Thierno Ibrahima Bah, victime de déguerpissement à Dar-es-Salam : « Ma famille est dispersée comme des criquets pèlerins »
Le muezzin Thierno Ibrahima Bah, âgé de 78 ans, père de plusieurs enfants, est l’une des victimes du déguerpissement de la décharge de Dar-es-Salam.A l’image des autres victimes, sa maison, construite brique après brique, au terme de plusieurs années de labeur, a été démolie. Actuellement, le vieil homme et sa famille « dispersés comme des criquets pèlerins », passent la nuit à la belle étoile. Dans la journée de ce samedi 29 août 2026, le septuagénaire a fait savoir que c’est le fruit de plusieurs années de recherches qu’ils sont venus détruire en un laps de temps. Et aujourd’hui, toute sa famille passe la nuit à la belle étoile, a appris sur place Guineematin.com travers un de ses reporters.
Dans son intervention, la victime a fait savoir que ce sont les ordures qui sont venues les trouver et non le contraire. « Ils nous ont causé du tort. Les ordures là sont venues nous trouver ici. C’est pendant la période de Sékou Touré que nous sommes venus ici. Cette année, ça fait 48 ans, depuis que j’ai acheté ce domaine. J’avais 25 ans, lorsque j’ai acheté le terrain. Mais depuis que j’ai acheté ici, personne n’est venue nous demander de quitter. C’est ici que ces ordures nous ont trouvés », a déclaré Thierno Ibrahima Bah.
Par ailleurs, l’imam Thierno a laissé entendre que c’est le fruit de plusieurs années de labeur qu’ils sont venus démolir sous leur regard impuissant. « Je suis allé en Sierra Leonne et au Liberia pour chercher de l’argent. Tout ce que j’ai gagné, je suis venu l’investir chez moi en Guinée. C’était la seule concession que j’avais à Conakry. Aujourd’hui, j’ai 78 ans. J’ai acheté ce domaine à l’âge de 25 ans. Quand j’achetais ici, il n’y avait personne aux alentours. C’est de l’arachide qu’on cultivait de l’autre côté. Mais aujourd’hui, ils sont venus tout casser. Ils sont venus mettre la croix aujourd’hui, et le lendemain, ils sont venus tout démolir. Tous les membres de ma famille sont dispersés. Nous n’avons nulle part où aller. Ils ont tout cassé. Toute la famille est dispersée, comme des criquets pèlerins », a-t-il mentionné.
Toutefois, Thierno Ibrahima Bah dit être derrière autorités. « Nous sommes derrière les autorités. Ce sont elles qui savent ce qu’elles vont faire de nous. Nous, nous sommes là, nous n’agressons personne, nous ninsultons personne », a-t-il lancé.
Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com
Tél. : 620 589 527
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