Terres rares : l’Afrique prépare son retour sur un marché dominé par la Chine
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19 juillet 2026
Actualités
Terres rares : l’Afrique prépare son retour sur un marché dominé par la Chine
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- --> Date de création: 18 juillet 2026 16:11
Dernière modification le: 18 juillet 2026 16:21
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(Agence Ecofin) - Depuis l'arrêt de la mine Gakara au Burundi en 2021, l'Afrique est absente de la production industrielle de terres rares. Cette situation pourrait toutefois évoluer avec l'émergence de nouveaux pôles producteurs sur le continent, à commencer par la future mine Kangankunde, au Malawi.
Début juillet, la société australienne Lindian Resources a annoncé la réussite du premier tir de mine sur son projet de terres rares Kangankunde, au Malawi. Cette étape marque le lancement des premières opérations extractives sur le site, et rapproche le projet de son objectif de démarrage de la production industrielle d’ici fin 2026, conformément au calendrier annoncé.
Une avancée majeure pour l’Afrique, qui ne compte actuellement aucun site industriel de production de terres rares en activité, mais qui ambitionne de devenir un contributeur émergent aux côtés de producteurs mondiaux déjà établis.
D’autres fournisseurs clés dans l’ombre de la Chine…
Composé de 17 éléments, dont le terbium, le dysprosium, le scandium et l’yttrium, le groupe des terres rares occupe aujourd’hui une place centrale dans les enjeux industriels mondiaux. Ces ressources sont notamment indispensables à la fabrication d’aimants permanents utilisés dans les moteurs de véhicules électriques, les éoliennes, ou encore certains équipements de défense. Depuis plusieurs années, la Chine domine largement cette chaîne de valeur, de l’extraction au raffinage.
D’après les données de l’U.S. Geological Survey (USGS), les mines chinoises ont ainsi produit 270 000 tonnes d’équivalent oxydes de terres rares (REO) en 2025, soit environ 69 % d’une production mondiale estimée à 390 000 tonnes. Derrière cette domination, le marché reste toutefois animé par quelques autres producteurs majeurs, à l’image des États-Unis et de l’Australie, respectivement deuxième et troisième au classement mondial, avec 51 000 et 29 000 tonnes. Suivent notamment la Birmanie (22 000 tonnes), la Thaïlande (4 800 tonnes) et l’Inde (2 900 tonnes).
Si l’Afrique est absente de la production industrielle de terres rares depuis 2021, année marquée par l’arrêt de la mine Gakara au Burundi, le continent reste toutefois présent dans les statistiques mondiales, quoique de manière marginale. Le classement de l’USGS fait ainsi état de volumes produits à Madagascar (2 700 tonnes) et au Nigeria (1 500 tonnes), sans préciser l’origine de ces productions. Ces deux pays disposent néanmoins d’un potentiel identifié en terres rares.
La Tanzanie et l’Afrique du Sud sont également citées parmi les pays africains aux ressources prometteuses, bien qu’aucune production ne soit actuellement recensée. Des éléments à considérer, alors que plusieurs projets miniers émergent progressivement sur ces différents pôles.
9 % de la production mondiale d’ici 2029
À l’image de Kangankunde, ces projets miniers pourraient progressivement renforcer la présence africaine sur le marché des terres rares. Au regard de son calendrier de développement, le projet malawite apparaît comme l’un des plus avancés. Lindian Resources prévoit d’y produire jusqu’à 20 000 tonnes de concentré de terres rares par an. D’autres projets devraient suivre dans les prochaines années, notamment Longonjo en Angola (Pensana Plc), Ngualla en Tanzanie, ou encore Phalaborwa en Afrique du Sud. Ces développements alimentent déjà les projections d’une montée en régime progressive de l’offre africaine au cours de la prochaine décennie.
En 2024, Benchmark Mineral Intelligence estimait ainsi que 8 nouvelles mines en Tanzanie, en Angola, au Malawi et en Afrique du Sud, pourraient permettre à l’Afrique de représenter 9 % de l’approvisionnement mondial en terres rares d’ici 2029. De son côté, Fitch Solutions anticipe une contribution de 7 % à l’offre mondiale à l’horizon 2034. Si elles se concrétisent, ces perspectives renforceraient la place du continent parmi les producteurs secondaires de ces ressources stratégiques, au cœur de la compétition mondiale pour les minerais critiques.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte marqué par la volonté des grandes économies de réduire leur dépendance à l’égard de Pékin. Début juin, les pays du G7, dont les USA, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon, ont notamment affiché l’objectif de ramener leur dépendance vis-à-vis du géant asiatique sous le seuil de 60 % d’ici 2030.
Une ambition qui ouvre des perspectives pour l’Afrique, appelée à devenir l’un des pôles alternatifs aux côtés d’autres producteurs émergents comme le Brésil, même si la Chine conserve encore des intérêts sur certains projets du continent. L’offensive américaine autour d’actifs comme Longonjo et Phalaborwa illustre déjà cet intérêt croissant.
Reste désormais à observer l’évolution du marché mondial des terres rares au cours des prochaines années, au rythme de la montée en puissance annoncée des projets africains. Pour les pays concernés, l’enjeu sera également de maximiser les retombées économiques de ces ressources, alors que la transformation locale s’impose progressivement comme un axe central des nouvelles politiques minières du continent.
Aurel Sèdjro Houenou
Edité par : Feriol Bewa
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