Tensions à Nouakchott : Le leader anti-esclavagiste Biram Dah Abeid hospitalisé après la dispersion d’une manifestation
Par Rapide info — Publié le 1er juillet 2026
Nouakchott, Mauritanie — Le climat politique s’est brutalement tendu ce mercredi après-midi dans la capitale mauritanienne. Le député et président de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Biram Dah Abeid, ainsi que plusieurs de ses proches et militants, ont été admis d’urgence à l’hôpital national suite à l’intervention musclée des forces de l’ordre devant le palais de justice de Nouakchott-Ouest.
Un sit-in de soutien qui bascule
Il est aux alentours de 15h30 lorsque le rassemblement, jusqu’ici marqué par des slogans pacifiques, vire à l’affrontement. Venus massés devant le tribunal, les militants de l’IRA et les sympathisants d’opposition entendaient faire bloc derrière les députées Mariam Cheikh Dieng et Ghamou Achour, convoquées à une audience de suivi après leur condamnation, le 4 mai dernier, à quatre ans de prison ferme — une affaire qui continue de cristalliser les tensions dans le pays.
Dans la foule, les poings levés s’accompagnaient de refrains clairs : » Libérez les deux députées et les autres prisonniers », « Non à l’injustice « , réclamant également la libération de la journaliste Warda.
Mais le face-à-face avec les forces de sécurité a rapidement tourné court. Selon les cadres du mouvement abolitionniste, la police a fait un usage massif de gaz lacrymogènes et de la force physique pour disperser la foule qui encerclait le périmètre du tribunal.
Des blessés dans les rangs de l’opposition
Le bilan de la charge est lourd pour le parti d’opposition. Biram Dah Abeid, figure de proue de la lutte contre l’esclavage et ancien candidat à la présidentielle, a été directement touché lors des heurts. Quelques minutes après les incidents, une photographie partagée en boucle par les activistes de l’IRA montrait le leader sur un lit d’hôpital, entouré de ses proches venus s’enquérir de son état de santé.
Son épouse, Leïla Ahmed Khalifa, a elle aussi été blessée au cours de la charge policière et évacuée vers les structures de soins.
» Plusieurs responsables et militants du mouvement ont été admis à l’hôpital national suite à la violence de l’intervention « , déplore un communiqué d’IRA-Mauritanie, dénonçant une dérive sécuritaire face à un sit-in pacifique.
Un contexte politique sous haute surveillance
Cette nouvelle confrontation marque un durcissement manifeste du bras de fer entre le pouvoir mauritanien et l’opposition réformatrice. Le cas des députées Dieng et Achour est devenu le symbole, pour les organisations de défense des droits humains, d’une restriction progressive de l’espace démocratique et de la liberté d’expression en Mauritanie.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, les autorités de Nouakchott n’ont pas encore émis de déclaration officielle concernant l’usage de la force ou le bilan des blessés. Le périmètre du palais de justice reste, quant à lui, sous haute surveillance policière.
Article publié le mercredi 1 juillet 2026
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