Le syndrome du « voleur de poules »
(Editorial de Soumana Idrissa Maïga, Quotidien L’Enquêteur du Vendredi 31 Juillet 2026)
Il est des justices expéditives et des clémences assourdissantes. Dans notre pays, volez une poule, un vélo, ou subtilisez un téléphone à la volée, et les portes de la prison se refermeront sur vous avec une implacable célérité. Le petit délinquant ou le lampiste, lui, n'a droit ni aux atermoiements de la procédure, ni à la présomption de bonne foi. Il paie au prix fort sa faute.
Mais hissez-vous au sommet de l'appareil d'État, portez un costume ou un boubou sur mesure, et la rigueur de la loi semble soudain s'évaporer. C'est le terrible « syndrome du voleur de poules », une asymétrie révoltante qui mine profondément le pacte social.
Les récentes investigations de l’Inspection Générale d’État (IGE) sont à cet égard édifiantes. Qu’il s’agisse des fouilles menées à l’ex-Assemblée nationale, au CCR ou au sein de projets de développement comme le PIDUREM, les limiers ont mis à jour des sommes indûment perçues. Pourtant, à ce stade, la seule contrainte pesant sur ces ‘’prédateurs’’ à col blanc se résume à une bienveillante injonction : rembourser les trop-perçus.
Est-ce là la justice que nous voulons ? Le remboursement n'est pas une sanction pénalisante ; ce n'est que la stricte restitution d'un butin. Si un braqueur est arrêté, la République se contente-t-elle de lui demander de rendre les billets en échange de sa liberté ? Évidemment non. Alors pourquoi cette complaisance envers ceux qui braquent la nation de l'intérieur ?
Exiger uniquement la restitution des deniers publics détournés, c'est instituer une forme de crédit à taux zéro sur le dos du contribuable, avec, dans le pire des cas, l'obligation de rendre l'argent uniquement si l'on se fait prendre. C'est, ni plus ni moins, un encouragement au crime économique.
Il est impératif que des poursuites judiciaires pénales accompagnent et appuient ces recouvrements. Le glaive de la justice doit frapper avec la même sévérité, qu'il s'abatte sur le paria des rues ou sur le grand commis de l'État. C'est à ce prix que l'assainissement moral de la vie publique sous la Refondation prendra tout son sens. La prison ne doit plus être l'apanage exclusif des ‘’miséreux’’.
Il est des justices expéditives et des clémences assourdissantes. Dans notre pays, volez une poule, un vélo, ou subtilisez un téléphone à la volée, et les portes de la prison se refermeront sur vous avec une implacable célérité. Le petit délinquant ou le lampiste, lui, n'a droit ni aux atermoiements de la procédure, ni à la présomption de bonne foi. Il paie au prix fort sa faute.
Mais hissez-vous au sommet de l'appareil d'État, portez un costume ou un boubou sur mesure, et la rigueur de la loi semble soudain s'évaporer. C'est le terrible « syndrome du voleur de poules », une asymétrie révoltante qui mine profondément le pacte social.
Les récentes investigations de l’Inspection Générale d’État (IGE) sont à cet égard édifiantes. Qu’il s’agisse des fouilles menées à l’ex-Assemblée nationale, au CCR ou au sein de projets de développement comme le PIDUREM, les limiers ont mis à jour des sommes indûment perçues. Pourtant, à ce stade, la seule contrainte pesant sur ces ‘’prédateurs’’ à col blanc se résume à une bienveillante injonction : rembourser les trop-perçus.
Est-ce là la justice que nous voulons ? Le remboursement n'est pas une sanction pénalisante ; ce n'est que la stricte restitution d'un butin. Si un braqueur est arrêté, la République se contente-t-elle de lui demander de rendre les billets en échange de sa liberté ? Évidemment non. Alors pourquoi cette complaisance envers ceux qui braquent la nation de l'intérieur ?
Exiger uniquement la restitution des deniers publics détournés, c'est instituer une forme de crédit à taux zéro sur le dos du contribuable, avec, dans le pire des cas, l'obligation de rendre l'argent uniquement si l'on se fait prendre. C'est, ni plus ni moins, un encouragement au crime économique.
Il est impératif que des poursuites judiciaires pénales accompagnent et appuient ces recouvrements. Le glaive de la justice doit frapper avec la même sévérité, qu'il s'abatte sur le paria des rues ou sur le grand commis de l'État. C'est à ce prix que l'assainissement moral de la vie publique sous la Refondation prendra tout son sens. La prison ne doit plus être l'apanage exclusif des ‘’miséreux’’.
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