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Mali : prison ferme pour un journaliste et un activiste
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Mali
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Actualites
Mali : prison ferme pour un journaliste et un activiste
À Bamako, la justice malienne a condamné, le 3 août 2026, le journaliste Chahana Takiou et l'activiste Adama Ben Diarra, alias « Ben le Cerveau », à des peines de prison ferme. Poursuivis pour « atteinte au crédit de l'État » et « menaces et injures » via Internet, les deux hommes paient leurs critiques du pouvoir de transition.
Deux condamnations le même jour à Bamako Le lundi 3 août 2026, deux décisions sont tombées coup sur coup. La Chambre criminelle de la Cour d'appel de Bamako a condamné Adama Ben Diarra, alias « Ben le Cerveau », à cinq ans de prison, dont quatre ferme, pour « menaces et injures par le biais d'un système d'information ». Le parquet avait requis dix ans. Le même jour, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a infligé au journaliste Chahana Takiou douze mois de prison, dont six ferme, et une amende de 500 000 FCFA, pour « atteinte au crédit de l'État ».
Le journaliste puni pour avoir défendu la presse Directeur de publication du bihebdomadaire « 22 Septembre », Chahana Takiou est incarcéré depuis le 8 juin 2026. En cause : ses propos tenus lors d'un forum panafricain des médias à Bamako. Il y dénonçait l'usage de la loi sur la cybercriminalité contre les journalistes, au détriment du régime des délits de presse. Poursuivi puis condamné sous cette même loi, il illustre malgré lui ce qu'il pointait du doigt.
Quand un pilier pro-transition tombe à son tour Le cas d'Adama Ben Diarra n'est pas moins éclairant. Leader du mouvement Yerewolo, il fut l'un des plus ardents soutiens du pouvoir militaire dès 2020, haranguant les foules contre l'ancien partenaire occidental et la mission onusienne. Ses ennuis ont commencé lorsqu'il a réclamé le respect du calendrier de retour à l'ordre constitutionnel. Détenu depuis septembre 2023, il avait déjà été condamné une première fois.
Une liberté d'informer sous pression Ces condamnations ne sont pas des cas isolés. Dans son Classement mondial 2026, Reporters sans frontières (RSF) place le Mali à la 121ᵉ position sur 180 pays, en recul de deux rangs sur un an et de vingt-deux places en six ans de transition. Ce classement ne mesure pas une simple impression, il repose sur cinq critères : contexte politique, cadre légal, économie des médias, environnement socioculturel et sécurité des journalistes, évalués à partir d'un relevé des atteintes commises contre la presse et d'une consultation d'experts (journalistes, universitaires, défenseurs des droits humains). Or, en 2026, c'est précisément l'indicateur légal qui se dégrade le plus à l'échelle mondiale, sous l'effet de lois sécuritaires et de textes sur la cybercriminalité qui criminalisent le travail journalistique. Le Mali en offre l'illustration : les mêmes autorités qui promettaient la souveraineté emprisonnent aujourd'hui l'activiste qui la scandait hier ; et le journaliste qui dénonçait l'usage abusif de la loi sur la cybercriminalité se retrouve condamné sous cette loi.
Reste une question : un État qui n'accepte plus la critique, même venue de ses soutiens d'hier, protège-t-il son crédit ou admet-il qu'il n'en a plus ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- Rédaction Studio Tamani, « Justice : Ben le Cerveau condamné à cinq ans de prison, Chahana Takiou écope de douze mois », Studio Tamani, 3 août 2026
- Reporters sans frontières, Classement mondial de la liberté de la presse 2026, RSF, 2026
- Jean-Baptiste Bancaud (avec AFP), « Mali : un ancien soutien de la junte condamné à quatre ans de prison ferme », Africa Radio, 3 août 2026
Deux condamnations le même jour à Bamako Le lundi 3 août 2026, deux décisions sont tombées coup sur coup. La Chambre criminelle de la Cour d'appel de Bamako a condamné Adama Ben Diarra, alias « Ben le Cerveau », à cinq ans de prison, dont quatre ferme, pour « menaces et injures par le biais d'un système d'information ». Le parquet avait requis dix ans. Le même jour, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a infligé au journaliste Chahana Takiou douze mois de prison, dont six ferme, et une amende de 500 000 FCFA, pour « atteinte au crédit de l'État ».
Le journaliste puni pour avoir défendu la presse Directeur de publication du bihebdomadaire « 22 Septembre », Chahana Takiou est incarcéré depuis le 8 juin 2026. En cause : ses propos tenus lors d'un forum panafricain des médias à Bamako. Il y dénonçait l'usage de la loi sur la cybercriminalité contre les journalistes, au détriment du régime des délits de presse. Poursuivi puis condamné sous cette même loi, il illustre malgré lui ce qu'il pointait du doigt.
Quand un pilier pro-transition tombe à son tour Le cas d'Adama Ben Diarra n'est pas moins éclairant. Leader du mouvement Yerewolo, il fut l'un des plus ardents soutiens du pouvoir militaire dès 2020, haranguant les foules contre l'ancien partenaire occidental et la mission onusienne. Ses ennuis ont commencé lorsqu'il a réclamé le respect du calendrier de retour à l'ordre constitutionnel. Détenu depuis septembre 2023, il avait déjà été condamné une première fois.
Une liberté d'informer sous pression Ces condamnations ne sont pas des cas isolés. Dans son Classement mondial 2026, Reporters sans frontières (RSF) place le Mali à la 121ᵉ position sur 180 pays, en recul de deux rangs sur un an et de vingt-deux places en six ans de transition. Ce classement ne mesure pas une simple impression, il repose sur cinq critères : contexte politique, cadre légal, économie des médias, environnement socioculturel et sécurité des journalistes, évalués à partir d'un relevé des atteintes commises contre la presse et d'une consultation d'experts (journalistes, universitaires, défenseurs des droits humains). Or, en 2026, c'est précisément l'indicateur légal qui se dégrade le plus à l'échelle mondiale, sous l'effet de lois sécuritaires et de textes sur la cybercriminalité qui criminalisent le travail journalistique. Le Mali en offre l'illustration : les mêmes autorités qui promettaient la souveraineté emprisonnent aujourd'hui l'activiste qui la scandait hier ; et le journaliste qui dénonçait l'usage abusif de la loi sur la cybercriminalité se retrouve condamné sous cette loi.
Reste une question : un État qui n'accepte plus la critique, même venue de ses soutiens d'hier, protège-t-il son crédit ou admet-il qu'il n'en a plus ?
F. Kouadio
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Sources :
- Rédaction Studio Tamani, « Justice : Ben le Cerveau condamné à cinq ans de prison, Chahana Takiou écope de douze mois », Studio Tamani, 3 août 2026
- Reporters sans frontières, Classement mondial de la liberté de la presse 2026, RSF, 2026
- Jean-Baptiste Bancaud (avec AFP), « Mali : un ancien soutien de la junte condamné à quatre ans de prison ferme », Africa Radio, 3 août 2026
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