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Alors que la candidate officielle du Rassemblement National à la prochaine présidentielle est finalement confirmée, la question est désormais, à moins d’un an du scrutin, de savoir quel gouvernement le parti mettra en place pour diriger le pays. Et si le parti nationaliste s’est beaucoup étoffé cette dernière décennie, multipliant les victoires locales et nationales un peu partout en France et même en Europe, le mou vement à la flamme, qui a désormais 122 députés à l’Assemblée Nationale, continue de susciter des interrogations sur ses capaci tés de gouvernance si les électeurs Français venaient effectivement à voter en masse pour le RN comme le prédisent tous les son dages depuis des années. Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, redevenu «premier ministrable» depuis l’officialisation de la candidature de Marine Le Pen, a dévoilé dans le quotidien Le Figaro les contours de son rôle dans la campagne à venir. Parmi ses missions, «la formation d’un gouvernement d’union nationale qui ne sera pas composé exclusivement de cadres ou de parlementaires issus du RN», confie le jeune politi cien. Sur Sud Radio, hier, l’un des porte-parole du parti nationalis te, Laurent Jacobelli, n’écarte d’ailleurs pas l’entrée de respon sables «de gauche» dans ce gouvernement, et va même jusqu’à citer l’ancien ministre socialiste, Arnaud Montebourg. «Quand j’ai un débat avec Arnaud Montebourg et qui nous parle de réindustrialisa tion et de souveraineté nationale, on voit que ça existe», assure le député de la Moselle au sujet de l’ancien ministre de l’Économie et du Redressement productif de François Hollande. «Des gens qui à gauche ont à cœur la France et la souveraineté nationale, pourquoi pas», fait-il encore savoir. «Nous allons ouvrir les portes et les fenêtres (…) à ceux qui renonceront, demain, aux petites logiques d’appareil. Il y en a un tout petit peu à gauche (…), évidemment plus à droite», a encore argué l’élu. Pour appuyer son argument, le par lementaire assure que des personnes du Parti socialiste ou de La France Insoumise ont rejoint les rangs du RN. C’est le cas par exemple d’Andréa Kotarac, l’un des porte-parole de la formation nationaliste et ancien membre du parti Insoumis. Il est en revanche bien moins certain qu’Arnaud Montebourg opère un tel revirement. Si sur le plateau de l’émission Quelle époque !, en avril dernier, il avouait qu’il ne pourrait «jamais» revoter pour Jean-Luc Mélenchon, il n’apparaissait pas plus clément vis-à-vis du RN. «C’est quoi le pro gramme ?», s’interrogeait-il. Encore en avril dernier, au quotidien Le Monde, qui rappelait ses liens économiques avec le milliardaire conservateur, Pierre-Édouard Stérin, il balayait toute idée d’un gou vernement avec les nationalistes : «J’ai tourné la page de l’engage ment politique, et la question centrale des valeurs et des pratiques me conduirait à le refuser avec clarté et fermeté». La question est aussi de savoir si pour lui LFI est plus dangereuse que le RN, dans quel cas, un vote de barrage en faveur du parti de Marine Le Pen ne serait pas aussi impossible. L’ex-ministre de l’Économie et du Redressement productif ayant en effet qualifié il y a quelques jours seulement le candidat des Insoumis de «fou furieux» et appelé à le «neutraliser d’urgence». Mais Montebourg semble, pour le moment, vouloir adopter la stratégie du «ni-ni» que la droite a adoptée en 2010 et 2020 et que le mouvement d’Emmanuel Macron a adoptée pour les législatives de 2024. Pour le RN, beaucoup semblent continuer à penser qu’une victoire du parti anti-immigration reste impossible et que les électeurs hésiteront à franchir le pas d’une présidence de Marine Le Pen. Qu’il est préférable de continuer à se montrer critique envers le mouvement qui, ils sont beaucoup à le penser, n’a aucune chance de franchir la ligne d’arrivée. Toutefois, en cas de victoire, les négociations pour les places au gouverne ment risquent d’être moins catégoriques et beaucoup de personna lités de tous bords pourraient surprendre en rejoignant un gouver nement RN.




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