Ebola : SOLIDARITÉS INTERNATIONAL en première ligne grâce à son ancrage local
Le 15 mai 2026, le gouvernement de la République démocratique du Congo et le Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies (Africa CDC) annonçaient la présence de cas confirmés d’Ebola dans la province de l’Ituri, à l’est de la RDC. Présente sur place depuis 20 ans, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a pu adapter ses activités en urgence afin de contenir cette épidémie qui a déjà fait des milliers de morts.
“Lorsqu’on l’apprend, on prend une grande inspiration, puis l’on souffle doucement.” Le 15 mai 2026, Abdoul Aziz Abidine se trouve à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Le matin-même, le Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies (Africa CDC) a publié un communiqué confirmant l’apparition d’une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola (MVE) dans cette région de l’est de la République démocratique du Congo : “Environ 246 cas suspects et 65 décès ont été signalés, principalement dans les zones de santé de Mongbwalu et Rwampara”, à quelques dizaines de kilomètres de Bunia, ville de près d’un million d’habitants.
“Mon premier réflexe a été de rappeler les équipes sur le terrain, pour que l’on puisse se rassembler sur la base en toute sécurité”, relate le coordinateur terrain de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL à Bunia. Dans une région meurtrie par les conflits armés, où plus d’un million de personnes ont besoin d’une assistance pour survivre, Ebola bouleverse une nouvelle fois les opérations des acteurs humanitaires.
Pendant près de deux semaines, les équipes ont enchainé réunions et réflexions pour répondre au mieux à cette 17e épidémie. Avec 2 900 personnes officiellement décédées et 6 000 personnes infectées dans six provinces à la date du 31 août, elle est la plus meurtrière de l’histoire du pays.
Découverte sur les rives de la rivière Ebola au nord de la RDC en 1976, la MVE se transmet de l’animal à l’homme, le réservoir naturel le plus répandu étant les chauves-souris omniprésentes dans cette région à la lisière de la forêt équatoriale. Elle se caractérise par de fortes fièvres, souvent hémorragiques, qui interviennent après des symptômes proches du paludisme endémique dans la région : maux de tête, maux de ventre, hoquet, courbatures et enfin vomissements et diarrhées. Une personne présentant ces signes, si effectivement infectée, doit être isolée le plus rapidement.
République démocratique du Congo
Contexte et action
117,8 millions d'habitants
172ème sur 193 pays pour l'Indice de Développement Humain
1 010 000 personnes bénéficiaires
Différent du mode de transmission aéroporté du covid-19, Ebola circule par le contact humain direct et les échanges de fluides comme la salive, la transpiration, le sang ou encore le sperme. Le contrôle de l’hygiène et de la qualité de l’eau, spécialités de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, sont des éléments indispensables à l’arrêt de sa propagation.
Une épidémie inédite
Dès le début du mois de mai, Abdoul Aziz Abidine avait quelques soupçons. Une rumeur circulait dans les communautés depuis la mi-avril : “le phénomène du cercueil”. Un homme, résidant de la ville de Mongbwalu au nord de la capitale provinciale, décède d’une maladie inconnue dans un centre de santé de Bunia. Sur le chemin du retour, en raison de la mauvaise qualité de la route, son cercueil se fissure. Le défunt est déplacé dans un second cercueil. “Et la plupart des personnes qui ont aidé à ce déplacement du corps sont mortes quelques jours plus tard d’une fièvre hémorragique”, informe le coordinateur terrain. Malgré les doutes, les tests pour la forme Zaïre du virus Ebola reviennent tous négatifs.
Avant même que l’épidémie ne soit officiellement déclarée, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL avaient mis en place des protocoles de protection. “Nous avions outillé nos équipes en dispositifs de lavage de main, en chlore, en thermomètres pour la prise de température”, explique Abdoul Aziz Abidine. “Des gants ont été distribués, les véhicules et les entrées des bureaux sont désinfectés”, appuie Justine Muzik-Piquemal, directrice régionale de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL pour l’Afrique centrale.
“Mais il ne s’agissait pas du virus Zaïre”, reprend Abdoul Aziz. Le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe pas de vaccin ni de traitement spécifique, est détecté le 14 mai, des mois après l’apparition des premiers cas. Outre le caractère inconnu de cette forme, “les épidémies de MVE se déclenchent souvent dans des zones reculées, loin des structures hospitalières, et les personnes malades ne se manifestent pas par peur de mourir seules”, observe Justine Muzik-Piquemal. Les précédentes épidémies d’Ebola, notamment en 2018-2020, ont laissé de profondes cicatrices dans la population de la région et entraîné une forte résistance aux acteurs de la riposte.
© Philémon BARBIER / Hors Format
Adapter les activités et répondre à l’urgence
Adapter les activités en lien étroit avec les communautés a donc été nécessaire pour contenir l’épidémie. Une distribution d’argent auprès de 5 000 déplacés de guerre dans le territoire de Mahagi, qui devait durer près d’une semaine, s’est finalement étendue sur trois semaines afin que la sécurité du personnel sur le terrain et celle des bénéficiaires soient garanties. “Les équipes en ont par ailleurs profité pour mener des activités de sensibilisation et de prévention, ajoute Justine Muzik-Piquemal, adaptant ainsi notre travail d’urgentiste à un contexte Ebola.”
Forte de ses 20 ans d’expérience dans la région, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL s’est imposée comme un acteur essentiel de la réponse à Ebola. En coordination avec ses partenaires, l’ONG a supervisé la formation des personnels soignants et aménagé des impluviums, des brûleurs et des dispositifs de lavage de mains et de chloration, dans les aires de santé dans lesquelles elle travaille.
Du fait de son ancrage local, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL bénéficie également d’un accès privilégié aux communautés. “Nous étions déjà présents dans les zones qui sont maintenant l’épicentre de l’épidémie”, développe Justine Muzik-Piquemal, “donc les gens nous connaissent, ils savent qui nous sommes et comment nous travaillons.” Les équipes ont ainsi pu former des travailleurs et relais communautaires aux mesures de prévention pour contenir l’épidémie, et distribuer des kits d’hygiène aux foyers ayant déclaré des cas suspects ou confirmés.
SOLIDARITÉS INTERNATIONAL étend à présent ses activités de riposte Ebola dans la province du Nord-Kivu, en coordination avec les ONG médicales qui font face à de nouvelles flambées de cas dans les villes de Beni et Butembo, épicentres de l’épidémie de 2018-2019.
Photo d’en-tête : © Guerchom NDEBO
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