« Afrique en Ville »: concerts, danse et débats à Lausanne le 29 août
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Le 29 août, Afrique en Ville transformera le parc de Valency, à Lausanne, en scène ouverte aux cultures du continent et de ses diasporas. Concerts, danse, débats et gastronomie y défendront une idée simple: rendre visible une présence africaine inscrite depuis longtemps dans la ville.
Pendant une journée, l’Afrique s’installera au parc de Valency sans chercher à se laisser enfermer dans une représentation unique. De 10 heures à minuit, le festival Afrique en Ville réunira musiciens, danseurs, associations, artisans et intervenants autour d’un programme où la fête doit aller de pair avec la discussion.
La manifestation est née dans le quartier de Prélaz-Valency, marqué par une importante diversité culturelle. Dès ses premières éditions, elle s’est donné pour objectif de mieux faire connaître les habitants originaires de différents pays africains et de créer des liens avec le reste de la population lausannoise. Cette implantation locale distingue Afrique en Ville des grands festivals internationaux qui convoquent l’Afrique comme un thème extérieur. Ici, le continent est présent à travers celles et ceux qui vivent déjà dans la ville.
Soutenu au fil des années par les structures socioculturelles du quartier et par les dispositifs lausannois consacrés à l’intégration, le rendez-vous combine programmation artistique et réflexion civique. Concerts, projections, lectures, spectacles de danse et conférences ont progressivement construit son identité. La formule 2026 prolonge cette orientation tout en accordant une place importante aux musiques actuelles.
De l’afrobeat au sabar
La programmation annoncée traverse plusieurs styles, parmi lesquels l’afrobeat, l’amapiano et les musiques afro-mandingues. Ces catégories recouvrent des histoires différentes. L’afrobeat plonge ses racines dans le Nigeria de Fela Kuti et dans la rencontre entre funk, jazz, rythmes yoruba et contestation politique. L’amapiano, né dans les townships sud-africains, s’est imposé en quelques années sur les scènes internationales grâce à ses lignes de basse profondes et à ses constructions électroniques immédiatement reconnaissables.
Les traditions sénégalaises seront notamment représentées par Ndongo Beye, musicien, danseur et pédagogue associé à plusieurs projets de transmission culturelle en Suisse. Il animera des ateliers de percussions et de danse sabar. Au Sénégal, le mot désigne à la fois un ensemble de tambours, une musique et une pratique dansée. Le sabar repose sur un dialogue étroit entre le percussionniste et le danseur: le rythme ne se contente pas d’accompagner le mouvement, il lui répond et le relance.
La chanteuse camerounaise Teety Tezano figure également parmi les artistes annoncés. Révélée au sein du groupe Macase avant de poursuivre une carrière personnelle, elle évolue entre soul, afro-pop et influences camerounaises. Sa présence correspond à l’esprit d’un festival qui ne sépare pas rigoureusement héritage et création contemporaine.
Des DJ et d’autres formations compléteront cette traversée musicale. Le passage d’une esthétique à l’autre doit donner à entendre la circulation actuelle des sons africains, désormais produits, diffusés et transformés entre les métropoles du continent et celles de la diaspora.
La fête comme espace civique
Afrique en Ville ne se limite pourtant pas à une scène musicale. Les débats annoncés, notamment autour du racisme et de la place des populations afrodescendantes, rappellent que la visibilité culturelle ne suffit pas à faire disparaître les inégalités. La musique, la danse ou la cuisine peuvent favoriser la rencontre, mais elles ne doivent pas servir à contourner les questions plus difficiles concernant les discriminations, la représentation ou l’accès à la parole publique.
C’est précisément l’intérêt du format choisi. Dans un parc ouvert, les discussions ne sont pas réservées aux spécialistes. Elles s’inscrivent dans une journée où l’on peut aussi assister à un concert, découvrir un stand associatif, rencontrer un artisan ou participer à un atelier. La culture devient alors une manière d’occuper l’espace commun et d’y faire entendre des expériences qui restent souvent peu visibles.
Le marché et les propositions culinaires contribueront à cette circulation. Leur présence ne relève pas d’un simple folklore décoratif. Les recettes, les tissus, les objets et les gestes artisanaux racontent eux aussi des trajectoires familiales, des échanges et des adaptations.
En plaçant cette diversité au cœur d’un quartier lausannois, Afrique en Ville formule une proposition qui dépasse le temps du festival. Il ne s’agit pas seulement d’inviter le public à «découvrir l’Afrique», mais de reconnaître la part africaine de Lausanne elle-même. Le parc de Valency devient ainsi, pendant une journée, le lieu où cette réalité peut se montrer, se discuter et surtout se partager.
Informations pratiques
Date: samedi 29 août 2026
Horaires: de 10 heures à minuit
Lieu: esplanade du parc de Valency, Lausanne, Suisse
Programme: concerts, DJ sets, danse, percussions, débats, marché et gastronomie
Artistes annoncés: Ndongo Beye, Teety Tezano et plusieurs artistes invités
Tarif: entrée libre
Public: tous publics
Informations: canaux officiels du festival Afrique en Ville et de ses associations partenaires
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