Niger - Le peuple n’est pas une caisse de secours !
(Editorial de Soumana Idrissa Maïga, Quotidien L’Enquêteur du Vendredi 9 Octobre 2026.
Le portefeuille du citoyen n’est pas un puits sans fond. Il faut le rappeler au moment où le Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) recommande d’envisager une hausse des carburants « dans des proportions raisonnables ». La formule paraît mesurée. Elle appelle une question : raisonnables pour qui ?
Pour celui qui dispose d’un véhicule de service, une augmentation peut rester une ligne dans un tableau. Pour celui qui compte ses pièces avant de prendre un taxi, elle pourrait compromettre un repas, un traitement ou une dépense scolaire. Les mêmes francs ne pèsent pas le même poids dans toutes les poches.
L’approvisionnement a un coût. C'est une réalité têtue que nul ne saurait occulter. Mais avant de présenter une facture aux consommateurs, l’Exécutif doit établir ce qui la rendrait nécessaire, quelles solutions permettraient de la limiter et comment les plus vulnérables seraient protégés.
Le CCR recommande aussi un audit institutionnel de la SONIDEP et un contrôle des flux pétroliers. Ces exigences méritent autant d’empressement que la perspective d’une hausse. Quels coûts peuvent être comprimés ? Quelles dépenses administratives peuvent être réduites ? Quel effort les entreprises du secteur peuvent-elles consentir ? La transparence doit permettre de répondre avant de solliciter davantage les ménages.
Au général Tiani et à son gouvernement revient la responsabilité de cet arbitrage. Une recommandation consultative ne dispense personne d’expliquer ses choix. Si une augmentation était retenue, elle devrait s’accompagner d’objectifs publics : disponibilité des produits, suivi des approvisionnements, protections ciblées et bilan des résultats. Payer davantage pour retrouver les mêmes pénuries serait une épreuve pour la confiance.
L’exemplarité doit commencer au sommet. Chaque économie annoncée devra être chiffrée, chaque engagement suivi. L’effort devient crédible lorsque ceux qui le réclament montrent ce qu’ils abandonnent.
Il faut préciser la durée de l’effort, ses modalités de réexamen et les conditions d’une éventuelle baisse. Un sacrifice présenté comme nécessaire ne saurait devenir un prélèvement sans horizon.
Le peuple peut comprendre une difficulté. Il peut consentir un sacrifice. Encore faut-il lui dire pourquoi, jusqu’où et avec qui. Son portefeuille ne peut pas être la réponse automatique à toutes les difficultés de l’État.
Le portefeuille du citoyen n’est pas un puits sans fond. Il faut le rappeler au moment où le Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) recommande d’envisager une hausse des carburants « dans des proportions raisonnables ». La formule paraît mesurée. Elle appelle une question : raisonnables pour qui ?
Pour celui qui dispose d’un véhicule de service, une augmentation peut rester une ligne dans un tableau. Pour celui qui compte ses pièces avant de prendre un taxi, elle pourrait compromettre un repas, un traitement ou une dépense scolaire. Les mêmes francs ne pèsent pas le même poids dans toutes les poches.
L’approvisionnement a un coût. C'est une réalité têtue que nul ne saurait occulter. Mais avant de présenter une facture aux consommateurs, l’Exécutif doit établir ce qui la rendrait nécessaire, quelles solutions permettraient de la limiter et comment les plus vulnérables seraient protégés.
Le CCR recommande aussi un audit institutionnel de la SONIDEP et un contrôle des flux pétroliers. Ces exigences méritent autant d’empressement que la perspective d’une hausse. Quels coûts peuvent être comprimés ? Quelles dépenses administratives peuvent être réduites ? Quel effort les entreprises du secteur peuvent-elles consentir ? La transparence doit permettre de répondre avant de solliciter davantage les ménages.
Au général Tiani et à son gouvernement revient la responsabilité de cet arbitrage. Une recommandation consultative ne dispense personne d’expliquer ses choix. Si une augmentation était retenue, elle devrait s’accompagner d’objectifs publics : disponibilité des produits, suivi des approvisionnements, protections ciblées et bilan des résultats. Payer davantage pour retrouver les mêmes pénuries serait une épreuve pour la confiance.
L’exemplarité doit commencer au sommet. Chaque économie annoncée devra être chiffrée, chaque engagement suivi. L’effort devient crédible lorsque ceux qui le réclament montrent ce qu’ils abandonnent.
Il faut préciser la durée de l’effort, ses modalités de réexamen et les conditions d’une éventuelle baisse. Un sacrifice présenté comme nécessaire ne saurait devenir un prélèvement sans horizon.
Le peuple peut comprendre une difficulté. Il peut consentir un sacrifice. Encore faut-il lui dire pourquoi, jusqu’où et avec qui. Son portefeuille ne peut pas être la réponse automatique à toutes les difficultés de l’État.
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