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Six écoles fermées, un déficit de près de 300 enseignants, 42 000 élèves attendus… Les défis du système éducatif dans la préfecture de Mali

Six écoles fermées, un déficit de près de 300 enseignants, 42 000 élèves attendus… Les défis du système éducatif dans la préfecture de Mali

À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue le 5 octobre prochain, la préfecture de Mali fait face à d’importants défis dans le secteur de l’éducation. Si les résultats obtenus aux examens nationaux laissent entrevoir des motifs de satisfaction, avec notamment 84 % d’admis au baccalauréat et 76 % au BEPC, le manque d’enseignants demeure une préoccupation majeure. 


Ecole primaire Mali 1 Dans cet entretien accordé à Guineematin.com, le directeur préfectoral de l’éducation (DPE), Amadou Lamarana Souaré, a confié que six écoles publiques élémentaires de Mali sont fermées depuis trois ans, faute d’enseignants. À cela s’ajoute un déficit estimé à près de 300 enseignants, alors que plus de 42 000 élèves sont attendus cette année.



Décryptage !


Guineematin.com : Quel bilan pouvez-vous dresser de l’année scolaire antérieure ?


Amadou Lamarana Souaré, directeur Préfectoral de l’éducation de Mali Amadou Lamarana Souaré : « D’une manière générale, c’est une année de fleur pour nous. Au niveau des examens nationaux, on a fait le meilleur score non seulement au niveau régional, mais aussi par rapport à la moyenne nationale. Avec 84 % au BAC, plus 76 % d’admis au BEPC. »


Guineematin.com : A quelques semaines de l’ouverture des classes, où en êtes-vous par rapport aux préparatifs de la rentrée scolaire à Mali ?


Amadou Lamarana Souaré : « Au niveau de la direction préfectorale de l’éducation de Mali, on est en train de préparer des outils nécessaires pour préparer la pré-rentrée et, éventuellement, la rentrée proprement dite. En préparant tous les outils liés à la supervision de la rentrée. »


Guineematin.com : Aujourd’hui quel est l’état des établissements scolaires à Mali ?


Amadou Lamarana Souaré : « L’état actuel des établissements laisse à désirer. D’une manière générale, ils sont dans un état vétuste. Il nécessite des rénovations, avec l’insuffisance des tables-bancs. Mais je crois comme toujours, l’association des parents d’élèves va s’impliquer quant à la réparation des tables-blancs, pour permettre aux enfants de reprendre le chemin de l’école. »


Guineematin.com : Face à cette situation, les écoles sont t-elles prêtes à accueillir les écoles le 5 octobre prochain ?


Amadou Lamarana Souaré : « Ce n’est pas toujours facile, mais c’est avec ce qu’on a qu’on va accueillir les élèves. »


Guineematin.com : Disposez-vous suffisamment d’enseignants pour couvrir les besoins des établissements scolaires à Mali ?


Amadou Lamarana Souaré : « On n’a pas suffisamment d’enseignements. Pour preuve, on a quelques-unes de nos écoles qui sont fermées par faute d’enseignants. J’ai six écoles qui fonctionnaient avant, qui aujourd’hui, faute d’enseignants, ne fonctionnent pas. Nous avons des écoles publiques élémentaires de Teliré, Salanbandé, Dougountounny, Badougoula, Madina Wora et Lebekeren, qui sont fermées depuis trois ans, faute d’enseignants. Des informations ont été remontées de l’inspection, jusqu’au niveau central. Aujourd’hui, il nous manque suffisamment d’enseignants pour faire fonctionner nos écoles. »


Guineematin.com : Selon vous, par quoi s’expliquerait ce déficit d’enseignants ?


