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Mali : le pouvoir freine le débat sur l’excision

Mali : le pouvoir freine le débat sur l’excision
Au Mali, la campagne « Oui à l’excision » relance un débat explosif sur les mutilations génitales féminines. Alors que militants et professionnels de santé réclament une loi spécifique, les autorités privilégient l’apaisement des « sensibilités », jusqu’à interrompre une étude sur le sujet.

Depuis la mi-août 2026, des publications favorables à l’excision circulent massivement sur les réseaux sociaux maliens. Face à cette campagne, des défenseures des droits des femmes et des professionnels de santé ont appelé à une mobilisation le 22 août à Bamako et réclamé une législation claire contre les mutilations génitales féminines (MGF).
L’enjeu sanitaire est considérable. Selon l’Enquête démographique et de santé 2023-2024 citée par l’UNFPA, 89 % des Maliennes de 15 à 49 ans ont subi une MGF. Chez les filles de 0 à 14 ans, le taux est passé de 74 % en 2018 à 70 % en 2023. Près de 48 % des femmes et des hommes interrogés souhaitent encore le maintien de cette pratique.
Une prudence qui freine le débat Dans ce contexte, le pouvoir d’Assimi Goïta semble surtout chercher à éviter l’affrontement avec les milieux conservateurs. Jeune Afrique rapporte que des actions de prévention ont été suspendues afin de contenir la polémique.
Un fait concret vient renforcer ce constat : le 26 août, le Comité national d’éthique pour la santé a ordonné l’arrêt immédiat de l’étude POPEX sur les opinions concernant l’excision à Bamako, invoquant la nécessité de ne pas « troubler les diverses sensibilités loco-régionales ».
Le même jour, la Commission nationale des droits de l’Homme a pourtant demandé l’adoption d’une loi spécifique contre les MGF.
Pour Bamako, vouloir préserver la cohésion sociale ne dispense pas de protéger l’intégrité physique des filles. Sur un sujet qui concerne près de neuf Maliennes sur dix, suspendre les initiatives et repousser les décisions ne règle pas le problème. Cela prolonge surtout un vide juridique et sanitaire déjà ancien. Dans un Mali déjà confronté à une insécurité persistante qui fragilise l’accès aux services publics dans de nombreuses zones, laisser ce dossier sanitaire et social s’enliser ajoute une vulnérabilité supplémentaire pour les femmes et les filles.

F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info

Sources : 
- BBC News Afrique, « Une campagne en faveur de l’excision suscite l’indignation au Mali », 21 août 2026
- UNFPA Mali, « Mali, 48 % de femmes et d’hommes sont favorables au maintien des MGF/E », 6 février 2026
-Maliko News, « Le CNESS annule l’autorisation d’une enquête sur les opinions relatives à l’excision », 27 août 2026
- Sahel Horizon, « Mali : interdiction d’une étude sur l’excision », 27 août 2026

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