François Xavier Verschave et Jean-Paul Pigasse : le bon et le méchant
Oraison cynique
Jean-Paul Pigasse ricana quand mourut en 2002 François-Xavier Verschave, grand pourfendeur de la françafrique. Pigasse ironisa sur l’intérêt que Verschave portait sur le sort de la population congolaise.
L’ épitaphe de Pigasse fut assassine. A croire qu’il pouffa de rire. L’homme de presse suscita la réflexion de bon sens : « comment pouvait-on se réjouir de la disparition d’un homme, fut-il un adversaire idéologique ? »
Décédé le 11 juillet 2026, Jean-Paul Pigasse ne peut pas ne pas faire resurgir cette vérité de bon sens : tout homme est mortel. Ca n’arrive pas qu’aux autres.
Présenté comme un héros de la presse française de la fin du XXè siècle (Keren Lentschner, Le Figaro 17 juillet 2026) , Jean-Paul Pigasse a davantage fait ses choux gras au Congo-Brazzaville sous le règne brutal de Sassou, précisément après le coup d’état du 5 juin 1997. Jean-Paul Pigasse fut le premier journaliste qui se frotta les mains quand la démocratie fut stoppée au Congo. Il félicita Denis Sassou_Nguesso dès la boucherie du 5 juin. Du coup ce français, ancien de Jeune Afrique, devint l’agent de propagande internationale numéro 1 du tyran congolais.
Bilan : 400.000 euros d’émoluments mensuels ramassés par le journaliste français né à Toulouse, ancien pigiste à La Dépêche du Midi, pacha parisien roulant dans une luxueuse Mercedes de couleur blanche.
Inutile de préciser que Pigasse et Verschave n’étaient ces meilleurs amis de Monomotapa (cf. La Fontaine), susceptible d’aller en vacances ensemble. Pigasse nourrissait de noirs désirs envers tous ceux qui avaient une idée médiocre de Sassou. C’était le cas de l’économiste de confession protestante, fondateur de Survie, François-Xavier Verschave, très critique de la noirceur des cœurs des dirigeants africains.
Le premier (Pigasse) était cupide, vorace, opportuniste, ami des dictateurs. L’autre (Verschave) était anticapitaliste, dénonçait tous les noirs silence sur l’exploitation honteuse dont étaient victimes les pays africains parmi lesquels le Congo de Sassou.
Aujourd’hui, une certaine presse française voudrait présenter le fondateur des Dépêches de Brazzaville comme un homme formidable ayant incarné une « passion de la presse et de l’Afrique » alors qu’en arrière-plan, gémissait une rédaction locale broyant du noir, jamais payée correctement et régulièrement.
Gouffre financier
La vérité est que feu Jean-Paul Pigasse a été passionnément riche grâce à Sassou dont il a vendu l’image avec une rare maestria. Cependant les invendus de son quotidien, Les Dépêches de Brazzaville, Adiac, continuent d’encombrer les salles d’attente des ambassades faute d’acheteurs. Autant dire que son canard de propagande sur papier glacé, en quadri, format A3, fut un gouffre financier, les journalistes cumulant des arriérés de salaires impayés. Pendant ce temps, le Machiavel de Sassou roulait carrosse dans les rues de Paris, vivant un pied au bord de la Seine, un pied au bord du fleuve Congo.
Sans regrets
Ne peut regretter ce mercenaire de la presse que Denis Sassou-Nguesso qui a été son client le plus généreux depuis le carton du 5 juin 1997. Aucun Congolais épris de son pays ne pourra verser ses larmes pour ce profiteur qui n’a rien apporté dans le pluralisme de l’information mais plutôt couvert le pays d’une ténébreuse propagande.
Le problème est : que vont devenir ses Dépêches qui, déjà du vivant du directeur de publication, payait son personnel au lance-pierre ?
Thierry Oko
Actualités par pays
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