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Niger : Deux gros scandales qui portent préjudice au mandat de Mahamadou Issoufou


Décidément, la bonne gouvernance tant prônée par les plus hautes autorités de la 7E République ne sera pas au rendez-vous, tant on découvre chaque jour, les mêmes affaires et autres pratiques mafieuses reprochées aux régimes qui se sont succédé depuis près de vingt ans.

Ce n’est peut-être pas trop de le rappeler, le Président de la République Issoufou Mahamadou, est le seul leader politique nigérien qui a toujours construit son discours politique autour de certaines valeurs telles que, la lutte contre la corruption et l’impunité. Beaucoup de nigériens avaient cru en lui et n’ont pas hésité un seul instant à voter en faveur de sa candidature en mars 2011.Ironie du sort, les mêmes tares tant dénoncées par Issoufou Mahamadou sont devenues, en si peu de temps, l’apanage de certaines personnes sur lesquelles il compte, pour relever divers défis. Des scandales politico-financiers, on en découvre en vrac dans les sociétés d’Etat, les ministères et surtout dans les régies financières. Si on ne tente pas de cacher au Chef les faits criminels, on actionne sur le levier politique pour sortir d’affaire des indélicats. En clair, la vraie justice contre les bandits d’Etat, tant promise aux nigériens, n’est pas encore au rendez-vous.Cette semaine encore, les nigériens ont appris à travers la presse deux autres rocambolesques affaires. La première est relative à « Un marché frauduleux » de plus de 780 millions de francs CFA, portant sur la cession d’un terrain loti au profit du ministère de l’urbanisme, et le second scandale lui porte sur les «fausses exonérations en douanes». Marché frauduleux au ministère de l’urbanismeCe n’est pas le fait le fait d’acquérir un terrain qui est un problème, puisque ceci entre dans le cadre du programme de construction des logements sociaux. Mais c’est la manière dont les choses ont été faites qui est en porte-à-faux avec les principes de la bonne gouvernance. En effet, si l’on en croit plusieurs sources basées au ministère en question, les griefs relevés dans ce dossier sont les suivants : Il y a d’abord le fait que l’attribution de ce marché ne respecte aucun des critères définis par le code des marchés publics. Ledit marché n’a pas fait l’objet d’une communication en conseil des ministres, d’où son caractère frauduleux. Ensuite, on y a relevé une fraude fiscale car l’entreprise qui a vendu ce terrain, la Société nigérienne de production immobilière, n’a fait aucune déclaration fiscale. En tout cas même si ça été fait, ce peut –être plus tard lorsque l’affaire a été sue des plus hautes autorités. Aussi, aucune TVA n’a pas été relevée, ajoute notre source. En vérité, ce marché est illégal et a un caractère mafieux. La seconde affaire qui restera gravée dans les annales des scandales financiers du Niger, est ce dossier de «fausses exonérations en douanes», qui met en cause des militants des principaux partis alliés, notamment le Pnds-Tarayya et Lumana.Un dossier encombrant entre les mains du Ministre Giles BailletL’affaire dite de fausses exonérations en douanes, accordées à des opérateurs économiques, a été découverte à la suite d’une enquête diligentée par l’Etat en août dernier et conjointement menée, par la Direction de lutte contre la fraude de la douane, et l’inspection générale d’Etat représentée par deux cadres de la douane. Ces deux cadres sont aujourd’hui à la tête de la Direction Générale des douanes, dont est DG et l’autre DGA. A l’instar du ministre Giles Baillet, les plus hautes autorités du pays, qui étaient sans nul doute sur la piste d’un ou deux faussaires, ne pouvaient pas dans l’immédiat imaginer l’ampleur du dégât que cette enquête allait mettre à nu.Après plusieurs semaines d’intenses travaux, les enquêteurs ont mis à nu un vaste réseau de faussaires, animé par des transitaires et des opérateurs économiques. Ces fraudes ne pouvaient pas connaître du succès sans la complicité de certains agents indélicats de la douane, qui délivraient de manière frauduleuse des exonérations au nom de certains organismes comme le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et bien d’autres Ong humanitaires. Donc, toutes ces faussetés ont été organisées à l’insu de ces organismes, comme le relève le rapport. Selon le rapport de la direction de lutte contre la fraude, ces exonérations étaient accordées en vrac à des opérateurs économiques nigériens, qui importaient diverses sortes de marchandises, depuis plusieurs années, sans payer des droits des douanes. Ces trafics criminels ont permis à beaucoup d’intervenants qui ont joué un rôle important, dans la mise en œuvre de cette fraude, de s’enrichir indument au détriment de l’Etat. De l’avis de certaines personnes imprégnées de ce dossier, le manque à gagner causé à l’Etat pouvait être évalué à plusieurs centaines de milliards de francs CFA. Il faut préciser que si les services de contrôles en douanes avaient bien joué leurs rôles cette fraude à grande échelle n’aurait pas eu lieu. Il est vrai que dans ce rapport la direction de la lutte contre la fraude a fait elle-même les choses à moitié, en ne déclinant pas les identités des agents des douanes impliqués. Néanmoins, si l’Etat veut réellement connaître leurs noms, il suffit tout simplement d’analyser ces documents élaborés sur la base des faux calculs fiscaux, année par année. Mieux, on peut être sûr que le jour où des poursuites vont être engagées contre les transitaires et opérateurs économiques mis en cause dans ledit rapport, les choses deviendraient encore plus claires. Car ces derniers n’accepteraient jamais d’aller en prison pendant que leurs complices circulent librement. A ce jour encore aucun des faussaires n’est inquiété. Selon nos sources, dans les milieux de la douane tout comme au ministère des finances, les uns et les autres sont plus préoccupées à déterminer l’identité de la personne qui est à l’origine de la fuite de ce rapport. Un débat stérile qui consiste à noyer le poisson dans l’eau est engagé. On ne trouve pas normal que le rapport d’enquête sur une telle pratique mafieuse soit vite su des nigériens.Dans tous les cas, le Président de la République et son entourage, n’ont pas intérêt à faire black-out sur ce dossier. On sait que plusieurs militants des partis politiques au pouvoir sont impliqués dans ce scandale. C’est peut être même pourquoi on n’a pas laissé la direction de la lutte contre la fraude finir son enquête. Le Chef de l’Etat doit veiller à ce que cette affaire ne reste pas impunie à l’instar de l’affaire dite de « des fausses factures » ou celle relative au « reversement des marchandises » dans laquelle des cadres des douanes ont été pris avant d’être relâchés grâce au lobbying mené par leur parti politique. Enfin, le Chef de l’Etat doit donner aux bailleurs de fonds, la preuve de sa ferme détermination à lutter contre la corruption et l’impunité.



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