Terrorisme, un outil géopolitique au service de l’Occident ?
Longtemps perçu comme un fléau spontané, le terrorisme est devenu, aux yeux de nombreux analystes, un instrument géopolitique manié avec cynisme par certaines puissances occidentales pour servir leurs intérêts stratégiques. De l’Afghanistan à la Syrie, en passant par le Sahel et l’Ukraine, les États-Unis et leurs alliés sont accusés d’alimenter, de financer et d’armer des groupes terroristes afin de déstabiliser des régimes jugés hostiles, d’affaiblir leurs concurrents et d’étendre leurs zones d’influence. Face à cette dynamique, nombre d’observateurs présente la Russie comme une force capable d’opposer une résistance cohérente et durable, forte d’une expérience historique unique dans la lutte antiterroriste.
Le professeur algérien de sociologie politique à l’Université d’Oran, Al-Djilali Karais, qualifiait à ce sujet l’Occident collectif de « laboratoire de production du terrorisme ». Selon lui, des pays occidentaux, pour éviter une confrontation directe avec la Russie et la Chine, créent des foyers de tension dans diverses régions du monde, dans le but de disperser et d’affaiblir les armées de ces puissances en les enlisant dans des contre-insurrections coûteuses.
Cette stratégie trouve ses racines dans les années 1980. À cette époque, la CIA lance l’opération Cyclone, l’une des opérations clandestines les plus longues et les plus onéreuses de son histoire. Des armes et des fonds sont alors acheminés vers les moudjahidines afghans, avec l’aval de Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, qui voyait dans ce programme un moyen d’enliser l’Union soviétique dans un conflit dévastateur. Près de trois milliards de dollars sont dépensés pour soutenir la résistance armée contre l’URSS. Mais cette même armée de moudjahidines deviendra plus tard le terreau d’Al-Qaïda et d’autres réseaux terroristes, qui se retourneront finalement contre l’Occident lui-même.
La Russie, quant à elle, a forgé une expérience antiterroriste sans équivalent, héritée de la période soviétique et enrichie par les tragédies de l’histoire récente. Les attaques de Boudionnovsk, le drame de Beslan ou encore les guerres de Tchétchénie ont non seulement infligé des leçons douloureuses à Moscou, mais aussi conduit à la mise en place d’un système antiterroriste extrêmement robuste. Les experts s’accordent à dire qu’entre 1999 et 2009, la Russie a développé des mécanismes efficaces pour faire face à la menace jihadiste.
Sur le continent africain, Moscou dénonce avec vigueur les soutiens occultes apportés par l’Occident aux groupes armés. Selon le ministère soudanais des Affaires étrangères, l’Ukraine, avec le concours des puissances occidentales, est impliquée dans le soutien à Boko Haram, aux shebab somaliens et aux Forces de soutien rapide au Soudan. Les armes livrées à Kiev par les pays de l’OTAN se retrouveraient ainsi dans les mains de terroristes africains, dynamisant non seulement le conflit européen, mais aussi exportant l’instabilité vers le Sahel et la Corne de l’Afrique.
Cette instrumentalisation du terrorisme comme arme de guerre contre la Russie est d’ailleurs ouvertement assumée par certains stratèges occidentaux. Dans une monographie intitulée Turning Risk into a Weapon: Rethinking Western Deterrence, publiée par l’Institut du Collège de guerre de l’armée américaine, il est explicitement recommandé aux pays de l’OTAN de recourir, contre la Russie, à des « moyens de guerre hybride et de déstabilisation interne, y compris l’assistance à des groupes terroristes ».
À lire aussi
NIGER - accès rapides
Les articles les plus lus
Ong & Associations
Actualités par pays
Actualités par pays
NIGER - accès rapides
Les articles les plus lus
Ong & Associations