Conakry pourra-t-elle échapper aux inondations mortelles cette fois-ci ?
Depuis le début de ce mois de juin, la saison des pluies s’est pointée à l’horizon avec les premières tempêtes qui annoncent les fortes pluies les jours à venir. Victimes à chaque hivernage, les populations s’inquiètent et s’interrogent. Les autorités ont-elles pris des dispositions pour échapper cette fois-ci aux inondations mortelles et aux dégâts matériels ?
Au sortir du glissement de terrain meurtrier à Manéah, glissement qui s’est produit au mois d’août 2025, le Président de la République avait déclaré qu’il faut préserver les vies humaines, éviter des morts à chaque saison des pluies…En s’exprimant ainsi, Il a tiré sur la sonnette d’alarme face aux perpétuels drames que connait le pays ces dernières années. Après cette déclaration du chef de l’Etat, les services chargés de l’assainissement de la ville de Conakry, avaient procédé aux déguerpissements de plusieurs sites et les occupants des emprises publics. Depuis cette opération engagée dans l’euphorie, rien n’est fait pour rassurer les populations. Pis, les anciens occupants des lieux dégagés sont revenus à leurs places. Les caniveaux à nouveau bouchés. D’où l’inquiétude des populations.
Tous les Guinéens le savent. La saison des pluies, rime avec des peines. Cette année encore elle s’annonce dévastatrice avec son lot d’inondations et de dégâts humains et matériels. Chaque saison des pluies devient une terrible épreuve dont auraient bien voulu se passer les populations. Lorsqu’il pleut, parfois même une pluie insignifiante, des quartiers entiers sont inondés, des familles perdent tout, des vies disparaissent. Une catastrophe qui se répète chaque année
Déjà avec les premières pluies qui tombent sur Conakry, on signale ici et là des inondations dans les quartiers. De la commune de Matam jusqu’à celle de Manéah, les premières pluies commencent à prendre les rues et les quartiers. Les caniveaux bouchés parce que devenus des dépotoirs d’ordures, les rues assiégées par les occupants illégaux, les passages d’eaux obstrués par les constructions anarchiques…Dans la commune de Matam par exemple, les travaux de bitumage inachevés des ruelles des quartiers empêchent l’écoulement des eaux de pluie. Aujourd’hui, même les pluies diluviennes inondent les rues et les domiciles. A Lambayi, des bâtiments s’écroulent sous la moindre goutte d’eau. Presque tous les quartiers de la capitale ressentent les premiers effets de la saison pluvieuse…Eh oui ! Cette fois-ci encore Conakry n’est pas loin de demeurer sous les eaux.
A Conakry, l’un des drames, c’est la construction d’habitations dans des zones inondables. Des immeubles « poussent » à la vitesse du vent. Cette terrible période qui vient comme pour rappeler que, le développement d’un pays ne se mesure pas au nombre d’immeubles, ou de chantiers, mais à sa capacité à protéger ses citoyens lorsque tombent les premières pluies.
« Ce problème dure depuis des décennies, les inondations répétitives (…) parce que le coin du passage d’eau ces sites inhabitables, sont devenus des quartiers habitables. Les lieux où l’eau se regroupait sont bouchés par des villas. Donc l’eau se fraie un chemin par la force », raconte Jean-Pierre Haba, au ministère d’Hydraulique et d’Assainissement. Ce cadre des services de l’Assainissement habite à Yimbaya. Lui et ses voisins ont vu leurs maisons inondées et leurs biens emportés par les eaux.