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Niger: 30 novembre Journée nationale de la liberté de la presse Le discours prononcé du Président de la Maison de la Presse



Il vous souviendra que le 30 novembre 2011, s’est déroulée dans cette même salle la signature historique par le Président de la République SEM. Issoufou Mahamadou, de la Déclaration de la Table de la Montagne (DTM) qui appelle à l’abolition des lois pénales concernant les délits de diffamation et d’insultes. Un acte fort symbolique qui venait s’ajouter à la loi 2010-035 du 4 juin 2010 portant régime de la liberté de la presse au Niger et qui consacre la dépénalisation des délits commis par voie de presse. Avec ces deux instruments le Niger s’est doté d’un arsenal juridique favorisant l’exercice du métier de journaliste en toute indépendance. En souvenir à cet acte du Président de la République, le Gouvernement nigérien a décidé en 2014, de l’institutionnalisation d’une Journée Nationale de la liberté de la presse célébrée le 30 novembre de chaque année et dont nous sommes aujourd’hui à la 2ème édition. Mesdames et Messieurs,La présente édition nous donne l’occasion de nous pencher sur la situation de la liberté de la presse au Niger en 2015, situation hélas peu reluisante. Permettez-moi Mesdames et Messieurs de vous rappeler ici quelques cas très graves de violations. C’est ainsi qu’en janvier dernier à l’occasion des événements des 17 et 18 , des confrères de plusieurs organes de presse ont été d’une part intimidés, injuriés et matraqués par des éléments de Forces de Défense et de Sécurité jusque sur leurs lieux de travail et d’autre part des équipes de reportages ont été violentés par des manifestants et leurs véhicules caillassés. A ces brimades d’une rare violence s’ajoutent la fermeture momentanée du groupe de presse Ténéré par des éléments de la police sans mandat et en violation des textes en vigueur.De même, le 19 0ctobre à l’occasion d’une manifestation des scolaires de la région de Niamey, des confères des Groupes de Presse de Bonferey et Ténéré qui étaient en reportage ont été interpellés quelques heures au niveau de l’école nationale de la police. Mesdames et Messieurs, le mois de novembre, mois de la célébration de la journée nationale de la presse, est un mois rude pour la presse nigérienne. En moins de dix jours, il y a eu six arrestations de confrères dont le cas qui nous a beaucoup préoccupés était celui de Souleymane Salha, Directeur de Publication du journal « Le Courrier », qui a été gardé à vue à la police judiciaire dans des conditions de détention très difficiles.Il faut aussi noter la confiscation d’une camera de la télévision Bonferey depuis bientôt 5 mois par les services de la police anti-terroriste.Toutes ces violations des textes en vigueur dans le secteur de la presse anéantissent progressivement l’espoir né de la signature de la Déclaration de la Table de la Montagne par le Président de la République. Ces actes sont condamnables et ne sauraient laisser indifférent aucun défenseur de la liberté de la presse encore moins les professionnels du secteur.C’est pourquoi, Nous, Maison de la Presse, structure faitière des organisations socioprofessionnelles des médias, nous disons de vive voix que ces brimades doivent cesser, que la loi 2010-035 du 4 juin 2010 doit être appliquée et respectée.Mesdames et Messieurs,Autant nous dénoncions ces atteintes à la liberté de la presse, autant nous nous faisions le devoir de rappeler à nos confrères que la dépénalisation des délits commis par voie de presse n’est pas un chèque à blanc, elle n’est pas une licence à tout faire, mais elle nous commande au respect stricte des règles d’éthique et de déontologie que nous nous sommes fixés nous-mêmes à travers la Charte des journalistes professionnels du Niger. Il nous faut donc faire preuve de responsabilité et de rigueur dans notre métier de journaliste. Ainsi, nous interpellons les médias à jouer véritablement leur rôle de vecteur de paix pour des élections apaisées au Niger.Mesdames et Messieurs,Nous ne terminerons pas nos propos sans lancer un appel au pouvoir public sur le respect des engagements pris pour la consolidation des acquis de la liberté de la presse. Nous rappelons également aux formations politiques que le choix de la ligne éditoriale des organes de presse ne doit plus de servir de prétexte pour entraver l’exercice du métier de journalisme.Bonne fête !-->
