FARCUB 2026 : Ali Mahamane Lamine Zeine appelle à faire de la culture et de l’artisanat des leviers de souveraineté et de cohésion sociale
Par l’envoyer spécial de L’ANP Abdoul Rahamane Ousman Maman
Blanakour (N’Gourti), 5 sept. (ANP) – Le Premier ministre, M. Ali Mahamane Lamine Zeine, a officiellement lancé, ce samedi 5 septembre 2026 à Blanakour, dans le département de N’Gourti, les festivités de la 3ᵉ édition du Festival de l’Artisanat et de la Culture de Blanakour (FARCUB), placée sous le thème : « Artisanat et culture, facteurs de souveraineté économique et de cohésion sociale ».
Arrivé dans l’après-midi par hélicoptère, le Premier ministre a été accueilli à sa descente d’appareil par les autorités administratives, coutumières et les responsables des Forces de Défense et de Sécurité, avant de rejoindre le site des festivités où une importante mobilisation populaire lui a réservé un accueil chaleureux.
Dans son adresse à la population, prononcée directement en langue haoussa, le Premier ministre a transmis les salutations du Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, aux populations de Blanakour, de N’Gourti et, plus largement, de la région de Diffa.
M. Ali Mahamane Lamine Zeine a notamment souligné que la tenue de ce festival traduit l’importance accordée par les plus hautes autorités à la culture, à l’artisanat et aux savoir-faire locaux, qui constituent, selon lui, «une composante essentielle de l’identité et de la souveraineté du Niger».
Il a relevé que «la Refondation engagée par le Niger depuis le 26 juillet 2023 ne saurait se limiter aux dimensions politique et économique, mais doit également s’appuyer sur la valorisation de l’histoire, des traditions et des richesses culturelles du pays».
Le Premier ministre a ainsi appelé les populations à préserver et transmettre aux jeunes générations leurs valeurs culturelles, tout en encourageant les artisans, les femmes et les jeunes à transformer les ressources et savoir-faire locaux en activités génératrices de revenus et en véritables opportunités économiques.
S’adressant à la population dans une langue largement comprise dans cette partie du pays, le Chef du Gouvernement a également insisté sur l’importance du vivre-ensemble, de la fraternité et de la cohésion sociale, estimant que «les manifestations culturelles constituent des espaces privilégiés de brassage des populations, de dialogue entre communautés et de consolidation de l’unité nationale».
Il a, en outre, salué la mobilisation des populations de Blanakour et de N’Gourti ainsi que l’ensemble des acteurs ayant contribué à l’organisation de cette troisième édition du FARCUB.
À travers ce festival, à poursuivi le Premier Ministre Nigérien, le Gouvernement entend accompagner la transformation de l’artisanat et de la culture en véritables secteurs économiques, capables de contribuer à la création d’emplois, à la génération de revenus et au développement local.
Le Premier ministre a enfin déclaré officiellement ouvertes les festivités de la 3ᵉ édition du FARCUB.
Prenant la parole avant le Chef du Gouvernement, la Ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Mme Aghaichata Guichène Kari, a placé cette troisième édition du FARCUB sous le signe de la valorisation du patrimoine culturel et du génie créateur des populations nigériennes.
Après avoir rendu grâce à Allah et salué l’accueil réservé aux délégations, la ministre a estimé que le thème de cette édition s’inscrit pleinement dans la dynamique de Refondation engagée par le Niger sous la conduite du Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, et mise en œuvre par le Gouvernement dirigé par le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine.
Selon elle, «la souveraineté ne se construit pas seulement dans les institutions ou dans les secteurs stratégiques de l’économie. Elle se construit également à travers le travail quotidien de l’artisan, de la tisserande, du potier, de la femme entrepreneure et de la jeunesse créative».
La ministre a insisté sur la nécessité de donner davantage de valeur aux ressources nationales, de favoriser leur transformation sur place et de permettre aux artisans nigériens de vivre dignement de leurs métiers.
Elle a également mis en avant la richesse et la diversité culturelles du Niger, de l’Aïr au Kawar et du fleuve Niger aux terres du Manga, soulignant que cette diversité constitue une force et un socle de l’identité nationale.
Pour Mme Aghaichata Guichène Kari, «le FARCUB doit progressivement dépasser le cadre d’une simple manifestation culturelle pour devenir une véritable plateforme économique, touristique et culturelle, permettant aux artisans de commercialiser leurs produits, aux jeunes d’acquérir des compétences et aux femmes de développer leurs activités».
Elle a particulièrement salué le rôle des femmes artisanes, considérées comme des gardiennes de nombreux savoir-faire traditionnels, et appelé à renforcer leur autonomisation économique.
La ministre a également relevé le potentiel touristique de la région de Diffa, notamment dans le domaine du tourisme culturel et communautaire, tout en soulignant la nécessité d’un tourisme respectueux des valeurs nationales et bénéficiant directement aux populations locales.
Dans le contexte actuel du Niger, elle a fait de la culture un instrument de paix et de rapprochement entre les communautés. « Nos différences ne sont pas nos faiblesses : elles constituent notre richesse commune », a-t-elle notamment soutenu.
Elle a enfin réaffirmé l’ambition de son département ministériel de contribuer à l’émergence d’un artisanat mieux organisé, professionnalisé, financé et compétitif, d’une culture davantage valorisée et protégée et d’un tourisme contribuant plus fortement à l’économie nationale.