Amadou Lamarana Souaré : « Vous savez, en 2024, il y a eu un engagement au niveau local, où on avait vraiment eu quelques enseignants. Mais dans le lot, on a encore certains de nos enseignants qui ont été évalués, biométrisés, ils ont fait toute la procédure pour être admissible, mais qui malheureusement, n’ont pas été retenus. Donc ce manque à gagner qui s’élève à près de 300 enseignants est là. Les classes où fonctionnaient ces enseignants restent fermées, parce qu’ils ne sont pas revenus. A part ces six écoles fermées, dans certaines écoles qui fonctionnent, certains niveaux n’existent pas aussi, fautes d’enseignants. Si vous partez à Balaki, à Touba Bagadadji par exemple, ce sont des localités où on a peu d’enseignants. Si vous imaginez, un enseignant pour une école, où il y a trois groupes pédagogiques, franchement, ça pose d’énormes difficultés. »


Guineematin.com : Quelles dispositions comptez-vous prendre pour résoudre ce déficit avant le 5 octobre, date de la rentrée des classes ?


Amadou Lamarana Souaré : « J’avais eu la chance de participer au comité d’administration préfectoral (CA) de Mali, j’ai posé le problème devant les maires et les sous-préfets, pour dire que je ne voudrais pas que pour cette fois-ci qu’on me dise que dans une sous-préfecture il y a une classe qui ne fonctionne pas. Pourquoi, parce qu’ils doivent se mobiliser, trouver les moyens, non seulement mettre les enfants dans des conditions de travail, mais aussi de trouver des enseignants pour les prendre en charge, en collaboration avec les parents d’élèves. Le rapport du CA en fait fois. »


Guineematin.com : Qu’en est-il de l’état des équipements pédagogiques et des fournitures scolaires dans les établissements publics ?


Amadou Lamarana Souaré : « On peut se féliciter aujourd’hui d’une manière générale. Toutes nos écoles ont tout ce qu’il faut en matière d’équipement pédagogique. Si vous prenez par exemple les manuels, les enfants de l’élémentaire sont suffisamment dotés pour faciliter leur apprentissage. Seulement, sauf au secondaire où on a quelques outils informatiques mais à l’élémentaire, ça n’existe pas. »


Guineematin.com : Avez-vous aujourd’hui une estimation du nombre d’élèves attendus cette année dans la préfecture de Mali ?


Amadou Lamarana Souaré : « Pas moins de 42 000 élèves, puisque l’année dernière, on avait 41 000 et quelques élèves. Et si je prends le ratio, 42 000 élèves sont attendus cette année. »


Guineematin.com : Quels sont vos principaux défis ?


Amadou Lamarana Souaré : « C’est de braver tous les obstacles dont je viens de citer, pour pouvoir garder le cap. Il faut attacher la ceinture pour pouvoir atteindre le dernier coin et recoin pour offrir aux enfants un enseignement de qualité. »


Guineematin.com : Si vous devriez citer aujourd’hui les trois urgences absolues à régler avant le 5 octobre pour garantir une rentrée scolaire réussie, qu’elles seraient-elles ?


Amadou Lamarana Souaré : « La première urgence qui me travaille la tête, c’est celle du mobilier, à savoir : les tables-blancs pour les enfants. La seconde, qui est non des moindres, c’est la clôture du complexe lycée-collège de Mali, où nous avons près de 2 000 élèves. Vous serez d’accord avec moi que c’est difficile de gérer des adolescents dans un environnement de ce genre. Si c’est dans une cour, c’est facile à les canaliser. Le troisième défi, c’est celui des enseignants. Je demande vraiment à ce qu’on ait suffisamment d’enseignants qualifiés, pour prendre en charge la formation des enfants. »


Guineematin.com : Quel est votre dernier mot pour clôturer cet entretien ?


Amadou Lamarana Souaré : « Je lance ce message de félicitation à tous les parents, enseignants et élèves de Mali, qui se sont battus l’année dernière, corps et âme, pour qu’on puisse récolter les résultats obtenus. Je leur demande de redoubler d’ardeur, comme je l’ai dit lors du CA, pour qu’on ait zéro école non fonctionnelle cette année à Mali. Que les communautés, les parents d’élèves attachent davantage les ceintures pour dire que leurs enfants vont étudier, coûte que coûte, vaille que vaille. Qu’ils reçoivent mes félicitations et mes remerciements. »


Entretien réalisé par Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com


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