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 : Politique mercredi 6 juin 2012, par Bendré

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français Le maire, Bassinko et le CDP

Le jeudi 31 mai 2012 dans l’après midi, les militants du Congrès pour la démocratie et le progrès ont rencontré le maire de l’arrondissement de Boulmiougou dans le but d’aplanir un différend qui les oppose. A cette rencontre, les participants ont cru qu’il y aurait une possibilité de résoudre de façon concertée et paisible un problème de désignation des représentants. Mais ... La tension est, selon certains, toujours vive à la sous section du CDP de Bassinko particulièrement à l’arrondissement n°8.

Le samedi 26 mai dernier, les esprits se sont mesurés à la chaleur du jour ; l’ambiance a été électrique au sein des militants du Congrès pour la Démocratie et le Progrès de Bassinko. Ce qui les divise : le mode de désignation des représentants du secteur 36 au sein du bureau de la sous-section du CDP du 8e arrondissement de la ville de Ouagadougou. Au cours de cette réunion pour laquelle, on a battu le rappel des troupes, on a failli en venir aux mains et à des gourdins. D’aucuns étaient prêts à en découdre avec Johany Ouédraogo l’actuel maire de Boulmiougou (désignés par le parti CDP, pour organiser le Parti dans l’arrondissement 8) et envisageaient une descente musclée dans son bureau à la mairie de Boulmiougou. On a même invoqué les mannes des ancêtres pour punir tous ceux qui seraient tentés de trahir l’esprit des groupes. Pour dire vrai, nous avons craint le pire.

La prime à l’instrumentalisation ?

La question que les habitants du village se posent, c’est celle de savoir comment, ils sont arrivés à de telles extrémités entre militants d’un même parti ! On s’étonne que les militants du CDP, soient prêts à s’affronter à coups de poings et de gourdins. Après analyse, certains trouvent des explications dans « l’apprentissage difficile » de la démocratie à la base. Les bagarres seraient une collusion entre des « démocrates » ad litera et des « antidémocrates » qui auraient horreur des changements.

Au commencement de ce saut d’humeur intra parti, l’installation des cellules de base. Au niveau des cellules de bases du CDP, un certain nombre de structures devraient être mises en place : notamment les comités de base des secteurs et les sous sections des arrondissements. A Bassinko, le problème serait lié au fait que le CDP a confié à Johany Ouédraogo, maire de Boulmiougou le pilotage de la mise en place des bureaux de sections et de sous sections dans l’arrondissement n°8. Selon certains, Johany qui est en train de finir le mandat de Séraphine voudrait ensuite avoir son mandat à lui (il est prince de Zagtouli, village qui fait partie de l’arrondissement 8). Pour être sûr de se faire élire au temps opportun, le maire, ferait tout pour placer ses hommes à lui. Le problème, il aurait choisi des gens qui ne seraient pas crédibles vis-à-vis de certains militants. Il semblerait que ce soit les motifs des problèmes à Bassinko, à Silmiougou, à Dar salam et à Zongo où une conseillère municipale a été molestée et déshabillée jusqu’à la tenue d’Adam. Les adversaires du maire l’accusent de s’appuyer sur des escrocs, des gens aux casiers judiciaires salis, ou bien sur des fils de chefs comme lui.

Au départ de la crise

Johany Ouédraogo en tant que secrétaire général de la section CDP de Boulmiougou a reçu sur sa table, deux listes différentes pour le même comité de base du parti au niveau du secteur 36, territoire de Bassinko. Selon les explications du maire, après réception des deux listes, il les a transmis au « sommet ». Avec deux listes, il aurait été question de faire un arbitrage pour équilibrer les positions. Cet équilibrage a donné une liste de noms qu’une des parties récuse fortement. On accuse le maire d’avoir orchestré l’établissement de la second liste avec à la clé ses hommes de main au détriment d’une partie.

Mis devant ces différentes accusations, le maire nie toute implication et toute responsabilité. Selon les explications que nous avons reçues, la population militante du CDP des secteurs de l’arrondissement a été sollicitée pour désigner de façon consensuelle et démocratique ses représentants dans les bureaux de base et de sous section. Mais dans la majeure partie des cas, les militants sont restés divisés et par conséquent, on s’est retrouvé avec deux listes pour le secteur 36. Cette division est rentrée dans les familles dans le village avec une stratégie de cooptation de part et d’autre, des vieux, des responsables et des leaders d’opinion du village. Le maire, en tout cas, insiste sur sa volonté de sauvegarder la quiétude et l’entente.

Sous l’angle des positionnements ?

Au sein de la hiérarchie du CDP (qui se contenterait de regarder les militants s’entredéchirer pour régler leurs problèmes), on analyse les actes du secteur 36 (Bassinko) et bien d’autres comme l’expression de la vitalité d’une démocratie interne ou de l’engouement autour des postes au sein du parti. Cependant, dans les faits, les actes posés par des militants ces derniers temps, pourraient être une illustration parfaite des difficultés pour la nouvelle instance dirigeante de mettre en place des structures « acquises » ou d’imposer une désignation démocratique à la base alors que la mise en place du secrétariat politique national n’a pas fait l’objet de choix démocratique. La question d’élire les responsables des partis à la base, pose un problème de gouvernance des partis au delà du CDP par une participation électorale à l’exemple des primaires d’ailleurs. D’aucuns voient cette méthode comme une avancée démocratique parce qu’elle transmettrait au peuple “une souveraineté et un monopole politique” que le parti n’est pas en mesure d’exercer. Dans les partis politiques on constate que le pouvoir réel est capté par l’appareil des chefs, contraignant les adhérents à une discipline sévère.

La prise en main des partis par les militants va pouvoir peser pour décider qui sera leur candidat à tel ou tel poste responsabilité élective. Les primaires se développèrent aux Etats-Unis au début du XXe siècle, en pleine ère progressiste, dans une tentative de redonner la main à la base face à des appareils politiques corrompus. En Italie, où elles se sont désormais étendues jusqu’aux élections locales, elles représentent l’un des rares points d’appuis pour une gauche en décrépitude. En Allemagne, elles sont envisagées comme un ressourcement possible par une social-démocratie en difficulté. On attend de voir pour le Burkina.

Le problème de Bassinko, n’est pas un problème de famille ; en effet dans les quartiers qui sont en réalité un rassemblement de frères, les gens ne se rentrent pas dedans.

Le problème de Bassinko, c’est que les habitants se sont laissé diviser par les politiciens.

Le problème de Bassinko, c’est plutôt une transposition sur le terrain de la guéguerre du sommet du CDP. Soit que les bonzes écartés s’affrontent par personnes interposées ; soit que ces bonzes ont mandaté certains de leur gars qui n’ont pas encore été écartés, provoquer des troubles et rendre la vie difficile à Assimi Kouanda.

Le problème de Bassinko, c’est que les hommes courageux, ça manque aussi dans « ceux qui sont en haut du CDP ». Sinon comprendre qu’il y ait des troubles à Zongo, à l’ancien secteur 19, à Bassinko, à Dar Salam, à Silmiougou, … ; et qu’il n’ y ait personne pour taper du point sur la table. Exit coordination régionale, provinciale, communale, d’arrondissement, etc. Heureusement que l’on peut trouver un médiateur, lorsque le sang va couler et les CRS vont désormais investir les lieux.

Par Michel NANA


Article publié le samedi 9 juin 2012
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