La ministre a souhaité que le FARCUB devienne progressivement un rendez-vous incontournable de l’artisanat, de la culture et du tourisme, ouvert à terme sur l’espace de la Confédération des États du Sahel (AES).
Pour sa part, le Gouverneur de la région de Diffa, le Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma, a exprimé la gratitude des autorités et des populations de la région au Premier ministre pour sa présence à Blanakour, estimant que ce déplacement témoigne de l’intérêt accordé au patrimoine culturel, à l’artisanat et au développement des terroirs.
Il a également salué la présence des membres du Gouvernement, des délégations venues des pays de l’AES, des partenaires, des représentants des institutions, ainsi que des festivaliers venus de différentes régions du Niger.
Le Gouverneur a rappelé que le FARCUB, créé en 2017, s’est progressivement imposé comme un espace de rencontre, de dialogue, de brassage et de promotion des savoir-faire locaux. Après plusieurs années d’interruption, sa reprise traduit, selon lui, «la volonté de faire de la culture et de l’artisanat des leviers du développement local et de la cohésion sociale».
Il a souligné que «la troisième édition intervient dans un contexte marqué par la volonté du Niger de renforcer sa souveraineté, de consolider la paix et de construire une économie davantage fondée sur la valorisation de ses propres ressources».
Le Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma a insisté sur le potentiel culturel et touristique de la région de Diffa, qui dispose d’une grande diversité de traditions, de paysages, de produits artisanaux, de sites historiques et de savoir-faire.
De N’Gourti à Diffa, de N’Guigmi à Bosso et de Mainé-Soroa à Goudoumaria, cette diversité constitue, selon lui, un patrimoine exceptionnel qu’il convient de préserver, de valoriser et de transmettre aux générations futures.
Le Gouverneur n’a toutefois pas manqué de relever les difficultés auxquelles fait face le secteur, notamment le poids de l’informel, la faiblesse du pouvoir d’achat, l’insuffisance de la modernisation des produits, l’accès limité au financement et aux marchés extérieurs, ainsi que les contraintes liées à l’éloignement et aux voies de communication.
Il a souhaité que «le FARCUB serve de vitrine pour mieux faire connaître ces difficultés aux décideurs, aux opérateurs économiques et aux partenaires au développement, afin de susciter davantage d’actions en faveur de l’artisanat et du tourisme dans la région».
Pour le Gouverneur, «le festival doit continuer à grandir, à se structurer et à s’ouvrir davantage afin de devenir un véritable rendez-vous national de promotion de la culture, de l’artisanat et du tourisme».
Auparavant, l’Administrateur délégué de la Commune rurale de N’Gourti a souhaité la bienvenue au Premier ministre, aux membres du Gouvernement, aux autorités administratives et coutumières, ainsi qu’à l’ensemble des délégations et festivaliers présents à Blanakour.
M. Mamane Abba Adi a mis en avant l’importance de cette manifestation pour la commune et ses populations, estimant qu’elle offre une occasion exceptionnelle de faire connaître les richesses culturelles et artisanales de la zone, tout en favorisant les échanges entre les différentes communautés.
Dans leur intervention, les chefs traditionnels de la zone ont, pour leur part, exprimé leur reconnaissance aux plus hautes autorités pour l’intérêt accordé à Blanakour et à la région de Diffa.
Ils ont salué la tenue de cette troisième édition qui permet, selon eux, de préserver les traditions, de transmettre les savoir-faire aux jeunes générations et de renforcer les liens de fraternité entre les populations.
Les autorités coutumières ont également réaffirmé leur disponibilité à accompagner les initiatives contribuant à la paix, à la cohésion sociale et au développement des communautés.
Notons que la cérémonie officielle d’ouverture a débuté par la Fatiha, suivie de l’exécution de l’hymne national, puis d’une prestation musicale mettant en valeur le patrimoine artistique et culturel du terroir.
Elle a réuni autour du Premier ministre plusieurs membres du Gouvernement, des responsables du CNSP, les autorités administratives et coutumières de la région, des représentants des institutions nationales, des délégations venues notamment des pays membres de l’AES, ainsi que des acteurs de l’artisanat, de la culture et du tourisme.
Cette mobilisation intervient après plusieurs semaines de préparatifs. Une mission gouvernementale conduite par la Ministre de l’Artisanat et du Tourisme et le Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage avait notamment effectué une visite du site le 27 août dernier pour constater l’état d’avancement des préparatifs.
Prévue du 4 au 6 septembre 2026, cette troisième édition ambitionne de consolider le positionnement du FARCUB comme un espace de promotion des savoir-faire locaux, de valorisation du patrimoine culturel et de création d’opportunités économiques au profit des artisans, des jeunes et des femmes.
À Blanakour, le message porté par les autorités est ainsi clair : faire de la culture et de l’artisanat non plus seulement des expressions du patrimoine national, mais de véritables leviers de souveraineté économique, de création de richesses, d’emploi et de cohésion sociale.
AOM/SML/ANP/Septembre 2026
À lire aussi
NIGER - accès rapides
Les articles les plus lus
Ong & Associations
Actualités par pays
Actualités par pays
NIGER - accès rapides
Les articles les plus lus
Ong & Associations