Burkina/Innovations technologiques : Le Faso Digital lance sa 2ᵉ édition sous le signe de l'inclusion et de la souveraineté numérique
La deuxième édition de Le Faso Digital a été officiellement lancée ce samedi 17 octobre 2026 à Ouagadougou sous le thème « Inclusion, souveraineté et innovation vers un Burkina digital pour tous. » La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence de la ministre en charge de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Aminata Zerbo/Sabané, et la coprésidence du ministre en charge de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.
Initiée par le média en ligne Lefaso.net, cette foire virtuelle, qui se tiendra jusqu’au 24 octobre 2026, ambitionne, selon le promoteur, de donner une meilleure visibilité aux innovations burkinabè et de faciliter leur appropriation par les entreprises, les institutions et les citoyens. Cette initiative répond également à la nécessité de mieux faire connaître les solutions numériques développées par les Burkinabè.
Voir les Stands ici : https://lefasodigital.net/stands
« Le Faso Digital est une initiative qui vise à se servir du numérique pour mettre en valeur les solutions digitales susceptibles de contribuer à la résilience de notre pays. Ce sont des solutions numériques proposées par des Burkinabè de tous âges pour permettre au Burkina Faso de se développer dans différents secteurs. Ces solutions existent, les compétences sont présentes, mais les innovations ne sont pas suffisamment connues. Les porteurs de projets ne disposent pas toujours d’une vitrine pour les exposer. En tant que média qui informe et met en lumière les initiatives, nous avons pensé pouvoir être utiles en proposant un espace virtuel où les concepteurs peuvent présenter leurs réalisations et les réponses qu’ils apportent aux problèmes rencontrés dans différents domaines », a expliqué le promoteur, par ailleurs fondateur du média en ligne Lefaso.net, Dr Cyriaque Paré.
Selon le promoteur, le faso digital ambitionne de donner une meilleure visibilité aux innovations burkinabè
Durant la semaine du 17 au 24 octobre 2026, les entreprises, les institutions et les porteurs de projets peuvent ainsi présenter leurs produits et services à travers des stands virtuels accessibles depuis un téléphone ou un ordinateur. Au-delà de cette exposition, le promoteur entend favoriser les rencontres entre les concepteurs de solutions et les personnes susceptibles de les utiliser ou de les accompagner. Des conférences, des panels et des masterclass sont également programmés pour approfondir les réflexions sur les enjeux du développement numérique. L’objectif est de faire de la plateforme un espace de découverte, de partage d’expériences et de mise en relation entre les acteurs de l’écosystème numérique.
Le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Louis Modeste Ouédraogo, a salué l’organisation de cette foire virtuelle, qu’il considère comme une innovation en matière de promotion des produits et services numériques. Selon lui, Le Faso Digital offre aux entreprises et aux créateurs un cadre pour présenter leurs inventions au public et mieux faire connaître les solutions qu’ils développent. Il a estimé également que cette initiative s’inscrit dans les priorités nationales, au regard de la place grandissante qu’occupe le numérique dans la modernisation de l’administration et dans le développement des entreprises privées.
Le président du CSC, Louis Modeste Ouédraogo, a salué l’organisation de cette foire virtuelle, qu’il considère comme une innovation en matière de promotion des produits et services numériques
« C’est une très belle initiative que d’organiser une foire virtuelle consacrée au digital. Cette plateforme permet aux exposants de présenter leurs créations et leurs inventions, mais également de faire connaître les innovations que les entreprises mettent à la disposition du public à travers les outils numériques. Nous saluons cette démarche parce que c’est déjà une grande innovation que de penser à organiser une foire virtuelle. C’est aussi une véritable vitrine pour la promotion des produits issus du numérique. Le développement digital de notre pays fait partie des priorités de nos dirigeants. Lorsque nous regardons les évolutions au sein de l’administration, nous constatons que la digitalisation constitue une priorité, notamment à travers les initiatives du gouvernement en faveur de l’administration électronique. Le numérique contribue à améliorer la productivité de l’administration publique, mais il permet également aux entreprises privées d’innover et de créer des emplois. Toute une économie s’est développée autour de ces activités, au point que l’on parle aujourd’hui de nouvelle économie. Le digital est donc un secteur important pour notre économie et pour notre développement », a-t-il déclaré.
