En Côte d’Ivoire, la productivité comme levier de croissance des revenus de la filière cacao
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En Côte d’Ivoire, la productivité comme levier de croissance des revenus de la filière cacao
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- --> Date de création: 14 juillet 2026 12:12
Dernière modification le: 14 juillet 2026 12:16
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(Agence Ecofin) - Lancé en Côte d’Ivoire en 2023, avec l’appui de Rainforest Alliance, le Hershey Income Accelerator Program (financé par The Hershey Company) combine l’accompagnement des producteurs et l’adoption de pratiques durables en cacaoculture, avec le paiement d’incitations monétaires. Ses premiers résultats arrivent dans un marché encore instable, après la chute des cours observée depuis 2025.
En Côte d’Ivoire, Rainforest Alliance veut démontrer que l’amélioration des revenus des producteurs de cacao ne dépend pas seulement du niveau des prix. Dans son rapport annuel 2025, l’organisation indique que les parcelles accompagnées dans le cadre du Hershey Income Accelerator Program (HIAP) ont produit en moyenne 34 % de cabosses de plus que les parcelles non participantes. Un résultat qui replace la productivité au cœur du débat sur le revenu des planteurs.
Le programme cible un enjeu central pour la première filière cacaoyère mondiale. Selon Rainforest Alliance, près de 87 % des producteurs ivoiriens vivent encore sous le seuil de revenu vital. Le HIAP vise donc à aider les ménages à améliorer la gestion de leurs exploitations, à adopter des pratiques agricoles régénératives et plus performantes, et à diversifier progressivement leurs sources de revenus.
En 2025, 89 % des producteurs suivis ont mis en œuvre les actions prévues dans leur plan d’entreprise agricole pour la première année. Organisation internationale active dans la certification et l’accompagnement des filières agricoles durables, Rainforest Alliance les accompagne dans le développement de ces plans sur mesure, pour les aider à traiter leur ferme comme une véritable unité économique, avec des choix d’investissement planifiés dans le temps, de main-d’œuvre, d’entretien des vergers et de gestion des risques.
Elle intervient ainsi au-delà de son rôle plus réputé de certification, en accompagnant les producteurs sur des pratiques durables comme la taille des cacaoyers, la lutte intégrée contre les ravageurs, l’agroforesterie et l’amélioration de la fertilité des sols.
Un levier autre que le prix garanti
Cette approche prend un relief particulier dans le contexte du marché en 2026. Après les records de 2024, les cours mondiaux du cacao ont fortement reculé depuis 2025, sous l’effet d’une amélioration de l’offre et d’un ralentissement de la demande des chocolatiers. En Côte d’Ivoire et au Ghana, cette baisse a provoqué une crise de commercialisation, avec des stocks invendus, des retards de paiement aux producteurs et une pression accrue sur les régulateurs.
En Côte d’Ivoire, le prix bord-champ pour la petite traite 2025/2026 a décru à 1 200 FCFA le kilogramme (2,08 $), contre 2 800 FCFA durant la campagne principale. Cette décision a montré les limites d’un système où les planteurs restent exposés, même indirectement, aux retournements du marché mondial. Lorsque les prix internationaux chutent, l’équilibre entre rémunération des producteurs, achats des négociants et gestion des stocks devient plus difficile à maintenir.
Dans ce contexte, les gains de productivité mis en avant par Rainforest Alliance peuvent constituer un amortisseur. Produire davantage sur les mêmes parcelles et surfaces peut améliorer le revenu potentiel, tout en limitant la pression sur les forêts. Mais l’enjeu reste de transformer les cabosses supplémentaires en fèves commercialisables, puis en revenu net pour les ménages.
Les prochaines étapes seront donc particulièrement intéressantes à scruter. Pour mesurer l’impact réel du HIAP, Rainforest Alliance devra documenter non seulement les rendements, mais aussi les coûts supportés par les producteurs, le revenu net obtenu, la diversification des activités et la capacité des ménages à résister aux chocs de prix et climatiques.
Dans une filière encore marquée par la volatilité, la productivité ne sera un levier social que si elle se traduit durablement dans les revenus des planteurs.
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