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Burkina Faso : l'armée accusée de représailles me urtrières à Dori

Burkina Faso : l'armée accusée de représailles me urtrières à Dori
Dans la région du Sahel burkinabè, des habitants accusent l'armée d'avoir tué des civils en représailles, le 4 août 2026, après une attaque djihadiste contre un convoi minier sur la route de Dori. Les villageois d'Alkoma et de Sambonaye dénombrent au moins 48 morts. Ni l'armée ni les autorités de transition n'ont réagi.

Un revers militaire, puis la violence retournée contre les civils Le mardi 4 août 2026, un convoi de ravitaillement à destination de la mine d'Essakane, la plus grande mine d'or du Burkina Faso, a sauté sur un engin explosif improvisé sur la route de Dori. L'attaque a fait une dizaine de morts et une quinzaine de blessés parmi les militaires. Plutôt que de traquer les auteurs de l'attentat, les soldats se sont retournés contre un bus et des véhicules civils arrivant en sens inverse. Selon un passager, ils ont immobilisé les automobilistes, frappé les hommes à coups de ceinturon, puis marché sur les villages voisins d'Alkoma et de Sambonaye.
Au moins 48 morts selon les habitants Les villageois racontent avoir entendu l'explosion, puis vu arriver des militaires qui les accusaient d'être complices des djihadistes : leur imputant, en somme, la perte de leurs propres camarades. Un homme affirme avoir perdu quatre fils, âgés de 14 à 24 ans, tués dans son champ. « C'est la période hivernale : le matin, tout le monde est au champ », témoigne un autre habitant. Les rescapés dénombrent au moins 48 morts, un bilan non confirmé de source indépendante. Ni l'armée ni le gouvernement burkinabè n'ont réagi ; une source sécuritaire a seulement confirmé l'attaque du convoi.
Une armée qui frappe la population qu'elle doit protéger Le procédé n'a rien d'isolé. Arrivée au pouvoir par le coup d'État de septembre 2022 en promettant de rétablir la sécurité, la junte du capitaine Ibrahim Traoré laisse ses forces reporter sur les civils le prix de leurs revers. Human Rights Watch a documenté au moins 1 837 civils tués entre janvier 2023 et août 2025, dont au moins 1 255 attribués à l'armée et à ses supplétifs russes, et décrit un ciblage de la communauté peule relevant du crime de guerre. À Dori, les victimes présumées ne posaient pas de bombes : elles cultivaient leurs champs.
Faute de neutraliser ceux qui les frappent, les forces burkinabè font des paysans les boucs émissaires de leurs propres échecs : qui restera-t-il alors pour protéger les civils du Sahel ?

F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info

Sources : 
- Human Rights Watch, « Personne ne pourra s'échapper » (None Can Run Away), rapport publié le 2 avril 2026
- Human Rights Watch, Rapport mondial 2026, chapitre Burkina Faso

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