Le Burundi signe un accord avec les États-Unis pour accueillir des migrants expulsés par l'administration Trump
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Le Burundi a signé un accord avec les États-Unis dans lequel il s'engage à accueillir des ressortissants de pays tiers expulsés par l'administration de Donald Trump, a indiqué ce jeudi 1er octobre à l'AFP la porte-parole du président burundais. Ce petit pays d'Afrique des Grands lacs s'ajoute aux quelques États africains avec lesquels l'administration du président Trump s'est mise d'accord pour envoyer des ressortissants de pays-tiers expulsés du territoire américain.
À l'exception des criminels
Le président burundais Évariste Ndayishimiye a "accepté dernièrement (…) que le Burundi accueille les migrants refoulés par les États-Unis, mais uniquement ceux qui ne sont pas poursuivis pour des crimes ou ceux qui ne sont pas soupçonnés de terrorisme", a déclaré à l'AFP sa porte-parole Nancy-Ninette Mutoni.
Des "préparatifs très minutieux" sont en cours, a-t-elle poursuivi, car "il faut prévoir un endroit où les accueillir, le nécessaire pour leur subsistance et comment ils vont cohabiter avec la population".
Aucune date n’a encore été fixée pour l’arrivée des premiers expulsés des États-Unis, a encore indiqué la porte-parole, sans plus de précisions. Mais un vol transportant environ 70 personnes devait partir de Louisiane aux États-Unis à destination du Burundi, du Rwanda et de la République centrafricaine selon Africanews. Les autorités burundaises justifient leur décision par l'hospitalité traditionnelle présumée du pays.
"Renforcer la coopération"
''Le premier avantage est que le Burundi accueille depuis longtemps des personnes en situation de détresse. Cela permettra également de renforcer la coopération avec d’autres pays. Les gens ont besoin les uns des autres, et le Burundi accorde une grande importance à la paix et aux bonnes relations'', souligne Nancy Ninette Mutoni, la porte-parole burundaise.
Le Burundi, ancienne colonie belge indépendante depuis 1963, est selon un classement de la Banque mondiale de 2024 le pays le plus pauvre du monde. Il est notamment frappé par une pénurie récurrente de carburant.
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Depuis qu'Evariste Ndayishimiye, un militaire, a succédé en 2020 à Pierre Nkurunziza, décédé, le Burundi oscille entre signes d'ouverture des autorités et ferme contrôle du pouvoir. L'ONG Reporters sans frontières classe le Burundi au 119e rang sur 180 pays en matière de liberté de la presse, affirmant que "l’environnement (y) reste encore très hostile pour l’exercice du journalisme".
Des expulsions toujours plus nombreuses
Une enquête internationale publiée en septembre par le consortium Forbidden Stories estime à 25.000 personnes le nombre de personnes expulsées par Washington vers des pays tiers, aux termes d'accords secrets passés avec 35 pays.
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Une enquête de l'AFP début 2026 avait montré que les États-Unis ont incité ces pays, notamment en Afrique, à accepter des expulsés en échange d'une aide se chiffrant en millions de dollars, et en menaçant de restrictions de visas en cas de refus.
Une vingtaine d'experts des Nations unies ont appelé le 28 septembre "tous les États et territoires concernés à immédiatement mettre fin à ces arrangements". "Ce qui est en jeu n'est pas seulement une politique migratoire, mais la vie, la sécurité, la dignité et les droits" des personnes, ont-ils insisté.