Ghana
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Ghana-Russie : un partenariat stratégique en pleine accélération
À Accra, le rapprochement avec Moscou s'accélère. Commerce, nucléaire, sécurité : lors d'une visite ministérielle à Moscou en août 2026, le Ghana a resserré ses liens avec la Russie. Un virage lourd de risques, alors que des centaines de jeunes Ghanéens meurent sur le front ukrainien, que l'insécurité grandit face à l'échec russe au Sahel, et remonte vers le nord du pays.
Un partenariat déséquilibré Longtemps fidèle au non-alignement hérité de Kwame Nkrumah, le Ghana bascule dans l'orbite russe. Selon des chiffres avancés par Moscou, les échanges bilatéraux sont passés de 247 millions de dollars en 2022 à plus de 800 millions en 2024. S'y ajoutent un mémorandum nucléaire avec Rosatom, une exemption de visa pour les passeports officiels et un projet de mémorandum avec la CEDEAO. Mais derrière la vitrine, la Russie cherche surtout main-d'œuvre, ressources et relais d'influence en Afrique de l'Ouest côtière.
Moscou recrute, dément, puis enterre Depuis 2022, au moins 272 Ghanéens ont été enrôlés dans l'armée russe par de fausses promesses d'emploi ou d'études, selon le gouvernement ghanéen. En août 2026, le ministère ghanéen des Affaires étrangères faisait état de 62 morts et 15 disparus, contre 55 en février. L'organisation d'enquête INPACT (Investigations with impacts), elle, a recensé 234 recrues ghanéennes depuis 2023. Sommée d'agir, la Russie a promis de « travailler » sur la question, après que le Kremlin eut affirmé, quelques mois plus tôt, « ne connaître aucun cas de ce genre », rapporte l'Africa Center for Strategic Studies. Accra a pourtant salué le rôle russe dans la région, au moment même où le pays rapatrie ses cercueils.
Le Sahel « stabilisé » qui déborde Le bilan russe au Sahel est un échec documenté. Là où l'Africa Corps s'est déployé (Mali, Burkina Faso par exemple) le jihadisme progresse et les exactions contre les civils se multiplient, selon Human Rights Watch et Amnesty International. L'or, lui, finance en partie les services rendus à Moscou, documente The Sentry. Au printemps 2026, une offensive a tué le ministre malien de la Défense et contraint les forces russes à abandonner des positions du nord, note le Global Conflict Tracker du CFR (Council on Foreign Relations). Cette instabilité déborde : le JNIM fait du nord ghanéen sa base arrière, relèvent African Arguments et l'Africa Defense Forum, et huit Ghanéens sont morts au Burkina Faso en février 2026.
En s'arrimant à Moscou, le Ghana gagne-t-il un protecteur, ou hérite-t-il de ses guerres ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- James Amoh Junior, « Ghana-Russia trade hits US$800 million as Moscow seeks deeper economic partnership », Ghana News Agency, 15 juillet 2026
- « Russia, Ghana trade volume rises to over $800m as Moscow seeks deeper cooperation » (mémorandum Ghana Atomic Energy Commission–Rosatom), MyJoyOnline, 22 juillet 2026
- « Russia says it will sign security deal with ECOWAS as it offers to bridge Sahel divide », The Radical Leap Group, août 2026
- « Ghana Says 62 Citizens Killed, 15 Missing After Being Recruited Into Russia-Ukraine War », Ghanamma, 18 août 2026
- « Ghana's Northern Sovereignty Gap: JNIM and the Burkinabe Border », African Arguments, juillet 2026 ; « Ghana Faces 'Brewing Crisis' as it Avoids Conflict With JNIM », Africa Defense Forum, août 2026
Un partenariat déséquilibré Longtemps fidèle au non-alignement hérité de Kwame Nkrumah, le Ghana bascule dans l'orbite russe. Selon des chiffres avancés par Moscou, les échanges bilatéraux sont passés de 247 millions de dollars en 2022 à plus de 800 millions en 2024. S'y ajoutent un mémorandum nucléaire avec Rosatom, une exemption de visa pour les passeports officiels et un projet de mémorandum avec la CEDEAO. Mais derrière la vitrine, la Russie cherche surtout main-d'œuvre, ressources et relais d'influence en Afrique de l'Ouest côtière.
Moscou recrute, dément, puis enterre Depuis 2022, au moins 272 Ghanéens ont été enrôlés dans l'armée russe par de fausses promesses d'emploi ou d'études, selon le gouvernement ghanéen. En août 2026, le ministère ghanéen des Affaires étrangères faisait état de 62 morts et 15 disparus, contre 55 en février. L'organisation d'enquête INPACT (Investigations with impacts), elle, a recensé 234 recrues ghanéennes depuis 2023. Sommée d'agir, la Russie a promis de « travailler » sur la question, après que le Kremlin eut affirmé, quelques mois plus tôt, « ne connaître aucun cas de ce genre », rapporte l'Africa Center for Strategic Studies. Accra a pourtant salué le rôle russe dans la région, au moment même où le pays rapatrie ses cercueils.
Le Sahel « stabilisé » qui déborde Le bilan russe au Sahel est un échec documenté. Là où l'Africa Corps s'est déployé (Mali, Burkina Faso par exemple) le jihadisme progresse et les exactions contre les civils se multiplient, selon Human Rights Watch et Amnesty International. L'or, lui, finance en partie les services rendus à Moscou, documente The Sentry. Au printemps 2026, une offensive a tué le ministre malien de la Défense et contraint les forces russes à abandonner des positions du nord, note le Global Conflict Tracker du CFR (Council on Foreign Relations). Cette instabilité déborde : le JNIM fait du nord ghanéen sa base arrière, relèvent African Arguments et l'Africa Defense Forum, et huit Ghanéens sont morts au Burkina Faso en février 2026.
En s'arrimant à Moscou, le Ghana gagne-t-il un protecteur, ou hérite-t-il de ses guerres ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- James Amoh Junior, « Ghana-Russia trade hits US$800 million as Moscow seeks deeper economic partnership », Ghana News Agency, 15 juillet 2026
- « Russia, Ghana trade volume rises to over $800m as Moscow seeks deeper cooperation » (mémorandum Ghana Atomic Energy Commission–Rosatom), MyJoyOnline, 22 juillet 2026
- « Russia says it will sign security deal with ECOWAS as it offers to bridge Sahel divide », The Radical Leap Group, août 2026
- « Ghana Says 62 Citizens Killed, 15 Missing After Being Recruited Into Russia-Ukraine War », Ghanamma, 18 août 2026
- « Ghana's Northern Sovereignty Gap: JNIM and the Burkinabe Border », African Arguments, juillet 2026 ; « Ghana Faces 'Brewing Crisis' as it Avoids Conflict With JNIM », Africa Defense Forum, août 2026