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To show or not to show… (1)

Comme disait quelqu’un, « la première victime d’une guerre, c’est la vérité ». Et la guerre que l’Amérique et ses alliés mènent depuis une décennie contre le terrorisme et l’axe du mal ne fait pas exception à cette règle. L’actualité récente en est encore la preuve. Au lendemain de la mort de Ben Laden, abattu par un commando d’élite de la marine américaine dans sa résidence secrète, les informations se suivent et ne se ressemblent pas.

Tantôt contradictoires, voire même fausses, les versions servies au public par les responsables américains ont été pour la plupart l’objet de ce qu’un confrère a appelé « le brouillard de la guerre ».

Un déficit de communication difficile à expliquer surtout quand on sait que, dans la nuit de dimanche à lundi, alors que les Navy Seals investissait le bunker du dirigeant d’Al Qaïda, à des milliers de kilomètres de là, Barack Obama et ses plus proches collaborateurs suivaient les opérations en live et en temps réel depuis la salle de crise de la Maison-Blanche.

Depuis lors, le brouillard qui recouvrait jusque-là les opérations menées dans le cadre de la guerre contre le terrorisme a repris ses droits et on ne sait plus à quelle vérité se fier.

Ainsi, selon les dernières déclarations officielles de la Maison-Blanche, distillées au compte-gouttes, c’est sur l’ordre du président lui-même qu’une petite équipe américaine a pris d’assaut un complexe sécurisé dans un faubourg aisé d’Islamabad, afin de capturer ou de tuer Oussama Ben Laden. On le sait aujourd’hui, il ne leur a fallu que 40 minutes pour débusquer et éliminer l’homme le plus recherché du monde.

Et, contrairement à ce qu’on croyait jusque-là, le chef terroriste n’était pas armé lorsque les commandos ont fait irruption dans son repère, ce qui ne l’aurait pas empêché d’opposer une résistance avant d’être abattu. Autre rectification officielle, son épouse n’a pas servi de bouclier humain et, au contraire, elle a survécu à l’assaut bien que blessée.

Après que les corrections et les mises à jour nécessaires ont été faites sur un récit dévoilé à la hâte et dans l’euphorie de la victoire sur celui qui a fait périr plus de 3000 Américains un matin de septembre, de nombreuses questions se posent encore.

Outre qu’on attend les détails supplémentaires promis, ils sont nombreux à travers le monde, ceux qui se demandent si oui ou non les images du corps d’Oussama Ben Laden seront diffusées comme preuve absolue. A Washington, on rétorque que ces images, particulièrement choquantes, pourraient heurter les âmes sensibles.

Par contre, ne pas les montrer contribuerait à semer le doute sur la mort de celui qui a planifié les attentats du 11 septembre 2001. Une aporie à laquelle sont confrontés depuis quelques jours les responsables américains. « To show or not to show. That is the question » serait-on alors tenté de dire pour paraphraser Shakespeare.



H. Marie Ouédraogo (1) Montrer ou ne pas montrer. Là est la question



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