits consécutives de tirs. Un habitant ayant visité l’hôpital local dit y avoir vu environ 40 militaires maliens et combattants russes blessés. Le JNIM affirme avoir touché des systèmes de défense aérienne et plusieurs installations, mais l’étendue exacte des dégâts n’a pas été confirmée indépendamment.
Africa Corps dispose aussi au Mali d’avions de combat russes Soukhoï Su-24. Human Rights Watch a documenté l'utilisation d'un de ces appareils lors d'une frappe menée le 15 juin à Kyrnia, dans la région de Mopti, qui a tué huit civils selon l'organisation.
Bamako dépend de convois sous escorte
Pendant que le contingent russe réclame davantage de carburant, Bamako doit déjà mobiliser d’importants moyens militaires pour sécuriser ses propres approvisionnements.
Le 14 septembre, plus de 900 camions-citernes sont entrés dans la capitale sous escorte des FAMa, selon le gouvernement malien. Un dispositif devenu récurrent depuis le début de l’embargo du JNIM sur les importations de carburant.
La disponibilité s’est améliorée dans les stations-service de Bamako ces dernières semaines, mais l’approvisionnement reste irrégulier dans plusieurs régions du pays. Le carburant est ainsi devenu à la fois une ressource économique essentielle et un enjeu militaire.
La demande d’Africa Corps met en lumière une contradiction pour les autorités maliennes : alors que Bamako doit protéger à grands frais les routes permettant de ravitailler la population et l’économie, son partenaire russe réclame lui aussi des volumes croissants pour maintenir ses opérations.
Les moyens engagés sont importants. Les résultats, eux, restent contestés par les événements récents : malgré plusieurs milliers de combattants russes et des livraisons régulières de matériel militaire, Dioura a subi l’un des revers les plus meurtriers de l’armée malienne de ces dernières années et Sévaré demeure à portée des attaques du JNIM.
La question qui se pose désormais à Bamako est celle de l’efficacité de ce dispositif au regard des moyens humains, militaires et logistiques qu’il mobilise.
F. Kouadio
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Sources :
- Pierre-Elie de Rohan Chabot, « La lettre d’Africa Corps à Assimi Goïta pour réclamer davantage de moyens », Africa Intelligence, 24 septembre 2026
- Portia Crowe, « Al Qaeda-linked militants kill more than 100 Malian soldiers in attack this month, sources say », Reuters, 21 septembre 2026
- Benjamin Roger, « Dans le centre du Mali, les djihadistes du GSIM relancent des offensives d’envergure », Le Monde, 18 septembre 2026
- Human Rights Watch, « Mali : Les frappes aériennes menées par “Africa Corps”, sous le contrôle de la Russie, tuent des civils », 31 juillet 2026
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