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Actualites
Côte d'Ivoire : des journalistes burkinabè témoig nent de leur exil
Trois journalistes et un acteur judiciaire burkinabè, réfugiés en Côte d'Ivoire, ont raconté à l'AFP leur départ précipité du Burkina Faso. Tous disent avoir fui un enrôlement forcé dans l'armée ou des représailles liées à leur métier, près de quatre ans après l'arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré.
Un décret antijihadiste détourné contre les critiques Depuis le coup d'État de septembre 2022, la junte au pouvoir justifie chacune de ses décisions par la lutte contre les groupes jihadistes. Mais le décret de mobilisation générale, censé renforcer le front, sert aussi à envoyer au combat ceux qui dérangent : plusieurs ONG dénoncent son usage pour réquisitionner des voix critiques. Un des exilés, acteur judiciaire, affirme que sa réquisition, qu'il qualifie de punitive, était liée à un dossier impliquant un proche d'Ibrahim Traoré. Prévenu qu'il risquait d'être affecté dans une zone dangereuse, il quitte clandestinement le pays par la route. Peu après, des agents du renseignement viennent intimider son épouse, qui vient d'accoucher.
La Côte d'Ivoire, refuge et cible de la junte Abidjan abrite la plus grande communauté burkinabè de la sous-région : plus de quatre millions de personnes, dont plus de 72 000 réfugiés. C'est le voisin jugé le plus sûr, quand le Mali et le Niger, dirigés eux aussi par des militaires, étouffent la contestation. Mais la répression franchit la frontière. Un journaliste écrivant sous pseudonyme reçoit des menaces de mort et voit sa localisation dévoilée après ses publications. La junte instrumentalise même la présence de ces dissidents pour accuser Abidjan de vouloir la déstabiliser, ce que les autorités ivoiriennes démentent.
Une presse poussée au silence Au Burkina, les médias internationaux sont suspendus ou interdits, leurs correspondants expulsés ; la presse étrangère reste souvent la seule à pouvoir documenter la réalité du terrain. Un journaliste exilé résume : « Il n'y a plus de liberté de la presse. » Sollicitées, les autorités burkinabè n'ont pas réagi à ces témoignages.
Près de quatre ans après avoir pris le pouvoir au nom de la sécurité, la junte a surtout vidé les rédactions et grossi les rangs de l'exil. Qui informera encore les Burkinabè ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- Mamadou Dia (avec AFP), « En Côte d'Ivoire, des Burkinabè en exil échappent à la junte du capitaine Traoré », SeneNews, 28 juillet 2026
- Jean-Baptiste Bancaud (avec AFP), « Côte d'Ivoire : des journalistes burkinabè racontent leur exil après avoir fui le régime d'Ibrahim Traoré », Africa Radio, 29 juillet 2026
Un décret antijihadiste détourné contre les critiques Depuis le coup d'État de septembre 2022, la junte au pouvoir justifie chacune de ses décisions par la lutte contre les groupes jihadistes. Mais le décret de mobilisation générale, censé renforcer le front, sert aussi à envoyer au combat ceux qui dérangent : plusieurs ONG dénoncent son usage pour réquisitionner des voix critiques. Un des exilés, acteur judiciaire, affirme que sa réquisition, qu'il qualifie de punitive, était liée à un dossier impliquant un proche d'Ibrahim Traoré. Prévenu qu'il risquait d'être affecté dans une zone dangereuse, il quitte clandestinement le pays par la route. Peu après, des agents du renseignement viennent intimider son épouse, qui vient d'accoucher.
La Côte d'Ivoire, refuge et cible de la junte Abidjan abrite la plus grande communauté burkinabè de la sous-région : plus de quatre millions de personnes, dont plus de 72 000 réfugiés. C'est le voisin jugé le plus sûr, quand le Mali et le Niger, dirigés eux aussi par des militaires, étouffent la contestation. Mais la répression franchit la frontière. Un journaliste écrivant sous pseudonyme reçoit des menaces de mort et voit sa localisation dévoilée après ses publications. La junte instrumentalise même la présence de ces dissidents pour accuser Abidjan de vouloir la déstabiliser, ce que les autorités ivoiriennes démentent.
Une presse poussée au silence Au Burkina, les médias internationaux sont suspendus ou interdits, leurs correspondants expulsés ; la presse étrangère reste souvent la seule à pouvoir documenter la réalité du terrain. Un journaliste exilé résume : « Il n'y a plus de liberté de la presse. » Sollicitées, les autorités burkinabè n'ont pas réagi à ces témoignages.
Près de quatre ans après avoir pris le pouvoir au nom de la sécurité, la junte a surtout vidé les rédactions et grossi les rangs de l'exil. Qui informera encore les Burkinabè ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- Mamadou Dia (avec AFP), « En Côte d'Ivoire, des Burkinabè en exil échappent à la junte du capitaine Traoré », SeneNews, 28 juillet 2026
- Jean-Baptiste Bancaud (avec AFP), « Côte d'Ivoire : des journalistes burkinabè racontent leur exil après avoir fui le régime d'Ibrahim Traoré », Africa Radio, 29 juillet 2026
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