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Elections couplées

Elections couplées mercredi 14 septembre 2011, par Bendré

Toutes les versions de cet article :

français Que “les choses sérieuses commencent”

Les membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ont prêté serment le 05 septembre 2011 devant la Conseil constitutionnel. Cette disposition de la loi permet à la CENI de mener ses missions qui sont d’organiser et superviser les élections. La tâche la plus immédiate est l’organisation des l’élections couplées des municipales et législatives de 2012.

On se rappelle que pendant la crise au sein de la CENI et que des appels à la démission de l’équipe dirigée par le regretté Moussa Michel Tapsoba fusaient , des voix se sont élevées pour ramener l’opinion à être réaliste. Elles soutenaient qu’avec le laps de temps qu’il reste pour préparer les municipales et législatives couplées, il fallait mieux laisser travailler l’ancienne équipe.

Ce débat n’est donc plus d’actualité puisque le gouvernement a pris la décision de dissoudre la CENI et a nommé une nouvelle équipe.

Depuis le 05 septembre 2011, on peut dire comme le président de la CENI, Me Barthélemy Kéré que « les choses sérieuses commencent ».

La première chose sérieuse est de savoir si les élections programmées pour se tenir en 2012 ne vont pas créer plus de difficultés qu’elles sont censées résoudre.

Les couplages des élections permettent de réduire les coûts liés à l’organisation des scrutins. Mais savoir les types de scrutins à coupler est important. La plupart des pays d’Afrique qui se sont lancés dans cette aventure de couplage des élections ont fait le choix de coupler une élection locale à une national. Soit, les législatives couplés à la présidentielle ou les municipales couplées à la présidentielle. En République démocratique du Congo, par exemple en novembre prochain les populations seront invitées aux urnes pour les élections couplées législatives et présidentielles.

Au Burkina Faso, c’est une première fois que le pays tente l’aventure des élections couplées. Celles-ci vont concerner les municipales et les législatives. Cependant, coupler ces deux élections est une option rare pour la plupart des pays qui ont tenté des élections couplée. C’est dire donc que le Burkina Faso ne peut bénéficier de l’expérience d’autres pays pour ce faire. On pourrait dire qu’il s’agit d’un saut dans l’inconnu.

Une autre inconnue concerne les municipales. Elles tiendront compte du nouveau découpage des communes urbaines que sont Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. La première compte désormais 12 arrondissements et la seconde 7. Aujourd’hui, les infrastructures censées accompagner ces nouvelle configurations communales ne sont pas matérialisées et cela à quelques mois des élections.

Biométrique ou manuelle ?

Une préoccupation du moment est de savoir quel type de fichier sera utilisé pour ces élections. Pour les uns, il faut appliquer la méthode biométrique. Si elle a des avantages sur la transparence entre autre des scrutins, il y a des remarques à faire.

En 2008, un séminaire international s’est tenu à Ouagadougou du 02 au 04 octobre sur le thème : « Elections et nouvelles technologies de l’information et de la communication ». Ce fut une initiative du Réseau des structures nationales de gestion des élections des Etats de l’Afrique de l’ouest (RESAO). La carte d’électeur biométrique a constitué un point essentiel de la rencontre. Dans le rapport général, on lit que la méthode biométrique a un coût et qu’il faut une synergie entre les processus de rénovation de fichier électoral et la production des cartes d’identité.

Pour ne prendre que le coût, il varie par électeur entre 3 à 8 dollars, soit au moins 1 500 à 4 000 francs CFA. Si on part sur la base des 3 millions de Burkinabé qui se sont inscrits sur les listes électorales pour l’élection présidentielle de 2010, établir une carte biométrique à ces électeurs, va coûter entre 40 à 60 milliards de francs CFA. Notons que le coût ne garantit pas forcement la réussite de cette innovation. Car il y a des pratiques à observer selon M. Dunia RAMANI, expert électoral du Canada qui a donné une communication sur la technologie biométrique au cours du séminaire du RESAO. En effet, il faut faire une étude de faisabilité, s’inspirer des autres pays qui ont adopté cette méthode et l’introduire graduellement. Il y a aussi les ressources humaines à mobiliser et à former.

Aujourd’hui, en 2011, il faut revoir les coûts ci-dessous à la baisse. Certains experts pensent qu’avec 24 milliards de francs Cfa cela se pourrait. Mais réalisme pour réalisme, il faut reconnaître que dans le laps de temps avant les échéances de mai 2012, il va être difficile d’appliquer la biométrie. Cela serait jouable si les échéances sont reportées de quelques mois et si on n’y mettait les moyens.

Le silence de la classe politique et de la société civile

La classe politique reste mystérieusement silencieuse face à l’organisation des échéances à venir. La société civile, elle, n’en fait même pas une préoccupation secondaire. Pourtant, tous ont décrié le fichier électoral qui a servi aux élections présidentielles. Mieux que quiconque, elles savent que ce fichier est à reprendre entièrement. Ce qui va nécessiter un recensement pour confectionner une liste propre et transparente. Ce qui ne va pas se faire en deux jours !

Ensuite au regard de la confection des cartes nationales d’identité et leur mise à disposition qui a été folklorique avant les présidentielles de 2010, pourquoi ne pas s’interroger intelligemment sur la carte d’électeur ? Pourquoi ne pas plutôt renforcer les capacités financières et humaines de l’ONI avec une dizaine de milliards pour que tous les Burkinabé en âge de voter aient leur CNIB et que celle-ci soit le seul document de vote ?

Manifestement, au regard de énorme tâche qui attend la CENI, pour des élections libres et transparentes, un report va s’imposer. Et personne n’évoque cette situation alors que tous ont des représentants dans cette CENI. On attend et après on criera au loup !

Le report de ces élections parait une possibilité pour mieux assoire de bonnes conditions d’organisations des élections. Mais il ne faut pas reporter pour reporter. Car s’il n’ y a pas une volonté réelle des gouvernants d’organiser des élections transparentes et réalistes d’une part et d’autre part une CENI qui n’hésite pas à prendre ses responsabilités pour l’organisation de scrutins acceptables, un report ne résoudra pas le problème.

Encadré

LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES DE LA CENI

Au titre des partis et formations politiques de la majorité :

Madame I. Véronique KANDO

Monsieur Jean Yado TOE

Monsieur Maxime BANDAOGO

Monsieur Seydou OUEDRAOGO

Monsieur Adam R.ZOUGMORE

Au titre des partis et formations politiques de l’opposition :

Monsieur Joachim BAGGNAN

Monsieur Prosper W. BAKO

Monsieur Adama DERA

Monsieur Abdoul K.SANGHO

Monsieur Drissa KOMO

Au titre de la société civile :

Communautés religieuses :

Monsieur Salam Philémon SABA

Monsieur Barthelémy KERE

Monsieur Souleymane COMPAORE

Autorités coutumières :

Monsieur Bertrand N. COLOGO

Organisations de défense des droits humains :

Monsieur Soahanla Mathias TANKOANO

COMPOSITION DU BUREAU DE LA CENI

Président : Maître Barthelémy KERE

Vice président : Mme Idiéma Véronique KANDO

Vice Président : M. Jaochim BAGGNAN

Rapporteur : M. Seydou Ouédraogo

Rapporteur : M. Drissa KOMO.

Par Jean Paul Bamogo

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