Pour le président du CSC, l’intérêt de cette foire réside également dans les possibilités d’apprentissage qu’elle offre aux visiteurs. Au-delà de la découverte des innovations, les participants peuvent approfondir leurs connaissances sur des questions liées à la régulation, aux bonnes pratiques d’utilisation des outils numériques et aux comportements à adopter sur les réseaux sociaux. Il a ainsi encouragé les entreprises, les institutions et les citoyens à s’approprier cet espace virtuel.
Le thème de cette édition met l’accent sur trois enjeux majeurs à savoir l’inclusion, la souveraineté et l’innovation. Pour les organisateurs, le développement numérique ne doit pas profiter uniquement aux personnes disposant d’une bonne connexion Internet, d’équipements adaptés ou de compétences techniques avancées. Il doit également tenir compte des besoins des personnes vivant avec un handicap, des populations éloignées des grands centres urbains et de toutes les catégories sociales susceptibles de rencontrer des difficultés d’accès aux services numériques. Représentant la ministre en charge de la transition digitale, son directeur de cabinet Abdoulaye Mamboné a salué la tenue de cette deuxième édition et félicité le comité d’organisation conduit par le Dr Cyriaque Paré.
« Le thème retenu pour cette deuxième édition est particulièrement pertinent. Il nous invite à dépasser la seule question du développement technologique pour réfléchir à la finalité de notre transformation numérique. Pour qui construisons-nous le numérique et comment pouvons-nous faire en sorte que ses bénéfices profitent réellement à l’ensemble de nos concitoyens ? L’inclusion numérique consiste à ne laisser personne de côté. Le numérique ne doit pas accentuer les inégalités existantes ; au contraire, il doit contribuer à les réduire. Nous devons veiller à ce que les jeunes, les femmes, les populations vivant dans les zones éloignées et les personnes vivant avec un handicap puissent accéder davantage aux services numériques et utiliser les technologies pour apprendre, entreprendre et développer leurs activités. Une technologie utile est une technologie qui permet à une personne d’accéder plus facilement à un service, à une information, à une formation ou à une opportunité économique », a-t-il déclaré.
Lire aussi : Le Faso Digital : 6 000 visiteurs pour une première édition qui marque les esprits
Abdoulaye Mamboné a également insisté sur la souveraineté numérique, présentée comme une condition de l’autonomie technologique du pays, car, poursuit-il, le Burkina Faso doit renforcer ses compétences nationales, soutenir la conception de solutions locales, mieux maîtriser ses infrastructures et protéger ses données. Cette ambition suppose une mobilisation de l’État, des entreprises, des universités, des centres de recherche et des jeunes innovateurs. Le numérique ne doit pas faire des Burkinabè de simples consommateurs de technologies conçues ailleurs, mais leur permettre de devenir des concepteurs, des développeurs et des producteurs de connaissances. Le troisième axe, celui de l’innovation, doit privilégier des solutions concrètes, adaptées aux réalités nationales et capables de répondre aux besoins dans l’éducation, la santé, l’agriculture, les services publics, la finance et l’entrepreneuriat.
Abdoulaye Mamboné, le directeur de cabinet du ministre en charge de la transition digitale a encouragé les porteurs de projets et les partenaires à poursuivre leurs efforts pour faire émerger des solutions viables
Saluant les 201 candidatures enregistrées au concours national d’innovation digitale, la ministre, à travers son représentant, a encouragé les porteurs de projets et les partenaires à poursuivre leurs efforts pour faire émerger des solutions viables. L’objectif ne doit pas se limiter à distinguer les meilleurs projets, mais aussi à favoriser leur financement, leur accompagnement et leur adoption par les utilisateurs. Il a par ailleurs appelé les entreprises à s’intéresser davantage aux innovations locales, susceptibles d’améliorer leur productivité et leur compétitivité.
Le ministre en charge de la communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, représenté également par son directeur de cabinet Sy Christian Innocent Ouattara, a pour sa part salué une initiative située au croisement de la transformation numérique et de l’évolution des pratiques de communication. Il a souligné que Le Faso Digital constitue un espace de rencontre entre les institutions publiques, les entreprises, les start-up, les chercheurs, les médias, les acteurs culturels, les étudiants et les promoteurs de projets. Pour lui, cette diversité permet de valoriser les talents, de favoriser le dialogue et de faire émerger des solutions répondant aux besoins du Burkina Faso.
