Russie-Afrique : les échanges commerciaux restent s ous les objectifs
À l’approche du troisième sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, le Kremlin remet en avant l’augmentation du commerce avec le continent. Problème : la Russie avait déjà promis en 2019 de doubler ces échanges en quatre à cinq ans. L’échéance est passée et l’objectif reste hors d’atteinte.
Une promesse ambitieuse dès 2019
À Sotchi, en octobre 2019, Vladimir Poutine annonçait son ambition de doubler les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique dans un délai de quatre à cinq ans. Ceux-ci étaient alors évalués à plus de 20 milliards de dollars. L’objectif implicite se situait donc autour de 40 milliards.
Quatre ans plus tard, à l’approche du deuxième sommet Russie-Afrique de Saint-Pétersbourg, le constat était déjà loin des ambitions affichées. Vladimir Poutine évaluait le commerce russo-africain à environ 18 milliards de dollars en 2022.
Même en prenant les chiffres avancés par Moscou, les échanges n’avaient donc pas doublé. Ils restaient même inférieurs au niveau annoncé lors du premier sommet.
Des échanges toujours loin de l’objectif
La hausse observée depuis ne suffit pas à effacer cet échec. Le commerce russo-africain a ensuite progressé et aurait dépassé 27 milliards de dollars en 2025. Le mouvement est réel, mais il laisse encore un écart important avec la cible d’environ 40 milliards découlant de la promesse de Sotchi.
Moscou a entre-temps repoussé l’horizon de ses ambitions. Les autorités russes évoquent désormais une nouvelle progression importante des échanges d’ici 2030.
Le problème est moins l’ambition affichée que sa répétition. La Russie multiplie depuis plusieurs années les annonces économiques en direction de l’Afrique, sans parvenir jusqu’ici à atteindre les objectifs commerciaux qu’elle s’était elle-même fixés.
Les échanges restent aussi très déséquilibrés. La Russie vend notamment au continent des céréales, des hydrocarbures, des produits pétroliers ou encore des engrais, tandis que les exportations africaines vers le marché russe demeurent beaucoup plus limitées.
Moscou attendue sur des résultats concrets
Au troisième sommet Russie-Afrique, le Kremlin devra donc aller au-delà des objectifs chiffrés et des déclarations d’intention. Pour les États africains, la question porte surtout sur les investissements réellement engagés, l’accès aux financements, les projets industriels et les retombées économiques locales.
Après la promesse de 2019 restée hors d’atteinte dans le délai annoncé, fixer une nouvelle échéance ne suffira pas à convaincre.
À Moscou, les dirigeants africains pourront surtout demander des comptes sur un engagement vieux de sept ans : combien de sommets faudra-t-il encore avant que les chiffres rejoignent les déclarations ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Une promesse ambitieuse dès 2019
À Sotchi, en octobre 2019, Vladimir Poutine annonçait son ambition de doubler les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique dans un délai de quatre à cinq ans. Ceux-ci étaient alors évalués à plus de 20 milliards de dollars. L’objectif implicite se situait donc autour de 40 milliards.
Quatre ans plus tard, à l’approche du deuxième sommet Russie-Afrique de Saint-Pétersbourg, le constat était déjà loin des ambitions affichées. Vladimir Poutine évaluait le commerce russo-africain à environ 18 milliards de dollars en 2022.
Même en prenant les chiffres avancés par Moscou, les échanges n’avaient donc pas doublé. Ils restaient même inférieurs au niveau annoncé lors du premier sommet.
Des échanges toujours loin de l’objectif
La hausse observée depuis ne suffit pas à effacer cet échec. Le commerce russo-africain a ensuite progressé et aurait dépassé 27 milliards de dollars en 2025. Le mouvement est réel, mais il laisse encore un écart important avec la cible d’environ 40 milliards découlant de la promesse de Sotchi.
Moscou a entre-temps repoussé l’horizon de ses ambitions. Les autorités russes évoquent désormais une nouvelle progression importante des échanges d’ici 2030.
Le problème est moins l’ambition affichée que sa répétition. La Russie multiplie depuis plusieurs années les annonces économiques en direction de l’Afrique, sans parvenir jusqu’ici à atteindre les objectifs commerciaux qu’elle s’était elle-même fixés.
Les échanges restent aussi très déséquilibrés. La Russie vend notamment au continent des céréales, des hydrocarbures, des produits pétroliers ou encore des engrais, tandis que les exportations africaines vers le marché russe demeurent beaucoup plus limitées.
Moscou attendue sur des résultats concrets
Au troisième sommet Russie-Afrique, le Kremlin devra donc aller au-delà des objectifs chiffrés et des déclarations d’intention. Pour les États africains, la question porte surtout sur les investissements réellement engagés, l’accès aux financements, les projets industriels et les retombées économiques locales.
Après la promesse de 2019 restée hors d’atteinte dans le délai annoncé, fixer une nouvelle échéance ne suffira pas à convaincre.
À Moscou, les dirigeants africains pourront surtout demander des comptes sur un engagement vieux de sept ans : combien de sommets faudra-t-il encore avant que les chiffres rejoignent les déclarations ?
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