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L’AES des armées est née, à quand l’AES des paniers ?
(Editorial de Soumana Idrissa Maïga, Quotidien L’Enquêteur du Lundi 21 Septembre 2026)
L'AES militaire est un triomphe. Indéniablement. En mutualisant leurs forces, Niamey, Bamako et Ouagadougou ont infligé un camouflet magistral au diktat impérialiste et redessiné l'architecture sécuritaire du Sahel avec une audace que personne n'osait prédire. La fraternité d'armes est scellée. Les troupes opèrent en synergie. Pourtant, derrière les poignées de main historiques et la légitime ferveur souverainiste, une sourde colère gronde.
Celle des marchés. Celle des frontières. Car si les chefs d'État fraternisent dans l'enceinte des palais présidentiels, sur l'asphalte cabossé de nos corridors commerciaux, la réalité demeure d'une brutalité affligeante. Le racket douanier et policier prospère. Impunément. Pour le commerçant nigérien, burkinabè ou malien qui achemine péniblement ses marchandises, la ligne de démarcation ne symbolise pas l'espace partagé, mais un coupe-gorge administratif où l'extorsion systématique fait loi.
Le résultat est mécanique. Inexorable. Chaque pot-de-vin exigé aux dizaines de barrages de contrôle, chaque tracasserie bureaucratique inventée pour soutirer quelques billets, se répercute impitoyablement sur le prix final des denrées de première nécessité. Le consommateur paie l'addition. Au prix fort. L’inflation asphyxie le pouvoir d'achat déjà fragile des citoyens, érodant la patience d'un peuple pourtant prêt à tous les sacrifices.
Comment justifier qu'au sein de ce même espace géopolitique, forgé dans le sang et la promesse d'une destinée commune, la circulation du mil, de l'oignon ou du bétail par exemple relève encore du chemin de croix ?
L'intégration ne se décrète pas. Elle se vit. La légitimité historique de cette formidable Alliance ne survivra pas indéfiniment à l'épreuve de la cherté de la vie, car le patriotisme, aussi vibrant soit-il, ne se mange pas. Il exige désormais des preuves économiques tangibles. Il faut traquer la corruption transfrontalière et démanteler les réseaux de prédateurs en uniforme avec la même hargne implacable que nous réservons au terrorisme. Le portefeuille du citoyen est l'ultime ligne de front de notre souveraineté. L'AES des armées est née, majestueuse et redoutée. À quand l'AES des paniers ?
L'AES militaire est un triomphe. Indéniablement. En mutualisant leurs forces, Niamey, Bamako et Ouagadougou ont infligé un camouflet magistral au diktat impérialiste et redessiné l'architecture sécuritaire du Sahel avec une audace que personne n'osait prédire. La fraternité d'armes est scellée. Les troupes opèrent en synergie. Pourtant, derrière les poignées de main historiques et la légitime ferveur souverainiste, une sourde colère gronde.
Celle des marchés. Celle des frontières. Car si les chefs d'État fraternisent dans l'enceinte des palais présidentiels, sur l'asphalte cabossé de nos corridors commerciaux, la réalité demeure d'une brutalité affligeante. Le racket douanier et policier prospère. Impunément. Pour le commerçant nigérien, burkinabè ou malien qui achemine péniblement ses marchandises, la ligne de démarcation ne symbolise pas l'espace partagé, mais un coupe-gorge administratif où l'extorsion systématique fait loi.
Le résultat est mécanique. Inexorable. Chaque pot-de-vin exigé aux dizaines de barrages de contrôle, chaque tracasserie bureaucratique inventée pour soutirer quelques billets, se répercute impitoyablement sur le prix final des denrées de première nécessité. Le consommateur paie l'addition. Au prix fort. L’inflation asphyxie le pouvoir d'achat déjà fragile des citoyens, érodant la patience d'un peuple pourtant prêt à tous les sacrifices.
Comment justifier qu'au sein de ce même espace géopolitique, forgé dans le sang et la promesse d'une destinée commune, la circulation du mil, de l'oignon ou du bétail par exemple relève encore du chemin de croix ?
L'intégration ne se décrète pas. Elle se vit. La légitimité historique de cette formidable Alliance ne survivra pas indéfiniment à l'épreuve de la cherté de la vie, car le patriotisme, aussi vibrant soit-il, ne se mange pas. Il exige désormais des preuves économiques tangibles. Il faut traquer la corruption transfrontalière et démanteler les réseaux de prédateurs en uniforme avec la même hargne implacable que nous réservons au terrorisme. Le portefeuille du citoyen est l'ultime ligne de front de notre souveraineté. L'AES des armées est née, majestueuse et redoutée. À quand l'AES des paniers ?
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