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Une seule association pour défendre le consommateur

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 :De notre correspondant à Constantine Nasser HannachiLe consommateur algérien achète sans réfléchir. Il ne résiste pas devant les étals quitte à y consacrer tout son budget, notamment pendant le mois de jeûne. C’est l’appréciation à laquelle est parvenue la présidente de l’association de consommateurs, l’unique à Constantine qui mène le combat depuis 13 ans en vue de sensibiliser beaucoup plus le citoyen aux «risques» d’achat irréfléchi. Parmi ses objectifs, la responsable évoquera le passage au peigne fin de la semoule distribuée dans le cadre de la solidarité : «On procédera à des prélèvements pour vérifier si sa qualité est vraiment supérieure», a–t-elle avancé.

Seule contre tout et tousToutefois, il faut avouer que la wilaya accuse un déficit en ligues s’exprimant à la place du consommateur. Au moins cinq autres associations gèlent leur activité au motif que les doléances qu’elles transcrivent restent muettes dans les tiroirs des pouvoirs publics. «Les comptes rendus de la majorité des associations ne sont pas pris au sérieux. C’est l’une des raisons évoquées par ses présidents qui ont préféré s’éloigner du domaine», répondra M. Kellil la seule présidente active à travers la wilaya. Une réalité qui appelle, selon elle, des procédures de contrôle, la mise sur pied d’une brigade mixte formée de gendarmes, du service fiscal, de contrôleurs du commerce en vue de faire des descentes au niveau des marchés de gros où se décident «la frénésie» des prix. «C’est là qu’il faudra intervenir pour barrer la route aux barons», dit-elle en croisant les doigts pour une prise de note conséquente de son message. Tout cela ne sera qu’un apport supplémentaire aux différentes brigades mixtes (pratiques commerciales et contrôle de la qualité) qui ont été dépêchées sur les lieux par la direction du commerce au début du mois sacré et même avant. Pour en revenir à l’action menée par l’association susmentionnée, elle œuvre depuis 13 ans. Elle reste la seule acquise pour la protection des consommateurs à Constantine et ne cesse de collaborer à sa manière pour interpeller les pouvoirs publics, les seuls habilités à intervenir en différents secteurs de production ou de vente afin de verbaliser aux commerçants qui font fi des règles élémentaires du marché y compris l’hygiène. Epaulé par l’Union générale des commerçants algériens de la circonscription (UGCA) en collaboration avec la direction du commerce, ce mécène du consommateur qui bat de l’aile estime être isolé de l’aire des activités que lui confère son statut d’association. «On ne nous convie jamais pour apporter notre avis sur le volet de la consommation. Aucune attention particulière n’est prêtée à notre égard», déplore la présidente, indiquant que par deux fois le ministre du Commerce s’était rendu à Constantine «sans nous alerter sur sa présence». «En tant qu’association, on a beaucoup de propositions à étaler», soutient-elle.

Un Ramadhan très chargéPour ce Ramadhan, un programme d’action visera les restos où est distribué le f’tour, voire toute la chaîne précédant la présentation des plats. Ainsi, l’opération «couffins de Ramadhan» qui associe l’APC et le Croissant-Rouge sera surveillée de plus près par les sorties de ladite association dans les espaces dégagés à cet effet. «Il nous faut inspecter les aires de stockage, les cuisines de l’Onalait où se concoctent les mets», avancera-t-elle, et d’ajouter que «les fournisseurs des viandes subiront, eux aussi, des visites inopinées pour vérifier la qualité du produit et le matériel utilisé pour le hacher». En parallèle, l’association active dans les marchés de détail en quête de la moindre anomalie sur les viandes non estampillées. Dans ce cas, elle alerte immédiatement la DCP pour enclencher la procédure nécessaire à la saisie. Un cas a été signalé à la veille du mois sacré. «Vous imaginez une boucherie à l’intérieur du marché qui n’est pas dotée d’eau ? » martèle la présidente qui se dirige aussi avec son équipe bénévole vers les grandes surfaces pour vérifier les produits. «On découvre des cas où les commerçants mettent à l’arrêt leur système de froid, ce qui altère les produits sensibles comme les yaourts, les fromages, les œufs… ».

Un début de prise de conscienceIl faut savoir que la défense du consommateur s’élargit également à d’autres communes de la wilaya avec l’existence de quelques collaborateurs affiliés à l’association en question. En matière de sensibilisation du consommateur, la présidente estime que la radio locale régionale ne fait pas son travail dès lors qu’«elle ne nous convie pas pour nous exprimer et éveiller le consommateur sur les produits qu’il doit éviter non seulement durant le Ramadhan mais à longueur d’année», avise-t-elle. Activant sans ressources en dépit de la loi claire sur les subventions allouées aux diverses associations inscrites, l’administratrice rejette toute sorte de manne, arguant cela par le fait de rester «assez autonome». «Pour preuve, nous avons refusé la bagatelle de cette année. Notre combat restera la défense du consommateur avec nos moyens du bord», fait savoir notre interlocutrice qui attire l’attention des pouvoirs publics sur un éventuel réaménagement dans ses horaires de travail du fait qu’elle active dans le secteur d’hygiène de la commune et ne peut plus être active sur le terrain. Une anomalie qui ralentit son agissement. Cette sollicitation demeure dans l’expectative car, si le responsable direct du secteur lui a accordé son feu vert, il n’en est pas de même pour le vice-président. In fine, Constantine et ses douze communes ont un nombre réduit de ce type d’association. Le consommateur devrait jouer le jeu pour ne pas se limiter à un simple «fourre-tout» mais, au contraire, être une partie prenante qui pourrait influer sur l’évolution de la mercuriale. En attendant, il continue de tourner le dos aux directives de son unique mécène… 

N. H.
Article publié le mercredi 26 août 2009
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