Togo : Kafui Adjamagbo-Johnson rejette sa désignation au bureau du Caucus des femmes parlementaires
Désignée deuxième vice-présidente du Caucus des femmes parlementaires sans avoir été consultée, la députée de l’opposition exige le retrait de son nom et dénonce le silence de l’instance sur la détention de plusieurs femmes.
La députée de l’opposition Kafui Adjamagbo-Johnson refuse le poste de deuxième vice-présidente du bureau du Caucus des femmes parlementaires qui lui a été attribué à l’issue de l’assemblée générale tenue le mercredi 28 octobre 2026 au Palais de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, la secrétaire générale de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) affirme n’avoir jamais été consultée ni donné son accord pour cette désignation.
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L’élue dit avoir découvert avec stupéfaction son nom sur la liste du nouveau bureau rendue publique après cette rencontre. Elle précise n’avoir pris part à aucune des activités de l’assemblée générale et n’avoir été contactée à aucun moment au sujet d’une éventuelle candidature. Une démarche qu’elle considère comme un mépris de sa liberté de décision.
Kafui Adjamagbo-Johnson demande, en conséquence, le retrait immédiat de son nom de la liste du bureau ainsi que la rectification de toute communication la présentant comme membre de cette instance. Elle exclut catégoriquement d’exercer une quelconque responsabilité au sein de cette structure.
Au-delà de la contestation de sa désignation, la députée met en cause le positionnement du Caucus face à certaines situations qu’elle juge préoccupantes. Elle reproche notamment à l’organisation son silence sur la détention de femmes arrêtées en raison de leurs opinions ou de leur participation à des manifestations.
Elle évoque particulièrement le cas de l’ancienne ministre des Armées, Essossimna Marguerite Gnakadé, arrêtée le 17 septembre 2025 et toujours détenue, selon ses déclarations. Elle fait également état d’autres femmes qui auraient subi des violences pendant leur détention.
Pour la responsable de la CDPA, sa présence au sein du bureau pourrait être interprétée comme un cautionnement d’une représentation qu’elle qualifie de « façade ». Elle estime ne pas pouvoir s’associer à une instance dont elle conteste le silence sur des questions relatives aux droits et à la situation des femmes.
Un bureau renouvelé dans le contexte du bicaméralisme
Pour rappel, l’assemblée générale du 28 octobre a notamment été consacrée à l’adaptation des textes du Caucus des femmes parlementaires à l’avènement du bicaméralisme au Togo. À cette occasion, l’instance a reconduit Ibrahima Mémounatou, première vice-présidente de l’Assemblée nationale et présidente du Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à sa tête.
Créé en 2011, le Caucus regroupe désormais 39 femmes parlementaires, dont 24 députées et 15 sénatrices, avec notamment l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Sa présidente a appelé les élues des deux chambres à parler d’une même voix pour défendre les intérêts des femmes et des filles.
Toutefois, la contestation publique de Kafui Adjamagbo-Johnson soulève des interrogations sur les conditions de constitution du nouveau bureau et les modalités de désignation de ses membres. À ce stade, aucune réaction publique du Caucus sur les protestations de la députée n’est rapportée.
Mots clés: Brigitte Adjamagbo
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