Écoliers victimes des accidents de la route : L’urgence d’une refonte des règles de prévention
La recrudescence des accidents de la circulation impliquant des écoliers relance la question de la sécurité des enfants sur les routes, notamment aux abords des établissements scolaires. Face à ces drames, Mme Nabila Ferhat, présidente de l’Association nationale des moniteurs professionnels de conduite, préconise de mieux former les conducteurs, de contrôler régulièrement les bus, de lutter contre leur surcharge et de renforcer l’éducation routière.
Depuis la rentrée scolaire, plusieurs accidents tragiques ont endeuillé des familles, rappelant la vulnérabilité des enfants face aux dangers de la route. Le décès récent d’un élève de neuf ans, percuté par un camion de fruits et légumes dans la commune des Eucalyptus, à Alger, a notamment suscité une vive émotion parmi ses camarades et au sein de son établissement scolaire.
Quelques jours auparavant, une fillette avait également été renversée par une voiture sur la route de Hassi, dans la commune de Bir El Arch, à Sétif. Ces accidents remettent au premier plan la nécessité de renforcer les mesures de prévention et d’améliorer la sécurité des déplacements des enfants.
Ces tragédies à répétition soulignent l’importance d’une vigilance accrue de la part des conducteurs et d’un encadrement adapté aux besoins des plus jeunes. La protection des élèves ne se limite pas à leur transport entre le domicile et l’école, mais doit couvrir l’ensemble de leurs déplacements quotidiens.
Face à ce constat alarmant, la réaction des professionnels ne s’est pas fait attendre. A ce sujet, Nabila Ferhat estime que la prévention doit primer sur les réactions qui suivent les accidents. Elle estime que l’amélioration de la sécurité des élèves passe notamment par une meilleure qualification des conducteurs, un contrôle rigoureux des véhicules et une clarification des responsabilités des différents intervenants.
La formation des conducteurs en priorité
« La conduite d’un bus scolaire ne saurait être assimilée à une activité ordinaire. Elle requiert une qualification pointue, une conscience professionnelle exemplaire et une vigilance de tous les instants », soutient-elle. Mme Ferhat plaide ainsi pour l’instauration d’un programme de formation continue obligatoire destiné aux conducteurs de transport scolaire, afin de leur inculquer la maîtrise des risques spécifiques, notamment lors des phases critiques de montée et de descente des élèves ou durant les traversées de zones résidentielles.
La formation continue constitue, selon elle, un levier essentiel pour renforcer les compétences professionnelles des conducteurs et leur capacité à anticiper les situations dangereuses. « L’objectif est d’ancrer durablement une culture de prévention afin de réduire les risques d’accidents graves », a-t-elle affirmé.
La responsable insiste également sur la nécessité de soumettre les bus scolaires à des contrôles techniques réguliers. L’état des véhicules et le bon fonctionnement de leurs équipements de sécurité doivent être vérifiés avant leur mise en circulation. Aucun défaut technique susceptible de mettre en danger les élèves ne devrait être négligé.
Le respect de la capacité d’accueil des autobus représente un autre impératif. La surcharge peut compromettre la sécurité des passagers et compliquer la gestion des situations d’urgence. Des contrôles plus stricts sont donc nécessaires pour garantir le respect des normes applicables au transport scolaire.
Par ailleurs, Mme Ferhat souligne l’importance du rôle des accompagnateurs dans la sécurité des élèves. Selon elle, leur mission ne doit pas se limiter à une simple formalité administrative, mais doit garantir une surveillance réelle des enfants durant le trajet. Ils doivent notamment veiller à leur montée et à leur descente du bus, prévenir les comportements dangereux et intervenir en cas de risque.
Sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge
La présidente de l’association rappelle, par ailleurs, que la prévention concerne aussi les abords des établissements scolaires, les passages piétons et les routes empruntées quotidiennement par les enfants, qui nécessitent une vigilance accrue des conducteurs et des autorités concernées.
Outre les mesures de contrôle et d’encadrement, Mme Nabila Ferhat plaide pour le renforcement de l’éducation routière en milieu scolaire. L’apprentissage des règles de traversée de la chaussée, le respect de la signalisation et l’identification des dangers doivent permettre aux enfants d’acquérir les bons réflexes dès leur plus jeune âge.
« Cette sensibilisation doit être prolongée au sein des familles. Les parents ont un rôle important à jouer dans l’apprentissage des comportements prudents, notamment lors des déplacements quotidiens entre le domicile et l’école », a-t-elle souligné. Et d’ajouter que l’école et la famille sont ainsi appelées à agir de manière complémentaire pour inculquer aux enfants les règles élémentaires de sécurité et leur apprendre à évoluer dans leur environnement avec davantage de prudence.
La présidente de l’Association nationale des moniteurs professionnels de conduite appelle enfin à renforcer la coordination entre les différents secteurs et organismes concernés. « La multiplication des campagnes de sensibilisation, l’amélioration de la sécurité aux abords des établissements scolaires et l’application effective de la réglementation doivent s’inscrire dans une démarche cohérente et durable », a-t-elle insisté.
La prévention des accidents nécessite, selon elle, de conjuguer formation, contrôle, sensibilisation et sanction des infractions. Elle engage la responsabilité de l’ensemble des acteurs, des conducteurs aux parents, en passant par les établissements scolaires et les organismes chargés du transport et de la surveillance.
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