RGPH-3 : plus de 1,15 million de ménages déjà recensés, le dénombrement se poursuit jusqu’au 21 juillet
Dr Madjigoto Robert, coordonnateur du Bureau de Coordination du Troisième Recensement (BCTR), a présenté l’état d’avancement du Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-3) lors d’un point de presse, ce dimanche 5 juillet 2026. Malgré un démarrage retardé, les responsables se disent confiants quant à l’atteinte des objectifs fixés grâce aux mesures correctives mises en œuvre.
Lancé officiellement le 20 juin 2026 par le président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, premier chef de ménage à se faire recenser, le RGPH-3 constitue une étape essentielle pour disposer de données fiables destinées à orienter les politiques publiques et les programmes de développement du Tchad.
Selon le coordonnateur du BCTR, Dr Madjigoto Robert, les équipes ont été déployées sur l’ensemble du territoire le 25 juin. Toutefois, des difficultés logistiques ont entraîné un retard de plus d’une semaine, conduisant la Commission Nationale de la Population (CNP) à prolonger la période de dénombrement jusqu’au 21 juillet 2026. La collecte effective des données a débuté le 26 juin.
À ce jour, 35 931 agents recenseurs et contrôleurs, dont 60 équipes mobiles dédiées aux populations nomades, sont mobilisés sur le terrain. Le responsable du BCTR a indiqué que 1 150 353 ménages ont déjà été recensés sur un objectif de 4 135 443 ménages, soit un taux de réalisation de 27,8 %. Avec un rythme moyen d’environ 200 000 ménages recensés par jour, les autorités estiment que le calendrier pourra être respecté.
Le coordonnateur a également souligné une innovation majeure de cette édition : la digitalisation intégrale des paiements. Plus de 40 000 cartes SIM ont été distribuées aux différents acteurs afin de faciliter les communications, la connectivité des équipements et les paiements électroniques.
Sur le plan financier, 1,48 milliard de FCFA a été versé au titre des frais de formation, dont 2,833 milliards de FCFA, représentant 40 % des contrats des agents recenseurs et contrôleurs, ont été payés, tandis que 292,2 millions de FCFA ont été consacrés aux frais de transport des superviseurs et contrôleurs. Par ailleurs, 291 millions de FCFA ont été alloués aux autorités administratives, aux services de sécurité et aux délégués du gouvernement pour soutenir les activités de sensibilisation, d’appui et de sécurisation des opérations. Les commissions locales ont bénéficié de 639 millions de FCFA, tandis que 30,75 millions de FCFA ont été affectés aux guides accompagnant les équipes dans les zones difficiles d’accès.
Le BCTR reconnaît néanmoins plusieurs défis. Des incompréhensions liées aux limites administratives et cartographiques ont été signalées dans certaines localités. Un comité ad hoc, placé sous l’autorité du secrétaire général du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, a été mis en place pour examiner les plaintes et faciliter la poursuite du recensement.
Des difficultés d’alimentation électrique de certains équipements ont également été évoquées. Pour y remédier, des groupes électrogènes supplémentaires ont été déployés, une indemnité de 15 000 FCFA a été accordée aux 5 700 contrôleurs pour la recharge des tablettes, et l’opérateur Moov Africa permet désormais aux agents de recharger gratuitement leurs équipements sur l’ensemble de ses sites. En matière de connectivité, 114 kits Starlink ont été acquis afin de couvrir les zones où l’accès à Internet demeure limité.
À l’issue de son intervention, Dr Madjigoto Robert a invité les ménages qui n’ont pas encore été recensés à réserver un bon accueil aux agents et à fournir des informations exactes. Il a rappelé que les données issues du RGPH-3 permettront au gouvernement de mieux planifier les investissements, d’améliorer l’accès aux services sociaux de base et de renforcer les politiques de développement.
Le coordonnateur a enfin salué l’engagement des autorités nationales, des partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, l’UNFPA, l’UNOPS et Moov Africa, ainsi que celui des autorités administratives, traditionnelles et religieuses, des organisations de la société civile, des médias et des milliers d’agents mobilisés sur le terrain pour assurer la réussite de cette opération d’envergure nationale.
Amadjibeye Prosper