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Cameroun : la décentralisation en marche forcée depuis 26 ans - Journal du Cameroun

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Après l’adoption de ce système de gouvernance par le Renouveau via la révision constitutionnelle du 18 janvier 1996, son aboutissement reste attendu. Depuis la promulgation de la loi N°96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 2 juin 1972, la décentralisation est instituée au Cameroun. « La République du Cameroun est un État unitaire décentralisé », précise l’article 1 alinéa 2 de la loi constitutionnelle en vigueur. Mais, cette forme de gouvernance qui consiste pour le pouvoir central à octroyer l’autonomie administrative, financière, les compétences et les ressources aux collectivités locales, reste un processus inachevé depuis 26 ans.

En effet, c’est indéniable, le dispositif juridique et  institutionnel présente des avancées dans ce processus. C’est le cas de son introduction, de sa reconnaissance dans la constitution, laquelle prévoit que les communes et les régions sont les collectivités territoriales décentralisées. Les lois de 2004 et le code général des collectivités territoriales décentralisées de 2019 reprennent ces dispositions avec plus de précisions.










Seulement, dans les faits, l’on observe des lourdeurs dans la mise en place des institutions de la décentralisation. Les communes fonctionnent bien avant l’instauration de la décentralisation, mais la main du pouvoir central continue de contrôler l’opportunité de leurs actes jusqu’à une date récente. Les nouvelles lois ont donné plus d’autonomie aux communes dans les grandes villes, en instituant les maires de villes élus dans les 14 communautés urbaines à la place des délégués du gouvernement nommés.

Le Sénat, deuxième Chambre  du Parlement qui représente les collectivités locales, est fonctionnel depuis 2013, soit 17 ans après sa création. Les régions ne commencent à fonctionner qu’après les premières élections régionales du  6 décembre 2020, soit 24 ans après. En 2022, deux ans plus tard, les exécutifs régionaux mis en place peinent à prendre leurs marques sur le terrain. Les populations attendent encore de voir à quoi servent les régions.

Pour en arriver là, il a fallu que la crise anglophone dégénère. Le régime a attendu que certains Camerounais revendiquent depuis 2016, l’indépendance de « l’Ambazonie »  constituée des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en raison des frustrations. Pour tenter de donner une réponse à cette crise qui perdure, le Grand Dialogue tenu du 30 septembre au 4 octobre 2019 a prescrit l’accélération du processus. Du coup, contre la volonté du régime, plusieurs actions sont accomplies dans la précipitation, notamment le don du statut spécial aux régions dites anglophones.

Toutes ces lenteurs trouvent leur origine dans la volonté politique de conserver le pouvoir ainsi que tous ses bénéfices au sommet. Ainsi, durant la période 1996-2020, le gouvernement a appuyé sur  le frein, refusant de transférer les compétences et ressources aux collectivités locales malgré la clarté des  textes de 2004 et celui de 2019. Jusqu’à présent, des compétences restent non transférées aux communes et aux régions. Cerise sur le gâteau, sur le terrain,  les conflits de compétence existent entre les exécutifs communaux et les autorités administratives dont certains sont chargés d’assurer la tutelle de l’Etat.
















Article publié le vendredi 4 novembre 2022
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