Climat social à la Senelec : la CSTS hausse le ton et exige le respect des engagements sociaux
Le climat social se tend à la Senelec. Réunie au sein de la Convergence Syndicale des Travailleurs de Senelec (CSTS), qui fédère le SUTELEC, le SUDETEN, le SYNTES et le SYCAS, l’intersyndicale a affiché sa détermination au cours d’une conférence de presse organisée à l’immeuble Seydina Kane, à Sacré-Cœur Keur Gorgui. Face aux questions liées à la gouvernance de l’entreprise et de la préservation des acquis sociaux, les syndicats ont choisi de durcir leur position.
Dans une déclaration liminaire lue par Serge Louis Déthié Cissé, secrétaire général du Syndicat des cadres de Senelec (SYCAS) et membre de la CSTS, l’organisation syndicale a placé son intervention sous le sceau de la défense de la souveraineté énergétique nationale, de la sécurité électrique et de la protection de l’outil de production.
Pour la CSTS, l’avenir de Senelec repose avant tout sur les compétences de ses travailleurs qui sont sa richesse. Les syndicats estiment que le capital humain doit occuper le cœur de la gouvernance de l’entreprise afin de garantir des conditions optimales de performance et d’accompagner les ambitions nationales dans le secteur de l’énergie.
La centrale syndicale rappelle que les agents de Senelec assurent depuis des années, une mission cruciale de service public. De jour comme de nuit, dans les centrales de production, sur les réseaux de transport et de distribution, les sous-stations, les agences commerciales et les structures administratives, les travailleurs veillent à assurer la continuité de l’alimentation électrique sur l’ensemble du territoire national.
Selon la CSTS, les performances récentes de l’entreprise sont le fruit de cet engagement collectif. Elle met en avant, l’amélioration du rendement, passé de 81,9 % en 2024 à 83,1 % en 2025, la réduction de la compensation tarifaire de 46 milliards de francs CFA, la baisse des charges de 5 %, ainsi que l’évolution du bénéfice annuel, passé de 34 milliards à 36 milliards de francs CFA sur la même période.
Les syndicalistes évoquent également l’extension du réseau haute tension, dont le linéaire est passé de 580 kilomètres en 2018 à 1 678 kilomètres en 2025, et la progression de la pointe globale, passée de 560 MW en 2016 à 1 342 MW en 2026. Des résultats qui, à leurs yeux, illustrent la contribution déterminante des travailleurs à la consolidation de Senelec comme acteur -clé du secteur électrique ouest-africain.
La CSTS dénonce une situation qu’elle juge préoccupante marquée par une possible remise en cause des acquis sociaux. Les organisations syndicales, considèrent que les travailleurs ne sauraient être tenus pour responsables de difficultés résultant de facteurs extérieurs à leurs missions. Elles refusent catégoriquement que les agents deviennent les « victimes expiatoires » de contraintes financières ou de décisions auxquelles ils n’ont pris aucune part.
Tout en réaffirmant son attachement au dialogue social, la CSTS avertit qu’aucune réforme du sous-secteur de l’électricité ne pourra réussir sans une implication des travailleurs. Elle exige le respect des engagements souscrits, et la préservation des droits acquis, qu’elle considère comme le fondement de la stabilité un socle de la stabilité sociale et de la performance durable de l’entreprise.
La convergence syndicale annonce un plan d’actions progressif, responsable et unitaire. Sans exclure la voie de la concertation, elle promet une mobilisation à la hauteur des enjeux si une tentative de régression sociale venait à être confirmée.
Ousmane GOUDIABY