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Sécurité en Afrique : le Mali plaide l'autonomie à Kigali

Sécurité en Afrique : le Mali plaide l'autonomie  à Kigali
Le 12 août 2026 à Kigali, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a plaidé, devant la Conférence internationale sur la sécurité en Afrique (ISCA), pour une plus grande autonomie sécuritaire du continent. Un appel à la souveraineté qui contraste avec la dépendance persistante de Bamako aux mercenaires russes de l'Africa Corps.

Le Mali plaide pour une souveraineté sécuritaire africaine Devant plus de 300 délégués venus de cinquante pays, réunis au Kigali Convention Centre, le chef de la diplomatie malienne a placé la souveraineté au cœur de son intervention. Il a défendu une sécurité fondée sur la maîtrise technologique et la coopération régionale, à l'heure des drones, des systèmes autonomes et de l'intelligence artificielle. Bamako a mis en avant l’Alliance des États du Sahel (AES) et sa Force unifiée, censée agir sans dépendre de financements extérieurs.
Une autonomie affichée, une dépendance russe assumée Ce discours bute pourtant sur une réalité de terrain. Depuis le départ des forces onusiennes et de plusieurs partenaires régionaux, la junte s'appuie sur un contingent estimé entre 1 000 et 2 500 hommes de l'Africa Corps russe. L'autonomie revendiquée à Kigali repose, sur le terrain, sur une force étrangère.
Un appui russe qui n'a pas enrayé la crise Et le bilan interroge. En avril 2026, une offensive coordonnée du JNIM et des rebelles du FLA, décrite comme sans précédent, a frappé simultanément plusieurs villes ; Kidal est tombée sans que l'armée ni l'Africa Corps n'anticipent l'assaut. Depuis septembre 2025, le blocus jihadiste sur les convois de carburant asphyxie Bamako, contraignant les autorités à suspendre écoles et universités et à rationner l'électricité. La sécurité promise n'est pas au rendez-vous. Et l’autonomie sécuritaire encore moins.
Le Rwanda, hôte d'un message assumé L'ISCA, portée par Kigali, défend une idée simple : l'avenir du continent « ne peut être externalisé ». Le modèle malien, qui délègue sa sécurité à un partenaire extérieur, illustre l'impasse que le Rwanda dénonce. Prôner l'autonomie tout en dépendant de mercenaires étrangers russes relève de la contradiction.
Comment parler d'autonomie sécuritaire quand la survie d'un État repose encore sur des combattants venus d'ailleurs ?

F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info

Sources : 
- Afrik.com, « À Kigali, le Mali appelle à une autonomie africaine face aux menaces sécuritaires », 12 août 2026
- Malijet, « À Kigali, le Mali appelle l'Afrique à conquérir son autonomie stratégique face aux nouvelles technologies de guerre », 12 août 2026
- Centre d'études stratégiques de l'Afrique, « Les attaques au Mali s'inscrivent dans une trajectoire prolongée de dégradation sécuritaire », mai 2026

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