« Le Faso Digital constitue bien plus qu’un rendez-vous consacré aux technologies. C’est un espace de rencontres et d’échanges entre les institutions publiques, les entreprises, les start-up, les chercheurs, les médias, les acteurs culturels, les étudiants et les promoteurs de projets. Il favorise l’expression de l’innovation, la valorisation des talents et l’émergence de solutions adaptées aux besoins de notre pays. Le parcours de Lefaso.net nous rappelle qu’une innovation naît d’une vision, mais aussi de la volonté de répondre à un besoin concret. Il démontre également qu’un média peut contribuer à la transformation de la société, non seulement par l’information qu’il diffuse, mais aussi par les initiatives qu’il porte et les espaces de dialogue qu’il crée. À cet égard, je voudrais saluer l’ensemble des acteurs de la presse, de la communication et du numérique, dont l’engagement est essentiel pour favoriser une information de qualité et accompagner les mutations de notre société », a déclaré le représentant du ministre de la Communication.
Le département en charge de la communication a par ailleurs insisté sur les défis liés à la circulation de l’information dans l’environnement numérique, notamment la désinformation, la manipulation des contenus et les discours de haine. Face à ces risques, il a appelé les professionnels des médias à renforcer la vérification des faits, l’éthique et la responsabilité, tout en développant l’éducation aux médias et à l’information. L’essor de l’intelligence artificielle offre de nouvelles possibilités de production et de diffusion des contenus, mais ne saurait remplacer le discernement humain. Le ministre en charge de la communication, par la voix de son directeur de cabinet, a également mis en avant les opportunités du numérique pour la culture, les arts et le tourisme, en particulier la valorisation du patrimoine, des traditions et des langues nationales. Pour lui, un numérique véritablement inclusif doit aussi être accessible dans des langues que les citoyens comprennent et utilisent.
De son côté, le parrain de cette deuxième édition, Issifou Sorgo, président de SOBATIC SAS, a justifié son engagement par l’importance du numérique dans la participation des personnes handicapées à la vie économique et sociale.
« J’ai accepté de parrainer cette édition parce que le digital est, pour la personne vivant avec un handicap, l’outil qui lui manquait pour collaborer efficacement avec le reste du monde. Le thème de cette année, qui met l’accent sur l’inclusion, la souveraineté et l’innovation pour un Burkina digital pour tous, me parle particulièrement. L’inclusion doit prendre en compte la personne en situation de handicap, celui qui ne peut pas parler, celui qui n’entend pas, mais aussi celui qui ne dispose pas d’une bonne connexion Internet. C’est également le combat que nous menons à SOBATIC, qui est de travailler à rendre le numérique accessible à tout le monde. L’innovation ne doit pas seulement consister à créer de nouvelles technologies, elle doit aussi permettre de lever les obstacles qui empêchent certaines personnes d’accéder aux mêmes opportunités que les autres », a-t-il soutenu.
« L’innovation ne doit pas seulement consister à créer de nouvelles technologies, elle doit aussi permettre de lever les obstacles qui empêchent certaines personnes d’accéder aux mêmes opportunités que les autres », a souligné le parrain, Issifou Sorgo
Issifou Sorgo a également rappelé sa participation à la première édition de Le Faso Digital, au cours de laquelle il avait animé une conférence sur les outils numériques susceptibles de faciliter la vie des personnes handicapées. Sa présence à cette deuxième édition traduit, selon lui, la nécessité de poursuivre les réflexions sur l’accessibilité et de promouvoir des solutions adaptées aux réalités des populations.
L’enjeu est de permettre aux personnes handicapées d’accéder à l’information, à la formation, aux services et aux opportunités économiques dans des conditions plus équitables. Pour cette deuxième édition, Le Faso Digital a choisi le Rwanda comme pays invité d’honneur. Cette participation du pays des mille collines vise à encourager les échanges entre les écosystèmes numériques burkinabè et rwandais, à partager les expériences en matière de gouvernance numérique et à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération. La présence du Rwanda illustre aussi la volonté des organisateurs de faire de la foire un espace de dialogue dépassant les frontières nationales, afin que les acteurs africains puissent s’inspirer de leurs expériences respectives et renforcer leurs capacités d’innovation. Hanifa Koussoubé Lefaso.net
À lire aussi
Actualités par pays
Actualités par pays
WS-MySite!
Votre site pro en ligne, sans compétence technique.
- Créez & gérez vous-même
- Hébergement inclus