MINURSO : Du référendum à l’accompagnement de la mise en œuvre de l’autonomie
À Tibdouf et Alger, on ne décolère pas. Le projet de résolution américain proposant de remplacer la MINURSO par la MINUSO est une mauvaise surprise, difficile à présenter comme une bonne nouvelle pour leurs opinions publiques. Mais bien avant l'adoption de la résolution 2797 et la présentation d'un nouveau projet américain, le Conseil de sécurité avait déjà sollicité une réflexion sur l'avenir de la MINURSO, créée en 1991.
«Plusieurs résolutions ont en effet initié une révision du fonctionnement de la Mission, à commencer par la résolution 1359 (2001), qui a ouvert le débat sur l'avenir de la MINURSO. Ce texte demandait au secrétaire général des recommandations sur le mandat et la composition futurs de la MINURSO, parallèlement à l'examen d'un accord-cadre et d'autres règlements politiques», explique à Yabiladi Mohamed Elghet Malainine, vice-président du Centre marocain pour la diplomatie parallèle et le dialogue des civilisations (CMDPDC).
«Ce premier pas a été suivi d'une inflexion stratégique majeure dans la résolution 2414 (2018), puis dans les résolutions subséquentes, jusqu'à la résolution 2756 (2024). Le Conseil associait alors une solution politique réaliste, pragmatique et durable au besoin d’«adapter l'action stratégique de la MINURSO et affecter les ressources de l'ONU à cette fin». Cela établissait un lien explicite entre l'action de la Mission et l'objectif politique», poursuit l'auteur du livre «L’autonomie au Sahara marocain : vers un modèle marocain de souveraineté flexible», publié en décembre 2025.
Des appels à la réorganisation longtemps restés sans suite
Malgré ces directives, la mise en œuvre concrète dans le fonctionnement de la MINURSO n’a toujours pas eu lieu. La lecture des rapports du secrétaire général de l'ONU de 2018 à 2025 ne montre pas de mise en oeuvre de cette réorientation stratégique approuvée par le Conseil de sécurité.
Il a fallu donc attendre la résolution 2797 (2025) pour une nouvelle avancée. Le texte adopte le plan d’autonomie marocain comme base des négociations et appelle à un examen stratégique du mandat de la MINURSO, à la lumière des discussions politiques.
«Cette évolution marque une intervention plus directe du Conseil de sécurité dans la définition de l'avenir de la Mission, en lien avec le nouveau cadre politique.»
Mohamed Elghet Malainine
Le projet de résolution présenté par les États-Unis le 20 octobre 2026, actuellement en discussion, pourrait représenter une avancée supplémentaire. Il s'inscrit dans la continuité des appels à l'adaptation de la Mission, tout en proposant de profondes transformations de son statut et de ses fonctions.
«Le Conseil pourrait passer d'une simple adaptation, maintes fois demandée au secrétariat de l'ONU, à une transformation institutionnelle définie. Le texte propose notamment de changer le nom de la MINURSO, de mettre fin à son mandat de maintien de la paix, de la transformer en mission politique spéciale et de réduire sa composante militaire», explique l'universitaire.
Si ces dispositions sont adoptées, l'évolution du cadre politique entraînerait une refonte de l'instrument onusien chargé d'accompagner le processus au Sahara occidental. La structure et les ressources de la Mission seraient alors redéfinies selon les nouvelles orientations du Conseil de sécurité.
Pour rappel, le Conseil avait déjà mis fin au mandat de la FINUL, une mission de paix déployée par l'ONU à la frontière libano-israélienne depuis mars 1978. Cette décision prendra effet le 1er janvier 2027.
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