Mali
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Mali : l'Africa Corps et le JNIM ciblent les civils
En 2026, les populations maliennes restent prises au piège entre l'armée et son allié russe Africa Corps d'un côté, et les jihadistes du JNIM de l'autre. Human Rights Watch et Amnesty International documentent des exactions de tous les camps, alors que la junte du général Assimi Goïta, arrivée par les armes, promettait la sécurité.
Africa Corps, un partenaire qui tue des civils Le 15 juin 2026, des frappes aériennes de l'Africa Corps ont tué huit civils, dont trois enfants, dans le village de Kyrnia (région de Mopti), selon Human Rights Watch. Aucun combattant jihadiste ne figurait parmi les victimes ; l'organisation qualifie l'attaque d'« indiscriminée ». Un mois plus tôt, le 14 mai, l'armée et la milice dozo avaient tué au moins 31 civils peuls, dont 23 enfants, à Sarkala Werè (région de Ségou).
Le bilan dépasse ces épisodes. D'après les données d'ACLED citées par HRW, l'armée malienne et les paramilitaires russes ont tué 918 civils en 2025, soit près de quatre fois plus que leurs adversaires jihadistes. Beaucoup de victimes sont des Peuls, régulièrement assimilés aux combattants.
Le JNIM asphyxie Bamako En face, le JNIM, affilié à Al-Qaïda, ne protège pas davantage les populations. Depuis le 28 avril 2026, le groupe impose un blocus de Bamako et coupe les routes d'approvisionnement. Amnesty International y voit de possibles crimes de guerre : camions civils incendiés, chauffeurs déclarés « combattants » puis exécutés, prix des denrées en hausse. Le blocus, entamé sur le carburant dès septembre 2025, a paralysé transports, écoles et électricité. Le 6 mai, des assaillants ont attaqué les villages de Kori Kori et Gomassagou, faisant au moins 40 morts selon des sources locales.
Une insécurité nourrie par l'impunité Depuis 2021, la junte a chassé les forces onusiennes et occidentales, misé sur Moscou et rompu l'accord de paix avec les groupes touaregs. Résultat : retrait de la CEDEAO, sortie annoncée de la CPI et aucune enquête crédible sur les exactions. En attendant, plus de 737 000 Maliens sont déplacés.
Quand l'armée et son allié russe tuent quatre fois plus de civils que les jihadistes, de quelle sécurité parle-t-on ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- Human Rights Watch, « Mali: Russia's "Africa Corps" Airstrikes Kill Civilians », 31 juillet 2026
- Human Rights Watch, « Mali: Grave Abuses Amid Renewed Fighting », 28 juin 2026
- Amnesty International, « Mali: GSIM must observe international humanitarian law and ensure safety of civilians as Bamako is under siege », 15 mai 2026
- Reuters, Portia Crowe, « Russia's Africa Corps kills Mali civilians in "indiscriminate" attack, rights group says », 31 juillet 2026
Africa Corps, un partenaire qui tue des civils Le 15 juin 2026, des frappes aériennes de l'Africa Corps ont tué huit civils, dont trois enfants, dans le village de Kyrnia (région de Mopti), selon Human Rights Watch. Aucun combattant jihadiste ne figurait parmi les victimes ; l'organisation qualifie l'attaque d'« indiscriminée ». Un mois plus tôt, le 14 mai, l'armée et la milice dozo avaient tué au moins 31 civils peuls, dont 23 enfants, à Sarkala Werè (région de Ségou).
Le bilan dépasse ces épisodes. D'après les données d'ACLED citées par HRW, l'armée malienne et les paramilitaires russes ont tué 918 civils en 2025, soit près de quatre fois plus que leurs adversaires jihadistes. Beaucoup de victimes sont des Peuls, régulièrement assimilés aux combattants.
Le JNIM asphyxie Bamako En face, le JNIM, affilié à Al-Qaïda, ne protège pas davantage les populations. Depuis le 28 avril 2026, le groupe impose un blocus de Bamako et coupe les routes d'approvisionnement. Amnesty International y voit de possibles crimes de guerre : camions civils incendiés, chauffeurs déclarés « combattants » puis exécutés, prix des denrées en hausse. Le blocus, entamé sur le carburant dès septembre 2025, a paralysé transports, écoles et électricité. Le 6 mai, des assaillants ont attaqué les villages de Kori Kori et Gomassagou, faisant au moins 40 morts selon des sources locales.
Une insécurité nourrie par l'impunité Depuis 2021, la junte a chassé les forces onusiennes et occidentales, misé sur Moscou et rompu l'accord de paix avec les groupes touaregs. Résultat : retrait de la CEDEAO, sortie annoncée de la CPI et aucune enquête crédible sur les exactions. En attendant, plus de 737 000 Maliens sont déplacés.
Quand l'armée et son allié russe tuent quatre fois plus de civils que les jihadistes, de quelle sécurité parle-t-on ?
F. Kouadio
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Sources :
- Human Rights Watch, « Mali: Russia's "Africa Corps" Airstrikes Kill Civilians », 31 juillet 2026
- Human Rights Watch, « Mali: Grave Abuses Amid Renewed Fighting », 28 juin 2026
- Amnesty International, « Mali: GSIM must observe international humanitarian law and ensure safety of civilians as Bamako is under siege », 15 mai 2026
- Reuters, Portia Crowe, « Russia's Africa Corps kills Mali civilians in "indiscriminate" attack, rights group says », 31 juillet 2026
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