Niger - Bientôt un prélèvement mensuel pour respirer ?
(La rubrique ‘’Le Grognon’’, Quotidien L’Enquêteur du Mercredi 30 Septembre 2026.
Autrefois, on achetait quelque chose. On payait, on repartait : c’était à nous. Aujourd’hui, le progrès consiste à payer encore demain ce que l’on croyait avoir payé hier. Bienvenue dans la civilisation du prélèvement automatique : vous êtes propriétaire de la facture, rarement du reste.
Pour écouter, abonnez-vous. Pour regarder, abonnez-vous. Pour travailler avec votre logiciel, même refrain. Et lorsque vous pensez avoir tout payé, surgit l’offre « premium ». Traduction : merci pour votre argent, mais le confort est au-dessus. Il existe des clients payants de seconde classe. Magnifique invention !
Le génie du système tient dans cette phrase : « Ce n’est que quelques milliers de francs par mois. » Quelques milliers ici, quelques milliers là… À la fin, votre portefeuille héberge une famille nombreuse de prélèvements dont personne ne veut quitter la maison.
S’abonner ? Deux clics, un sourire, bienvenue chez nous ! Résilier ? Veuillez retrouver votre mot de passe, confirmer votre identité, expliquer votre départ et traverser des couloirs numériques. On entre dans ces services comme dans une boutique ; on en sort comme d’un labyrinthe dont le propriétaire vend les plans.
Soyons clairs : payer un service renouvelé n’a rien de scandaleux. Ce qui agace, c’est cette ambition de transformer chaque geste en péage, chaque fonction en supplément, chaque client en locataire perpétuel. L’innovation devrait nous simplifier la vie, pas trouver de nouvelles poches où installer un tuyau.
À ce rythme, attendons le forfait respiration. L’offre gratuite permettra douze inspirations, entrecoupées de publicités. Pour soupirer librement devant vos factures, choisissez « Air Plus ». Pour ronfler, supplément nocturne. Et si vous toussez, on vous proposera une extension de garantie.
Le plus beau viendra au premier impayé : « Cher client, votre accès à l’oxygène sera suspendu. Nous vous remercions de votre fidélité. »
Voilà le rêve : ne plus rien vendre définitivement, mais tout facturer éternellement. Bientôt, même pour pousser un coup de gueule, il faudra vérifier que l’abonnement vocal est actif.
En attendant, je respire encore sans autorisation. Profitons-en : cette insolence pourrait devenir une option payante.
La Rédaction
Autrefois, on achetait quelque chose. On payait, on repartait : c’était à nous. Aujourd’hui, le progrès consiste à payer encore demain ce que l’on croyait avoir payé hier. Bienvenue dans la civilisation du prélèvement automatique : vous êtes propriétaire de la facture, rarement du reste.
Pour écouter, abonnez-vous. Pour regarder, abonnez-vous. Pour travailler avec votre logiciel, même refrain. Et lorsque vous pensez avoir tout payé, surgit l’offre « premium ». Traduction : merci pour votre argent, mais le confort est au-dessus. Il existe des clients payants de seconde classe. Magnifique invention !
Le génie du système tient dans cette phrase : « Ce n’est que quelques milliers de francs par mois. » Quelques milliers ici, quelques milliers là… À la fin, votre portefeuille héberge une famille nombreuse de prélèvements dont personne ne veut quitter la maison.
S’abonner ? Deux clics, un sourire, bienvenue chez nous ! Résilier ? Veuillez retrouver votre mot de passe, confirmer votre identité, expliquer votre départ et traverser des couloirs numériques. On entre dans ces services comme dans une boutique ; on en sort comme d’un labyrinthe dont le propriétaire vend les plans.
Soyons clairs : payer un service renouvelé n’a rien de scandaleux. Ce qui agace, c’est cette ambition de transformer chaque geste en péage, chaque fonction en supplément, chaque client en locataire perpétuel. L’innovation devrait nous simplifier la vie, pas trouver de nouvelles poches où installer un tuyau.
À ce rythme, attendons le forfait respiration. L’offre gratuite permettra douze inspirations, entrecoupées de publicités. Pour soupirer librement devant vos factures, choisissez « Air Plus ». Pour ronfler, supplément nocturne. Et si vous toussez, on vous proposera une extension de garantie.
Le plus beau viendra au premier impayé : « Cher client, votre accès à l’oxygène sera suspendu. Nous vous remercions de votre fidélité. »
Voilà le rêve : ne plus rien vendre définitivement, mais tout facturer éternellement. Bientôt, même pour pousser un coup de gueule, il faudra vérifier que l’abonnement vocal est actif.
En attendant, je respire encore sans autorisation. Profitons-en : cette insolence pourrait devenir une option payante.
La Rédaction