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Mali : des drones Shahed-136 frappent le nord du pays
Mali
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Actualites
Mali : des drones Shahed-136 frappent le nord du pays
Les forces armées maliennes et leurs supplétifs russes ont employé pour la première fois des drones de type Shahed-136 dans le nord du Mali, en juillet 2026. Deux frappes près de la frontière algérienne, authentifiées par une enquête indépendante en sources ouvertes, dotent Bamako d'une capacité de frappe à longue portée déjà utilisée par Moscou en Ukraine.
Deux frappes vérifiées près de la frontière algérienne Le 12 juillet 2026, un drone a visé un site commercial à Inafarak : un camion et des fûts de carburant y ont été endommagés. Le 17 juillet, à Talhandak, une seconde frappe a détruit un camion de marchandises transportant de l'huile alimentaire et tué un homme en tenue civile. Les deux localités, distantes d'une centaine de kilomètres, se situent dans l'extrême nord malien, à quelques kilomètres de l'Algérie. Des enquêteurs en sources ouvertes ont géolocalisé les images et identifié, dans les débris, un moteur caractéristique de la famille Shahed-136.
Une arme russe venue d'Ukraine Le Shahed-136 est une munition rôdeuse conçue en Iran, aujourd'hui produite en Russie sous le nom de Geran-2. Contrairement au Bayraktar TB2 turc, employé jusqu'ici par l'armée malienne, ce drone ne revient pas à sa base : il explose sur sa cible, ce qui autorise des frappes plus lointaines. En Ukraine, Moscou a massivement utilisé ces engins contre des infrastructures civiles. Leur apparition au Mali, portée par le déploiement de l’Africa Corps, prolonge un mode opératoire déjà documenté sur un autre théâtre.
Une précision incertaine, un risque civil accru Ces drones sont pourtant moins précis que le TB2, souligne l'expert Leo Jarry (Tungsten Strategies) : incapables de vérifier leur cible en vol, ils dépendent d'un repérage effectué en amont. Or, dans une zone où combattants et civils se mêlent, les deux seules frappes documentées à ce jour n'ont atteint aucune position armée : elles ont pulvérisé un dépôt de carburant et un camion de vivres, faisant au moins un mort en tenue civile. Peu coûteux et « jetables », ces engins permettent des tirs plus fréquents et à moindre risque pour leurs opérateurs : une facilité qui coïncide avec les reculs de Bamako et de ses alliés russes face aux rebelles. L'arme s'ajoute aux sous-munitions russes prohibées déjà documentées dans le pays. Sur les réseaux sociaux, des comptes proches de la sphère Wagner ont, eux, célébré ces frappes par des messages à caractère raciste.
Entre capacité militaire vantée et camions de vivres pulvérisés, à qui ces nouvelles armes font-elles vraiment la guerre dans le nord malien ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- Bellingcat, « Shahed-Type Drones Filmed During Mali Village Attacks », 24 juillet 2026
- Open Source Munitions Portal (OSMP), fiche « Shahed-136 series »
Deux frappes vérifiées près de la frontière algérienne Le 12 juillet 2026, un drone a visé un site commercial à Inafarak : un camion et des fûts de carburant y ont été endommagés. Le 17 juillet, à Talhandak, une seconde frappe a détruit un camion de marchandises transportant de l'huile alimentaire et tué un homme en tenue civile. Les deux localités, distantes d'une centaine de kilomètres, se situent dans l'extrême nord malien, à quelques kilomètres de l'Algérie. Des enquêteurs en sources ouvertes ont géolocalisé les images et identifié, dans les débris, un moteur caractéristique de la famille Shahed-136.
Une arme russe venue d'Ukraine Le Shahed-136 est une munition rôdeuse conçue en Iran, aujourd'hui produite en Russie sous le nom de Geran-2. Contrairement au Bayraktar TB2 turc, employé jusqu'ici par l'armée malienne, ce drone ne revient pas à sa base : il explose sur sa cible, ce qui autorise des frappes plus lointaines. En Ukraine, Moscou a massivement utilisé ces engins contre des infrastructures civiles. Leur apparition au Mali, portée par le déploiement de l’Africa Corps, prolonge un mode opératoire déjà documenté sur un autre théâtre.
Une précision incertaine, un risque civil accru Ces drones sont pourtant moins précis que le TB2, souligne l'expert Leo Jarry (Tungsten Strategies) : incapables de vérifier leur cible en vol, ils dépendent d'un repérage effectué en amont. Or, dans une zone où combattants et civils se mêlent, les deux seules frappes documentées à ce jour n'ont atteint aucune position armée : elles ont pulvérisé un dépôt de carburant et un camion de vivres, faisant au moins un mort en tenue civile. Peu coûteux et « jetables », ces engins permettent des tirs plus fréquents et à moindre risque pour leurs opérateurs : une facilité qui coïncide avec les reculs de Bamako et de ses alliés russes face aux rebelles. L'arme s'ajoute aux sous-munitions russes prohibées déjà documentées dans le pays. Sur les réseaux sociaux, des comptes proches de la sphère Wagner ont, eux, célébré ces frappes par des messages à caractère raciste.
Entre capacité militaire vantée et camions de vivres pulvérisés, à qui ces nouvelles armes font-elles vraiment la guerre dans le nord malien ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- Bellingcat, « Shahed-Type Drones Filmed During Mali Village Attacks », 24 juillet 2026
- Open Source Munitions Portal (OSMP), fiche « Shahed-136 series »
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