Niger : pénurie d’essence et tensions avec les pétroliers chinois
Depuis le 17 octobre 2026, Niamey subit une pénurie d’essence. Entre production insuffisante, engagements contestés des entreprises chinoises et accident sur le site d’Agadem, la crise révèle les difficultés du pouvoir militaire à assurer l’approvisionnement national.
Niamey : un pays pétrolier à court d’essence
Les files d’attente s’allongent devant les stations-service de Niamey. Selon le ministère du Pétrole, le Niger a enregistré un déficit de 196,62 millions de litres d’essence sur les huit premiers mois de 2026.
La raffinerie de Zinder (SORAZ), capable de traiter 20 000 barils de brut par jour, ne suffit pas à couvrir les besoins. Le recul des importations informelles depuis le Nigeria aggrave la pénurie.
CNPC : des engagements contestés
Cette crise intervient alors que Niamey accuse ses partenaires chinois de ne pas respecter le protocole pétrolier signé le 18 mai.
Le 13 octobre, les autorités ont accordé 45 jours à la CNPC, à WAPCO et à la SORAZ pour honorer leurs engagements. Elles dénoncent notamment des recettes pétrolières non rapatriées et des obligations contractuelles inexécutées.
Malgré ses discours sur la souveraineté, la junte reste dépendante des entreprises chinoises pour exploiter une grande partie du pétrole nigérien.
Agadem : un accident pétrolier majeur
Le 25 septembre, une éruption de brut et de gaz frappe le puits Goumeri W-8, exploité par la CNPC. Le ministère du Pétrole ne rend l'incident public que le 12 octobre.
Le 20 octobre, les autorités annoncent que deux puits voisins ont également cédé. Les conséquences environnementales restent préoccupantes, tandis que les responsabilités techniques doivent encore être établies.
Une souveraineté pétrolière contestée
Face à la pénurie, Niamey interdit les exportations de carburants raffinés et maintient les prix à la pompe. Les importations demeurent nécessaires.
Le pouvoir militaire doit désormais obtenir des résultats de ses négociations avec la CNPC, tout en garantissant l’approvisionnement intérieur.
Pour les Nigériens, la souveraineté pétrolière proclamée par la junte reste difficile à concilier avec les pénuries d’essence.
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- Agence nigérienne de presse (ANP), « Niger : un déficit de 196,62 millions de litres du super et de 52,60 millions de litres du gasoil », 6 octobre 2026
- Office national d’édition et de presse (ONEP), « Négociations dans le secteur pétrolier : le comité relève plusieurs manquements dans la mise en œuvre des points du partenariat avec les Chinois », Le Sahel, 14 octobre 2026
- Ministère du Pétrole du Niger, « Communiqué relatif à la situation du puits Goumeri W-8 », publié dans Le Sahel, 13 octobre 2026
- ONEP, « Négociations dans le secteur pétrolier : l’éruption du puits Goumeri W-8 et la mise en œuvre du protocole de partenariat du 18 mai 2026 au centre des échanges », Le Sahel, 21 octobre 2026
Niamey : un pays pétrolier à court d’essence
Les files d’attente s’allongent devant les stations-service de Niamey. Selon le ministère du Pétrole, le Niger a enregistré un déficit de 196,62 millions de litres d’essence sur les huit premiers mois de 2026.
La raffinerie de Zinder (SORAZ), capable de traiter 20 000 barils de brut par jour, ne suffit pas à couvrir les besoins. Le recul des importations informelles depuis le Nigeria aggrave la pénurie.
CNPC : des engagements contestés
Cette crise intervient alors que Niamey accuse ses partenaires chinois de ne pas respecter le protocole pétrolier signé le 18 mai.
Le 13 octobre, les autorités ont accordé 45 jours à la CNPC, à WAPCO et à la SORAZ pour honorer leurs engagements. Elles dénoncent notamment des recettes pétrolières non rapatriées et des obligations contractuelles inexécutées.
Malgré ses discours sur la souveraineté, la junte reste dépendante des entreprises chinoises pour exploiter une grande partie du pétrole nigérien.
Agadem : un accident pétrolier majeur
Le 25 septembre, une éruption de brut et de gaz frappe le puits Goumeri W-8, exploité par la CNPC. Le ministère du Pétrole ne rend l'incident public que le 12 octobre.
Le 20 octobre, les autorités annoncent que deux puits voisins ont également cédé. Les conséquences environnementales restent préoccupantes, tandis que les responsabilités techniques doivent encore être établies.
Une souveraineté pétrolière contestée
Face à la pénurie, Niamey interdit les exportations de carburants raffinés et maintient les prix à la pompe. Les importations demeurent nécessaires.
Le pouvoir militaire doit désormais obtenir des résultats de ses négociations avec la CNPC, tout en garantissant l’approvisionnement intérieur.
Pour les Nigériens, la souveraineté pétrolière proclamée par la junte reste difficile à concilier avec les pénuries d’essence.
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- Agence nigérienne de presse (ANP), « Niger : un déficit de 196,62 millions de litres du super et de 52,60 millions de litres du gasoil », 6 octobre 2026
- Office national d’édition et de presse (ONEP), « Négociations dans le secteur pétrolier : le comité relève plusieurs manquements dans la mise en œuvre des points du partenariat avec les Chinois », Le Sahel, 14 octobre 2026
- Ministère du Pétrole du Niger, « Communiqué relatif à la situation du puits Goumeri W-8 », publié dans Le Sahel, 13 octobre 2026
- ONEP, « Négociations dans le secteur pétrolier : l’éruption du puits Goumeri W-8 et la mise en œuvre du protocole de partenariat du 18 mai 2026 au centre des échanges », Le Sahel, 21 octobre 2026
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