Mesdames et Messieurs,
Il vous souviendra que le 30 novembre 2011, s’est déroulée dans cette même salle la signature historique par le Président de la République SEM. Issoufou Mahamadou, de la Déclaration de la Table de la Montagne (DTM) qui appelle à l’abolition des lois pénales concernant les délits de diffamation et d’insultes. Un acte fort symbolique qui venait s’ajouter à la loi 2010-035 du 4 juin 2010 portant régime de la liberté de la presse au Niger et qui consacre la dépénalisation des délits commis par voie de presse. Avec ces deux instruments le Niger s’est doté d’un arsenal juridique favorisant l’exercice du métier de journaliste en toute indépendance.
En souvenir à cet acte du Président de la République, le Gouvernement nigérien a décidé en 2014, de l’institutionnalisation d’une Journée Nationale de la liberté de la presse célébrée le 30 novembre de chaque année et dont nous sommes aujourd’hui à la 2ème édition.
Mesdames et Messieurs,
La présente édition nous donne l’occasion de nous pencher sur la situation de la liberté de la presse au Niger en 2015, situation hélas peu reluisante.
Permettez-moi Mesdames et Messieurs de vous rappeler ici quelques cas très graves de violations. C’est ainsi qu’en janvier dernier à l’occasion des événements des 17 et 18 , des confrères de plusieurs organes de presse ont été d’une part intimidés, injuriés et matraqués par des éléments de Forces de Défense et de Sécurité jusque sur leurs lieux de travail et d’autre part des équipes de reportages ont été violentés par des manifestants et leurs véhicules caillassés. A ces brimades d’une rare violence s’ajoutent la fermeture momentanée du groupe de presse Ténéré par des éléments de la police sans mandat et en violation des textes en vigueur.
De même, le 19 0ctobre à l’occasion d’une manifestation des scolaires de la région de Niamey, des confères des Groupes de Presse de Bonferey et Ténéré qui étaient en reportage ont été interpellés quelques heures au niveau de l’école nationale de la police.
Mesdames et Messieurs, le mois de novembre, mois de la célébration de la journée nationale de la presse, est un mois rude pour la presse nigérienne. En moins de dix jours, il y a eu six arrestations de confrères dont le cas qui nous a beaucoup préoccupés était celui de Souleymane Salha, Directeur de Publication du journal « Le Courrier », qui a été gardé à vue à la police judiciaire dans des conditions de détention très difficiles.
Il faut aussi noter la confiscation d’une camera de la télévision Bonferey depuis bientôt 5 mois par les services de la police anti-terroriste.
Toutes ces violations des textes en vigueur dans le secteur de la presse anéantissent progressivement l’espoir né de la signature de la Déclaration de la Table de la Montagne par le Président de la République. Ces actes sont condamnables et ne sauraient laisser indifférent aucun défenseur de la liberté de la presse encore moins les professionnels du secteur.
C’est pourquoi, Nous, Maison de la Presse, structure faitière des organisations socioprofessionnelles des médias, nous disons de vive voix que ces brimades doivent cesser, que la loi 2010-035 du 4 juin 2010 doit être appliquée et respectée.
Mesdames et Messieurs,
Autant nous dénoncions ces atteintes à la liberté de la presse, autant nous nous faisions le devoir de rappeler à nos confrères que la dépénalisation des délits commis par voie de presse n’est pas un chèque à blanc, elle n’est pas une licence à tout faire, mais elle nous commande au respect stricte des règles d’éthique et de déontologie que nous nous sommes fixés nous-mêmes à travers la Charte des journalistes professionnels du Niger. Il nous faut donc faire preuve de responsabilité et de rigueur dans notre métier de journaliste. Ainsi, nous interpellons les médias à jouer véritablement leur rôle de vecteur de paix pour des élections apaisées au Niger.
Mesdames et Messieurs,
Nous ne terminerons pas nos propos sans lancer un appel au pouvoir public sur le respect des engagements pris pour la consolidation des acquis de la liberté de la presse.
Nous rappelons également aux formations politiques que le choix de la ligne éditoriale des organes de presse ne doit plus de servir de prétexte pour entraver l’exercice du métier de journalisme.
Bonne fête !





 

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